Cha­gall s’en va sous des re­gards ex­perts

Le dé­mon­tage de l’ex­po­si­tion s’est dé­rou­lé toute la se­maine, dans les règles de l’art

La Montagne (Haute-Loire) - - Brioude Vivre Sa Ville - Pomme La­brousse pomme.la­brousse@cen­tre­france.com

Trans­por­teurs spé­cia­li­sés et ex­perts en charge des constats d’état ont per­mis à la cen­taine d’oeuvres de Marc Cha­gall de quit­ter Brioude, cette se­maine, en toute sé­cu­ri­té.

Lun­di, le bruit des vis­seuses élec­triques a re­pris pos­ses­sion de l’hô­tel du Doyen­né. Comme au mois de juin der­nier quand il s’agis­sait, à la hâte, d’ap­por­ter les der­nières touches avant l’inau­gu­ra­tion des lieux et le lan­ce­ment de l’ex­po­si­tion Cha­gall, du coq à l’âne. Onze se­maines et qua­rante mille vi­si­teurs plus tard, les ou­tils sont de re­tour. Mais cette fois, c’est pour dé­cro­cher et em­bal­ler pré­cieu­se­ment la cen­taine d’oeuvres qui ont per­mis à Brioude, le temps d’un été, de se rê­ver en ca­pi­tale au­ver­gnate de l’art contem­po­rain.

« Ça lui te­nait à coeur d’ai­der le Doyen­né, on croyait très fort au pro­jet »

Des oeuvres du grand Cha­gall, ce­la ne se ren­voie pas par co­lis pos­tal ! Il n’existe qu’une poi­gnée d’en­tre­prises spé­cia­li­sées, en France, pour as­su­rer cette mis­sion. À Brioude, pour le Doyen­né, c’est l’équipe de Che­nue S.A., ba­sée à Tou­lon, qui of­fi­cie. Leurs grandes boîtes de bois sont amé­na­gées pour prendre le plus grand soin des tré­sors qui y sont abri­tés. Elles sont trai­tées contre le feu et doivent pro­té­ger leur conte­nu, même en cas d’im­mer­sion pro­lon­gée dans l’eau. Cer­taines peuvent car­ré­ment être cli­ma­ti­sées. Il ar­rive aus­si qu’une boîte soit ac­com­pa­gnée d’un convoyeur qui ne la quitte pas des yeux, du tar­mac de l’aé­ro­port jus­qu’à sa des­ti­na­tion fi­nale…

Mais avant de scel­ler her­mé­ti­que­ment le cou­vercle, il leur faut le feu vert de Na­tha­lie Gif­fard (*). L’ex­perte en charge de constats d’état, conser­va­teur­res­tau­ra­teur de mé­tier, est ve­nue ap­por­ter son oeil sa­vant à l’ex­po­si­tion par ami­tié pour Jean­Louis Prat. « Ça lui te­nait à coeur d’ai­der le Doyen­né et on croyait très fort à ce pro­jet… »

C’est elle qui a ac­cueilli les oeuvres, à leur ar­ri­vée, vé­ri­fiant que leur état était conforme à ce­lui dé­crit dans leur « dos­sier mé­di­cal », pas­se­port of­fi­ciel de toute oeuvre d’art qui se res­pecte. C’est en­core elle qui les exa­ mine, juste avant l’em­bal­lage. « Il y a un pro­to­cole très pré­cis à suivre, ex­plique­t­elle. Chaque oeuvre voyage avec son cer­ti­fi­cat de santé, son dos­sier mé­di­cal. » Y sont ré­per­to­riées toutes les al­té­ra­tions, na­tu­relles ou ac­ci­den­telles. Ar­mée de sa loupe et de sa lampe à lu­mière blanche, sans UV ni in­fra­rouges, elle les scrute at­ten­ti­ve­ment. « La pre­mière chose à faire, c’est de re­gar­der dans le cadre, en bas de la cuve. » S’il n’y a pas de dé­pôt, c’est dé­jà bon signe. Plus simple, les oeuvres ex­po­sées dans les vi­trines ou pro­té­gées, rec­to ver­so, par une vitre. « C’est de plus en plus cou­rant. Et c’est beau­coup plus confor­table pour tout le monde. » Im­pos­sible de connaître le mon­tant glo­bal des oeuvres ex­po­sées à Brioude. Mais il était suf­fi­sam­ment im­por­tant pour que la dif­fu­sion de cet ar­ticle doive at­tendre qu’elles aient dé­fi­ni­ti­ve­ment quit­té la ville… ■

(*) D’autres ex­perts sont in­ter­ve­nus pour les cé­ra­miques et les sculp­tures.

INTENDANCE. Quatre jours de tra­vail sont né­ces­saires au mon­tage de l’ex­po­si­tion et au­tant au dé­mon­tage, qui s’est dé­rou­lé cette se­maine au Doyen­né.

EX­PERTE. Na­tha­lie Gif­fard a scru­té les oeuvres à la loupe.

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