« Créer un par­cours ci­toyen »

Ma­rianne Du­bois, dé­pu­té LR du Loi­ret, a pré­sen­té, hier, à l’As­sem­blée, avec sa col­lègue Émi­lie Gé­rel (LREM, Var), leur rap­port sur le service national uni­ver­sel.

La Montagne (Haute-Loire) - - France & Monde - Sté­phane Bou­tet ste­phane.bou­tet@cen­tre­france.com

En quoi votre rap­port dif­fère-t-il du sou­hait du pré­sident de la Ré­pu­blique ? Le pré­sident cible les 1821 ans. Nous sommes per­sua­dées que c’est dé­jà beau­coup trop tard pour for­mer un bon ci­toyen. Nous sou­hai­tons re­fondre le service national en créant un vé­ri­table par­cours ci­toyen avec des pé­riodes obli­ga­toires et d’autres ba­sées sur le vo­lon­ta­riat. A quel âge com­mence ce

par­cours ? Nous sou­hai­tons dé­bu­ter dès le col­lège. Il existe ac­tuel­le­ment un en­sei­gne­ment de dé­fense, dé­li­vré dans les cours d’his­toire­géo­gra­phie et d’ins­truc­tion ci­vique. Ce n’est pas va­lo­ri­sé, ni no­té. Nous pré­co­ni­sons que l’en­sei­gne­ment mo­ral, ci­vique et mi­li­taire, soit une vraie ma­tière. Nous ima­gi­nons une se­maine obli­ga­toire, de la sixième à la troi­sième, pen­dant le temps sco­laire, ba­sée sur la dé­fense et la ci­toyen­ne­té. On y par­le­rait de ré­si­lience, de mé­moire, d’en­ga­ge­ment… La suite se dé­roule au lycée ? Non, ça ne sui­vra pas le cur­sus sco­laire. À 16 ans, le re­cen­se­ment est obli­ga­toire. Nous pen­sons qu’il faut ef­fec­tuer, entre 16 et 18 ans, une se­maine de dé­fense et de ci­toyen­ne­té obli­ga­toire et très concrète. Deux scé­na­rios sont en­vi­sa­gés : cinq jours en in­ter­nat dans un centre ré­gio­nal (ap­prendre les gestes qui sauvent, la mé­moire, faire un bi­lan de fran­çais…), ou cinq jours en im­mer­sion au service de l’in­té­rêt gé­né­ral (ar­mée, as­so­cia­tions, col­lec­ti­vi­tés). À l’is­sue de cette se­

maine, une cé­ré­mo­nie pro­to­co­laire pu­blique per­met­trait aux jeunes de re­ce­voir un pas­se­port de dé­fense et de ci­toyen­ne­té. Et la troi­sième par­tie du

par­cours ? Elle se­ra op­tion­nelle. Pour­quoi ne pas va­lo­ri­ser l’en­ga­ge­ment dans le par­cours uni­ver­si­taire ou ne pas le prendre en compte dans les dif­fé­rentes éva­lua­tions ? Il pour­rait fa­ci­li­ter l’ac­cès dans les par­cours pu­blics. Il faut que ce soit un cercle ver­tueux. Le gou­ver­ne­ment a-t-il ap­puyé vos tra­vaux ? On nous a mis des bâ­tons dans les roues. Le ré­sul­tat des tra­vaux, du scé­na­rio, est prag­ma­tique, construit à par­tir d’in­for­ma­tions et d’un tra­vail sé­rieux, de longue du­rée et non d’une pro­messe dé­ma­go­gique de cam­pagne.

Avec ce rap­port, les dé­pu­tés prônent le re­tour à la rai­son. L’ob­jet de ce rap­port n’est ni de plaire, ni de dé­plaire au pré­sident de la Ré­pu­blique mais de ren­for­cer les liens Ar­mées­Na­tion à tra­vers notre jeu­nesse au service de la France.

© PAS­CAL PROUST

MARIANE DU­BOIS. « Un rap­port qui dé­range ».

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