L’Au­vergne s’échauffe pour les Jeux Olym­piques

La Montagne (Issoire) - - Le Fait Du Jour - So­phie Le­clan­ché so­phie.le­clanche@cen­tre­france.com

Oui, Pa­ris ac­cueille­ra bien les JO en 2024. Non, il ne de­vrait pas y avoir d’épreuves en Au­vergne. En re­vanche, la qua­li­té re­con­nue des équi­pe­ments de la ré­gion pour­rait bien at­ti­rer quelques dé­lé­ga­tions en quête de pré­pa­ra­tion phy­sique.

Of­fi­ciel­le­ment, on ne sait presque rien. Beau­coup trop pré­ma­tu­ré. Of­fi­cieu­se­ment, il y au­rait dans le Lan­der­nau au­ver­gnat comme un fré­mis­se­ment à l’évo­ca­tion des Jeux Olym­piques de Pa­ris en 2024. Du cô­té de Vi­chy no­tam­ment. Ca­chot­tière, l’ag­glo­mé­ra­tion vi­chys­soise, par la voix de son di­rec­teur gé­né­ral des ser­vices, Yvo­nic Ra­mis, l’avouait hier, avant même les jour­naux té­lé­vi­sés. « Nous avons can­di­da­té cet été pour être base ar­rière, au­près du CNOSF et du mi­nis­tère des Sports […] Les deux nous ont ré­pon­du très ai­ma­ble­ment ». M. Ra­mis pré­cise éga­le­ment qu’un co­mi­té de pi­lo­tage se­rait pro­chai­ne­ment consti­tué pour étu­dier les can­di­da­tures, etc. Il faut dire que, cô­té ac­cueil des spor­tifs de haut ni­veau, la com­mu­nau­té d’ag­glo­mé­ra­tion de Vi­chy a de l’ex­pé­rience. Avant les JO lon­do­niens de 2012, c’est l’équipe amé­ri­caine de na­ta­tion, em­me­née par un cer­tain Mi­chael Phelps, dont les membres ont on­doyé dans le bas­sin lo­cal. Rien que ça. Et puis, outre l’ac­cueil des ath­lètes han­di­ca­pés avant les JO d’Athènes en 2004 et de Pé­kin, en 2008, il y a eu l’Eu­ro 2016 pour le­quel Vi­chy a comp­té par­mi les vingt­quatre villes choi­sies comme camp de base et a ac­cueilli les foot­bal­leurs slo­vaques. Bon, les Slo­vaques sans joueur em­blé­ma­tique connu du grand pu­blic, Yvo­nic Ra­mis l’ad­met, pas de quoi drai­ner les foules. Du coup si le bi­lan de l’opé­ra­tion, d’un strict point de vue éco­no­mique, laisse sur sa faim, en re­vanche, en termes de no­to­rié­té, c’est le jack­pot. « Nous n’avons pas connu de re­tom­bées spec­ta­cu­laires sur cet évé­ne­ment, mais ce­la nous cré­di­bi­lise […] c’était un en­jeu de marke­ ting ». Un en­jeu d’im­por­tance quand on sait qu’« une cin­quan­taine de ter­ri­toires en France, dont une quin­zaine en ré­gion Rhône­Alpes­Au­vergne, très concur­ren­tiels », sont po­ten­tiel­le­ment can­di­dats pour l’ac­cueil des ath­lètes in­ter­na­tio­naux. Mais le pro­jet de l’ag­glo­mé­ra­tion vi­chys­soise s’ins­crit dans une dé­marche plus glo­bale de mo­der­ni­sa­tion de son pla­teau spor­tif. Pour le di­rec­teur des ser­vices : « L’éco­no­mie du sport, tous sec­teurs confon­dus, des li­cences à l’ac­ti­vi­té com­mer­ciale en pas­sant par l’hô­tel­le­rie, c’est 50 M€ par an ». D’où l’in­té­rêt de re­qua­li­fier et de mo­der­ni­ser l’en­semble des équi­pe­ments et ma­té­riels sur un site qui réunit « tous les sports olym­piques au même en­droit, ce qui n’existe pas ailleurs ». Dé­jà sur les rails, avec l’État et la Ré­gion, le pro­gramme, va­li­dé par les élus, de­vrait abou­tir en 2020. Soit un an avant l’an­née of­fi­cielle de dé­but de la pré­pa­ra­tion olym­pique… Dans l’ab­so­lu, Yvo­nic Ra­mis ver­rait d’un bon oeil « un tra­vail en par­te­na­riat avec Clermont Au­vergne Mé­tro­pole qui compte des équi­pe­ments com­plé­men­taires ».

« Nous avons été ap­pro­chés »

Se­lon Ch­ris­tine Du­lac­Rou­ge­rie, vice­pré­si­dente de Clermont Mé­tro­pole et ad­jointe aux sports de Clermont­Fer­rand, le com­plexe de sports l’Ar­te­nium, à Cey­rat, a dé­jà été re­mar­qué à l’in­ter­na­tio­nal pour les pro­chains JO fran­çais. « Nous avons été ap­pro­chés par des fé­dé­ra­tions d’arts mar­tiaux […] et nous al­lons nous mettre en ordre de ba­taille, avec la ligue Rhône­Alpes­Au­vergne pour por­ter en­semble ce pro­jet ». L’élue, ex­spor­tive de haut ni­veau, as­sure que des pro­po­si­tions se­ront faites au CNOSF mais que l’on va at­tendre le pro­jet glo­bal du mi­nis­tère des Sports, no­tam­ment en ce qui concerne la for­ma­tion de nos spor­tifs ce qui est le plus im­por­tant pour ga­gner des mé­dailles ». Et puis, pré­cise­t­elle, il faut que l’« on avance aus­si sur le stade

Mont­pied » qui pour­rait bien faire par­tie du lot. Pour le pré­sident du Co­mi­té ré­gio­nal olym­pique et spor­tif Au­vergne, Yves Ley­cu­ras, d’autres sites que les pré­ci­tés pour­raient en­trer en lice. « Le sta­dium Jean­Pel­lez, pour la perche ; les équi­pe­ments de Lempdes (Puy­de­Dôme) pour le VTT ; et pour­quoi pas l’ASM, pour le rug­by à sept ». Au­tant de sup­pu­ta­tions qui at­ten­dront les di­rec­tives du co­mi­té de pi­lo­tage qui de­vrait être consti­tué au ni­veau na­tio­nal dans les pro­chains mois.

« 10,7 mil­liards de re­tom­bées »

Lo­gi­que­ment, d’un strict point de vue éco­no­mique, dans le cadre de Pa­ris 2024, l’Au­vergne pour­rait pré­tendre à une pe­tite part d’un gâ­teau es­ti­mé par le Centre du droit et d’éco­no­mie du sport (CDES) à « 10,7 mil­liards d’eu­ros de re­tom­bées et 247.000 em­plois » se­lon le scé­na­rio le plus op­ti­miste écrit, en 2016, pour le dos­sier de can­di­da­ture de Pa­ris 2024. Pas d’étude plus fine en l’état sur l’im­pact lo­cal mais le CDES, qui avait pré­cé­dem­ment plan­ché sur sa ré­gion, en­core à l’heure du Li­mou­sin, avait poin­té quelques élé­ments al­lé­chants : « Pour les JO 2012 à Londres, la ré­gion Nord­Pas­de­Ca­lais avait mon­té un dis­po­si­tif, nom­mé “plus grand ter­rain de jeu”, afin de ser­vir de base ar­rière aux Jeux. On avait chif­fré les re­tom­bées de quatre à six mil­lions d’eu­ros de dé­penses brutes des équipes ou dé­lé­ga­tions ve­nues dans le cadre de stages ou de ren­contres de pré­pa­ra­tion » ex­plique Ch­ris­tophe Le­pe­tit, éco­no­miste du CDES (*). Quelques mois plus tard, le jour­nal éco­no­mique La Tri­bune met­tait un bé­mol à l’en­thou­siasme af­fi­ché en af­fir­mant que « le bi­lan éco­no­mique avait été dé­ce­vant, la ré­no­va­tion des équi­pe­ments ayant glo­ba­le­ment coû­té plus cher que les re­tom­bées des quelques dé­lé­ga­tions ac­cueillies ». Sans doute pas de quoi tuer dans l’oeuf les am­bi­tions au­ver­gnates dont quelques­uns des équi­pe­ments sont una­ni­me­ment re­con­nus de haut ni­veau par le monde du sport.

PHO­TO RAPHAELE GIGOT

VI­CHY. En­traî­ne­ment pu­blic de l’équipe amé­ri­caine de na­ta­tion em­me­née, en 2012, par Mi­chael Phelps.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.