Un « jeu de catch » pour l’op­po­si­tion

Les échanges mus­clés de di­manche soir n’ont pas convain­cu tout le monde

La Montagne (Haute-Loire) - - France & Monde Actualités -

L’op­po­si­tion a dé­plo­ré, hier, la forme de l’in­ter­view d’Em­ma­nuel Ma­cron qui com­por­tait peu d’an­nonces pré­cises, et ses échanges élec­triques avec Edwy Ple­nel et Jean-Jacques Bour­din.

gauche, le pre­mier se­cré­taire na­tio­nal du Par­ti so­cia­liste, Oli­vier Faure, a dé­non­cé sur France In­ter « le choix d’une mise en scène » du pou­voir présidentiel qui n’a, se­lon lui, « pas per­mis de ré­pa­rer le dia­logue in­ter­rom­pu avec les Fran­çais ». « On a en­ten­du un pré­sident qui en réa­li­té n’a pas réus­si ni à ras­su­rer sur ses in­ten­tions, ni même à in­flé­chir », a­t­il es­ti­mé.

Bo­ris Val­laud, un des porte­pa­role du groupe PS, a lui dé­non­cé un « in­utile exer­cice de pé­da­go­gie ».

Du cô­té de Les Ré­pu­bli­cains, Da­mien Abad, un des vice­pré­si­dents du par­ti, a es­ti­mé sur CNews qu’Em­ma­nuel Ma­cron avait « main­te­nu son cap » mais s’était mon­tré « par­fois confus » et avait « man­qué de hau­teur par rap­port à la fonc­tion pré­si­den­tielle ». « Les Fran­çais n’at­ten­daient pas qu’il fasse un match de boxe ou un match de catch. On at­tend d’un pré­sident de la Ré­pu­blique qu’il fixe des orien­ta­tions », a­t­il pour­sui­vi. Sur le fond, « ça n’a rien chan­gé et sur­tout il n’y a eu qua­si­ment au­cune an­nonce » en deux in­ter­views.

Le lea­der de la France in­sou­mise, Jean­Luc Mé­len­chon, a sa­lué un « in­croyable en­tre­tien de presse ». « On n’écoute plus les ré­ponses, on at­tend les ques­tions. »

Pour le di­ri­geant du PCF, Pierre Laurent, le chef de l’État a été mis « en dif­fi­cul­té » par les ques­tions in­ci­sives de deux jour­na­listes.

« À un ni­veau éle­vé de la pen­sée »

Le mi­nistre de l’In­té­rieur, Gé­rard Col­lomb, a pour sa part ad­mis hier sur Ra­dio Clas­sique que le for­mat de l’in­ter­view, me­née par des « jour­na­listes qui sont to­ta­le­ment op­po­sés », n’avait pas pu « don­ner quelque chose qui soit fluide ». Il a ce­pen­dant nié toute dé­gra­da­tion de la fonc­tion pré­si­den­tielle : « On se trou­vait à un ni­veau éle­vé de la pen­sée et de l’ana­lyse et donc c’est ce qui per­met­tait que la fonc­tion pré­si­den­tielle re­prenne de la hau­teur. »

« On a vu un pré­sident qui sa­vait en­cais­ser, qui sa­vait cas­ta­gner aus­si quand c’était né­ces­saire. Il a je crois te­nu le débat, parce qu’on était ef­fec­ti­ve­ment sur quelque chose de vi­ril, de phy­sique », s’est, pour sa part, ré­joui Ch­ris­tophe Cas­ta­ner, dé­lé­gué gé­né­ral d’En Marche. ■

PHO­TO BEP

GRAND ORAL. L’op­po­si­tion re­proche no­tam­ment à Em­ma­nuel Ma­cron de n’avoir don­né au­cune me­sure concrète.

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