Au­tant en em­porte le huit de de­vant !

Une im­pres­sion­nante dé­mons­tra­tion de force des « gros »

La Montagne (Haute-Loire) - - Sports Rugby - A Northampton, Va­lé­ry Le­fort

À l’image de la tempête qui avait cha­hu­té les Mid­lands la veille et le ma­tin du match, l’im­pla­cable mê­lée cler­mon­toise a hu­mi­lié sa de­van­cière. Le lan­ce­ment de cam­pagne frise la per­fec­tion.

«Je vous de­mande d’ap­plau­dir cette équipe de Cler­mont, la plus belle qu’on ait vue ici de­puis long­temps ! » On le sait, les An­glais ­ à l’image ici du spea­ker du Frank­lin’s Gar­den ­ ont cette « touch of class » qui les rend si sin­gu­liers. Sou­vent en­di­man­chés comme pour un ma­riage, le pu­blic s’est alors le­vé comme un seul homme pour adou­ber la su­pé­rio­ri­té au­ver­gnate.

Fair­play les An­glais ? Certes, mais lu­cides, sur­tout face à la dé­mons­tra­tion de force du pa­quet cler­mon­tois. De­vant, les Britts ont d’abord été conte­nus, puis pris avant d’être concas­sés, hu­mi­liés et sou­vent ré­duits à de simples faire­va­loir dans cet exer­cice qu’ils savent pour­tant in­con­tour­nables.

Leur lé­gen­daire « no scrum no win » (pas de mê­lées pas de vic­toire) a trou­vé hier sa pleine ex­pres­sion sur le billard du Frank­lin’s Gar­den trans­for­mé pour Hart­ley, Has­kell ou l’an­cien All Black Franks en jar­din des hor­reurs. Et si Cler­mont a d’abord mis plus de cinq mi­nutes pour ve­nir dans le camp an­glais, puis un pe­tit quart d’heure à souf­frir sous une fu­ria qui avait dé­jà les atours d’un ba­roud d’hon­neur, les avants ont en­suite pris la di­rec­tion des opé­ra­tions.

Même le poin­tilleux Ni­gel Owens, qui avait cau­sé tant de tour­ments dans le Tour­noi à Ra­bah Sli­ma­ni, n’a cette fois rien trou­vé à re­dire face à pa­reille maes­tria. Les Saints ont d’ailleurs été châ­tiés par là où ils avaient pé­ché, pre­nant d’em­blée les mê­lées pour jau­ger du Bou­gnat ! Mal leur en a pris. La ré­ponse fut cin­glante, col­lec­tive, et ful­gu­rante.

Et quand à ce­la les Cler­mon­tois se sont per­mis d’ajou­ter quelques ce­rises sur un gâ­teau qu’ils n’en fi­nis­saient dé­jà pas d’em­plâ­trer avec gour­man­dise à la face d’un huit an­glais ma­laxé comme du pud­ding, le compte a vite en­flé… Les ce­rises ? Itur­ria d’abord, om­ni­pré­sent en touche, au sol, dis­po­nible dans le jeu cou­rant, im­pec­cable sous les chan­delles. Un match d’en­ver­gure qui confirme son ap­pé­tence (et son ta­lent) en 3e ligne. Be­so­gneux et client en son temps, Ber­nard Gout­ta n’a pu re­te­nir après coup un dé­fi­ni­tif : « Ar­thur ? Il sait tout faire. »

L’autre bon­homme du match a été Pe­ter Be­tham, au­teur d’un re­tour de haute vo­lée à l’aile. Ce type cir­cule telle une bulle au gré du vent dans les dé­fenses ad­verses. Ses deux es­sais (22e et 37e) ont as­som­mé Northampton avant la pause. Ya­to y est al­lé aus­si de son dou­blé, d’abord sur une pige de quatre mi­nutes avant la cou­pure (35e) puis sur une per­cée de Gol­goth qui, à elle seule, ré­su­mait le Cler­mont d’hier : puis­sance, vi­tesse, mo­bi­li­té. Fi­na­le­ment, on com­prend as­sez bien le pour­quoi de la dé­cla­ra­tion d’amour du spea­ker du Frank­lin’s Gar­den. ■

PHOTO VINCENT DUVIVIER

PUIS­SANCE.La mê­lée cler­mon­toise a lit­té­ra­le­ment mar­ché sur son ho­mo­logue an­glaise, qui avait pour­tant ré­cla­mé et en­ta­mé ce duel des hommes forts. Mais le re­tour de bâ­ton a été cin­glant pour Northampton, mis sous le joug im­pla­cable de Sli­ma­ni et consorts. C’est d’abord là que Cler­mont a bâ­ti son suc­cès avant de dé­rou­ler la force de tout son col­lec­tif. Les deux es­sais en­cais­sés en fin de par­tie par l’ASM ont per­mis aux An­glais d’al­lé­ger un peu la note. Sans consé­quence pour Cler­mont, plus que ja­mais fa­vo­ri de son groupe dé­sor­mais.

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