Nos conseils pour bien pas­ser à l’heure d’hi­ver

Cette nuit, l’heure d’hi­ver va ve­nir ral­lon­ger les rêves des Au­ver­gnats. Si son im­pact sur le som­meil est moins im­por­tant que le pas­sage à l’heure d’été, il est bel et bien réel.

La Montagne (Issoire) - - La Une - Ré­mi Pi­ro­nin

CHAN­GE­MENT. Di­manche à 3 heures, il se­ra en réa­li­té 2 heures. Un chan­ge­ment qui per­met à cha­cun de ga­gner une heure de som­meil. Nos conseils pour bien ca­ler votre hor­loge in­terne. SAN­TÉ. 400.000 Au­ver­gnats se­raient concer­nés par des troubles du som­meil. Re­por­tage au centre du som­meil de Cler­mont, seul centre agréé en Au­vergne.

«Le chan­ge­ment d’heure est un élé­ment per­tur­ba­teur de plus dans une so­cié­té où beau­coup de gens ont des pro­blèmes de som­meil », ex­plique Ma­ria Li­via Fan­ti­ni, neu­ro­logue res­pon­sable d’uni­té au Centre du som­meil du CHU de Cler­mont­Fer­rand. En France, près d’un tiers de la po­pu­la­tion se plaint d’un trouble du som­meil. En Au­vergne, ce chiffre avoi­sine les 400.000 (voir ci­des­sous). Dans ce contexte, les dif­fé­rents chan­ge­ments d’heure au cours de l’an­née sont une épine de plus dans le pied de Mor­phée. « Ce chan­ge­ment d’heure est moins no­cif que ce­lui du prin­temps car il n’in­duit pas une dette de som­meil sup­plé­men­taire, pré­cise Ma­ria Li­via Fan­ti­ni. Néan­moins, il crée un pro­blème de désyn­chro­ni­sa­tion avec des rythmes phy­sio­lo­giques in­ternes qui peuvent connaître des dif­fi­cul­tés dans la se­maine qui suit. Ceci in­duit des dif­fi­cul­tés de concen­tra­tion, de la perte d’éner­gie et des troubles de l’hu­meur. » À la dif­fé­rence d’un dé­ca­lage ho­raire après un voyage, le chan­ge­ment d’heure mo­di­fie aus­si nos heures de ré­veil, de cou­cher ou de re­pas, sans tou­te­fois chan­ger de quo­ti­dien. « Tout le monde doit se re­ca­ler en termes d’hor­loge bio­lo­gique, de sé­cré­tions hor­mo­nales, d’ap­pé­tit, etc., in­dique Patricia Beu­din, mé­de­cin au centre. Toutes les grandes fonc­tions phy­sio­lo­giques sont cir­ca­diennes, c’est­à­dire qu’elles se ré­pètent d’une jour­née sur l’autre. Mais tout le monde n’est pas ca­lé sur le même rythme. Les couche­tard, qui d’ha­bi­tude doivent se le­ver plus tôt que leur hor­loge bio­lo­gique, vont être ga­gnants avec le pas­sage à l’heure d’hi­ver. Ils vont se ré­veiller plus fa­ci­le­ment ce di­manche ma­tin. D’au­tant plus que le rythme bio­lo­gique cir­ca­dien pro­fond, in­né, n’est pas de 24 heures, mais tourne au­tour de 25 heures. Donc dans l’im­mé­diat, ce di­manche avec une heure de som­meil en plus, on se­ra bien. »

Un dé­ca­lage à nuan­cer

Con­trai­re­ment au chan­ge­ment d’heure au prin­temps, l’heure d’hi­ver ne vient pas rac­cour­cir le temps de som­meil. « On peut re­tar­der un rythme en s’en­dor­mant plus tard et en se le­vant de même, mais on ne peut pas l’avan­cer en s’en­dor­mant plus tôt et en se le­vant plus tôt, car il est im­pos­sible d’an­ti­ci­per sur l’heure d’en­dor­mis­se­ment, in­dique la res­pon­sable d’uni­té. C’est pour­quoi le chan­ge­ment d’heure de prin­temps est beau­coup plus im­pac­tant sur la qua­li­té de notre som­meil. » Ce qui vient ajou­ter un peu plus d’im­pres­sion né­faste au pas­sage à l’heure d’hi­ver, c’est le manque de lu­mière. Si ce n’est pas parce qu’il fait nuit plus tôt que l’on a som­meil plus vite, cette baisse de la pho­to­pé­riode peut en­traî­ner des dé­pres­sions sai­son­nières qui im­pliquent souvent des in­som­nies. « Mais ce dé­ca­lage d’une heure est à re­la­ti­vi­ser, ce n’est pas énorme. Il est loin d’être le su­jet ma­jeur concer­nant la pro­blé­ma­tique du som­meil, conclut Ma­ria Li­via Fan­ti­ni. »

« Dif­fi­cul­tés de concen­tra­tion, perte d’éner­gie »

PHO­TO SO­PHIE GRAND

PHO­TO D’ILLUS­TRA­TION THIERRY LINDAUER

CHAN­GE­MENT D’HEURE. Ce di­manche à 3 heures, il se­ra 2 heures.

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