Les abeilles ont trop d’en­ne­mis

Le vé­té­ri­naire can­ta­lien, Ch­ris­tophe Roy, a in­for­mé et conseillé les api­cul­teurs

La Montagne (Haute-Loire) - - La Une -

Les pa­ra­sites, mais aus­si dans cer­tains cas les pes­ti­cides, me­nacent en per­ma­nence la po­pu­la­tion d’abeilles. Une source d’in­quié­tude pour les api­cul­teurs.

Der­niè­re­ment au Centre cultu­rel, le Ci­vam api­cole du Ve­lay, pré­si­dé par le lan­gea­dois Da­niel Chardon, a convié ses adhé­rents à une jour­née sa­ni­taire ayant pour thème les prin­ci­paux dan­gers bio­lo­giques en­cou­rus par les co­lo­nies d’abeilles.

Plus d’une soixan­taine d’api­cul­teurs de tout le dé­par­te­ment a par­ti­ci­pé à cette jour­née ani­mée par Ch­ris­tophe Roy, vé­té­ri­naire dans le Can­tal, spé­cia­liste des vaches et des abeilles, lui­même api­cul­teur.

« La ré­gle­men­ta­tion évo­lue »

Au som­maire de cette ren­contre, un pa­no­ra­ma des ma­la­dies des abeilles, en s’at­tar­dant plus par­ti­cu­liè­re­ment sur le var­roa, aca­rien pa­ra­site en­ne­mi nu­mé­ro 1 des ruches à ce jour.

« Nous al­lons éga­le­ment par­ler de la qua­li­té des pro­duits uti­li­sés, pré­cise Ch­ris­tophe Roy. Les api­cul­teurs ont sou­vent l’im­pres­sion de bien connaître les ma­la­dies, mais ils les re­dé­couvrent quand on leur en parle. En la ma­tière, il existe hé­las tou­jours des nou­veau­tés, comme la loque amé­ri­caine, bac­té­rie de plus en plus pré­sente en France et en Eu­rope sans qu’on trouve une ex­pli­ca­tion et qui re­vêt des formes très agres­sives. Des études sont en cours. En ce qui concerne le var­roa, les api­cul­teurs doivent ap­prendre à mieux maî­tri­ser le pa­ra­site car il est de plus en plus dif­fi­cile à tuer ! ».

Le vé­té­ri­naire can­ta­lien évoque aus­si un nou­veau ve­nu dans les rangs des ra­va­geurs de ruches nom­mé ae­thi­na tu­mi­da, pe­tit co­léo­ptère d’ori­gine su­da­fri­caine. Il est ar­ri­vé en France il y a trois ans via l’Ita­lie. Le pa­ ra­site pond ses oeufs en été dans les fis­sures d'une ruche, sur des cadres de pol­len ou sur des dé­tri­tus de fond de ruche. Les larves se nour­rissent de pol­len, de larves et d’oeufs d’abeilles ain­si que de miel, du­rant dix à seize jours. Ce fai­sant, elles percent les cel­lules de cou­vain et/ou de miel et laissent ce der­nier s'écou­ler au fond de la ruche où il fer­mente. Les larves migrent en­suite à l'ex­té­rieur de la ruche...

Ch­ris­tophe Roy évoque en­suite les in­sec­ti­cides: « nous de­vons dis­tin­guer les in­toxi­ca­tions ai­guës, bru­tales, dues à de mau­ vaises pra­tiques agri­coles ir­res­pec­tueuses de la ré­gle­men­ta­tion. Mais ce qu’il y a de plus vi­cieux, de plus sour­nois, c’est la conta­mi­na­tion de fond, celle dis­tillée à toutes pe­tites doses par des pol­luants pré­sents dans les cires, les pol­lens, les nec­tars. Les abeilles vivent, en per­ma­nence, avec ce fond de pol­lu­tion, et l’on ne sait pas en­core éva­luer ses ef­fets sur les abeilles ».

Le vé­té­ri­naire a si­gna­lé à son au­di­toire que des études sont en cours, et que « la ré­gle­men­ta­tion évo­lue vers plus de ri­gueur au­jourd’hui ». ■

« Les api­cul­teurs doivent ap­prendre à maî­tri­ser le var­roa, le pa­ra­site en­ne­mi nu­mé­ro un des ruches, de plus en plus dif­fi­cile à tuer ».

CH­RIS­TOPHE ROY Vé­té­ri­naire, spé­cia­liste des vaches et

des abeilles.

SA­NI­TAIRE. Les adhé­rents du Ci­vam api­cole du Ve­lay for­més au Ru­cher école du Haut-Al­lier ont par­ti­ci­pé à une jour­née qui dres­sait le pa­no­ra­ma des dan­gers qui me­nacent les co­lo­nies d'abeilles.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.