Une course pour l’his­toire

La Montagne (Haute-Loire) - - Jeux Olympiques 2018 -

Le Graal à por­tée du fu­sil : Mar­tin Four­cade a l’oc­ca­sion au­jourd’hui (12 h 20) de de­ve­nir le spor­tif fran­çais le plus ti­tré des Jeux olym­piques d’hi­ver et de dé­pas­ser Jean-Claude Killy s’il par­vient à conser­ver son titre sur l’In­di­vi­duel, à Pyeong­chang.

e dé­fi im­mense que le Fran­çais s’était lan­cé avant ces Jeux prend corps. Et lui tend même dé­sor­mais les bras. Lui qui s’était lan­cé à l’as­saut du re­cord de Jean­Claude Killy et de son tri­plé lé­gen­daire aux Jeux de Gre­noble en 1968 (des­cente, sla­lom, sla­lom géant) se trouve dé­sor­mais en po­si­tion de le dé­pas­ser.

Après son dou­lou­reux échec de di­manche sur le sprint, Four­cade, vexé, a en ef­fet pris une re­vanche écla­tante lun­di en dé­cro­chant la mé­daille d’or de la pour­suite. Avec ses trois mé­dailles d’or, il a donc re­joint Killy alors qu’il lui reste en­core quatre courses en Co­rée du Sud (In­di­vi­duel, mass start, re­lais mixte et re­lais). Quatre oc­ca­sions, quatre op­por­tu­ni­tés pour en­trer dans l’His­toire.

« Re­joindre Jean­Claude Killy, et un autre im­mense cham­pion que j’ad­mire, To­ny Es­tan­guet c’est une joie im­mense, je suis ex­trê­me­ment fier et les Jeux ne sont pas fi­nis », avait­il lan­cé juste après avoir rem­por­té sa 3e mé­daille d’or.

Et la course d’au­jourd’hui, un 20 km en in­di­vi­duel, qu’il af­fec­tionne tout par­ti­cu­liè­re­ment et qu’il a rem­por­té il y a quatre ans à Sot­chi, est une bonne oc­ca­sion, même s’il dit pré­fé­rer le re­lais : « La mé­ daille en re­lais, c’est main­te­nant mon ob­jec­tif prio­ri­taire de ces JO, de­vant l’in­di­vi­duel et la mass start », a­t­il ain­si af­fir­mé.

Jean­Claude Killy, beau joueur, ne pren­drait en tout cas pas om­brage d’être dé­pas­sé par Four­cade : les deux hommes se connaissent et s’ap­pré­cient. Le re­joindre au pal­ma­rès lun­di était « quelque chose de géant », avait sou­li­gné le Py­ré­néen. « Je sou­haite le re­mer­cier, il m’a en­voyé un mes­sage di­manche pour me ré­con­for­ter » après sa mau­vaise course en sprint. « Toutes ces marques de sou­tien que j’ai re­çues ça m’a don­né beau­coup d’éner­gie », a in­sis­té Four­cade.

« Beau­coup plus fa­cile »

Son en­trée ra­tée dans ces JO l’a peut­être pa­ra­doxa­le­ment mis sur les rails. Sa vexa­tion lui a ser­vi de mo­teur. Son sou­la­ge­ment pour­rait prendre la suite comme il l’a ex­pli­qué, as­su­rant que son titre ob­te­nu lun­di al­lait rendre la suite « beau­coup plus fa­cile ».

Le piège à évi­ter pour Four­cade c’est dé­sor­mais de « re­tom­ber dans un ex­cès de re­lâ­che­ment » comme il l’a éga­le­ment an­ti­ci­pé.

Mais au vu de sa dé­mons­tra­tion lun­di, il ap­pa­raît comme le grand fa­vo­ri. Un sta­tut qui l’a peut­être gê­né au dé­but des JO, mais plus main­te­nant…

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.