Cinq jours de fête pour les 70 ans de l’Ami­cale laïque

La Montagne (Issoire) - - La Une - Mi­chel Cha­lier

La car­rière de ce maître d’école a ac­com­pa­gné l’his­toire de l’Ami­cale laïque. Un ob­jec­tif com­mun, le bon­heur et l’épa­nouis­se­ment des en­fants.

«La laï­ci­té, c’est quoi au­jourd’hui ? » An­dré Adam, ins­ti­tu­teur ho­no­raire et an­cien se­cré­taire de l’Ami­cale laïque s’in­ter­roge. « Pas vrai­ment de ré­ponse ! » Par contre, sur la place ac­tuelle de l’Ami­cale laïque dans la ci­té de Saint­Aus­tre­moine, il n’a au­cun doute. L’Ami­cale reste l’Ami­cale dans la tête des vrais Is­soi­riens. Même si une bonne vieille nos­tal­gie lui fait évo­quer « les for­mi­dables Fête de la jeu­nesse d’au­tre­fois ».

La grande messe de la Fête de la jeu­nesse

An­dré a quelque cré­dit pour évo­quer cette période­là. En 1955, après des pas­sages aux écoles de La Go­di­velle et de Ban­sat, il est nom­mé à l’école de gar­çons du bou­le­vard. « Je me suis re­trou­vé aus­si­tôt em­bri­ga­dé par l’Ami­cale laïque qui ne s’ap­pe­lait pas exac­te­ment comme ça d’ailleurs. Pas vrai­ment vo­lon­taire au dé­part mais fran­che­ment je me suis lais­sé convaincre as­sez vite ». De fait, les jeunes nor­ma­liens d’alors, sans par­ler de bour­rage de crâne, étaient pré­pa­rés à ac­com­pa­gner les ac­ti­vi­tés pé­ri­sco­ laires. « Un bé­né­vo­lat qui fai­sait par­tie de la fonc­tion. Les jeu­dis après­mi­di, on les pas­sait à en­ca­drer les en­fants, à l’oc­ca­sion du pa­tro­nage. Ce der­nier avait lieu sur un ter­rain prê­té par l’ar­mée ». Des bons de par­ti­ci­pa­tion émis par les présidents Sau­va­det et Merle vont per­mettre d’ali­men­ter une tré­so­re­rie qui ser­vi­ra à amé­na­ger les lo­caux ac­tuels et à di­ver­si­fier les ac­ti­vi­tés. « Ces bons de par­ti­ci­pa­tion se­ront rem­bour­sés des an­nées plus tard seule­ment ». C’est dire si l’es­prit de par­tage et de so­li­ da­ri­té propre à la laï­ci­té était alors bien présent. An­dré vit tout ce­la de l’in­té­rieur. « Sur cer­taines pé­riodes, je pou­vais consa­crer jus­qu’à dix heures par se­maine au se­cré­ta­riat de la struc­ture. Ceux qui n’ont pas connu les Fêtes de la jeu­nesse d’alors, ne peuvent ima­gi­ner la foule ras­sem­blée au stade du Buis­sin puis au Bout­du­Monde. Plus de 1.500 en­fants, deux fois plus de pa­rents ou spec­ta­teurs ». Une grande messe… laïque ! « Des nu­mé­ros de va­rié­tés et un bal le sa­me­di. Les nu­mé­ros des en­fants le di­manche et même un temps, un feu d’artifice en soi­rée. Énorme ! » Notre ins­ti­tu­teur va consa­crer 30 ans de sa vie à cette dy­na­mique « toute cen­trée au­tour des en­fants. C’est cer­tai­ne­ment là, le sens de la laï­ci­té, l’épa­nouis­se­ment des mômes qui de­vien­dront les adultes de de­main ». « La Laï­ci­té au­jourd’hui… », il s’in­ter­roge An­dré. Qui en parle ? Les mé­dias n’y font guère ré­fé­rence. Les grandes ma­ni­fes­ta­tions sous le man­dat de Fran­çois Mit­ter­rand ont en­ter­ré cette ba­taille sco­laire entre écoles pu­blique et pri­vée. De­puis, pour faire leur choix d’éta­blis­se­ment, les pa­rents ne font plus ré­fé­rence au type d’école mais à d’autres pa­ra­mètres comme l’éloi­gne­ment ou la qua­li­té de l’en­ca­dre­ment ». À ses dires, il n’a ja­mais été un bouffe­cu­ré mais a dé­fen­du sa po­pote. « À La Go­di­velle, ça se pas­sait bien avec le cu­ré à longue sou­tane. Saint­Louis et Saint­Paul (an­cien­ne­ment Sé­vi­gné), au pa­tro­nage, on pre­nait tous les en­fants à condi­tion que les pa­rents aient leur carte d’ami­ca­liste. L’es­prit ami­ca­liste, c’est peut­être ce­la. Les en­fants d’abord ! »

« L’épa­nouis­se­ment des mômes qui de­vien­dront les adultes de de­main »

1957. An­dré Adam en­cadre le dé­fi­lé de la Fête de la jeu­nesse.

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