Un an ferme pour le chauf­feur du ca­mion

La Montagne (Haute-Loire) - - Région - Émi­lie Zaugg

Les faits re­montent au 27 jan­vier der­nier. Lors de la Fête de l’alam­bic, à Chas, vil­lage de quatre cents ha­bi­tants tout proche de Ver­tai­zon.

Une dou­zaine de per­sonnes marchent dans une rue qui tra­verse le vil­lage lors­qu’un ca­mion de 19 tonnes ar­rive à vive al­lure. Les pié­tons font signe au chauf­feur de s’ar­rê­ter. En­suite, les ver­sions di­vergent.

Un fait est néan­moins éta­bli : le chauf­feur du ca­mion re­vient, per­cute deux vé­hi­cules et, une fois des­cen­du du vé­hi­cule, alors qu’il était sous l’em­prise de l’al­cool et de pro­duits stu­pé­fiants, les es­prits s’échauffent. Des coups sont échan­gés.

Seul le conduc­teur du ca­mion, âgé de 30 ans, a été pour­sui­vi. Car, pour Ca­pu­cine Au­ber­tin au par­quet, « les vio­lences dont a été vic­time le pré­ve­nu ont été clas­sées puis­qu’elles ont ré­sul­té du com­por­te­ment qu’il a eu ce jour­là, au vo­lant de son ca­mion fou puis à l’égard des pié­tons qui lui avaient de­man­dé de ra­len­tir ».

À la barre du tri­bu­nal cor­rec­tion­nel, le tren­te­naire conteste avoir été vio­ lent et avoir ma­noeu­vré pour heur­ter les pas­sants. « Ils m’ont lyn­ché, ils étaient à plu­sieurs sur moi. J’es­sayais de re­par­tir, c’est là que j’ai re­pous­sé une dame. Je n’ai ja­mais cher­ché à me battre. »

Me Ar­melle Pa­la­men­ghi, conseil de quatre par­ties ci­viles, as­sure que « ce jeune homme s’en est pris à tout le monde et vou­lait en dé­coudre. Plu­sieurs per­sonnes ont es­sayé en vain de le ra­me­ner à la rai­son. C’est après avoir été pro­je­té contre le ca­mion qu’un de mes clients lui a mis deux coups de poing ». La re­pré­sen­tante du mi­nis­tère pu­blic sou­ligne que « des ri­ve­rains qui n’ont rien à voir avec le groupe cor­ro­borent les at­tes­ta­tions don­nées par les par­ties pre­nantes de la ba­garre ».

Pour la dé­fense du pré­ve­nu, as­su­rée par Me Pa­trick Roesch, « toutes les ver­sions ne sont pas iden­tiques et il y a au contraire beau­coup de contra­dic­tions ». Et d’ajou­ter, en de­man­dant un sup­plé­ment d’in­for­ma­tion vi­sant à éclair­cir les cir­cons­tances de cet épi­sode : « Mon client, qui n’a cer­tai­ne­ment pas ré­agi de la bonne ma­nière, a été pas­sé à ta­bac. Si, dans le groupe, ils avaient plu­tôt re­ti­ré les clés du ca­mion et ap­pe­lé la gen­dar­me­rie, la si­tua­tion n’au­rait sû­re­ment pas dé­gé­né­ré. »

Per­mis an­nu­lé

Le tri­bu­nal ne l’a pas en­ten­du ain­si et a sui­vi les ré­qui­si­tions du par­quet, sans tou­te­fois pro­non­cer le man­dat de dé­pôt de­man­dé. Maxime Cour­chi­noux a été condam­né à dix­huit mois de pri­son dont six as­sor­tis d’un sur­sis avec mise à l’épreuve (*). Son per­mis de conduire a été an­nu­lé et il de­vra ver­ser des dom­mages et in­té­rêts aux dif­fé­rentes vic­times.

TRI­BU­NAL. La ju­ri­dic­tion a sui­vi les ré­qui­si­tions du par­quet. PHOTO D’ILLUSTRATION RI­CHARD BRUNEL

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