La Ville gère les tombes aban­don­nées

De nom­breuses conces­sions fi­nissent par être lais­sées à l’aban­don, avant d’être re­prises par la Ville

La Montagne (Issoire) - - LA UNE - Tho­mas Ga­the­rias

Un ci­me­tière, ce ne sont pas que des jo­lies fleurs et des plaques en­tre­te­nues. Ce sont aus­si des sé­pul­tures cas­sées, dont la mai­rie tente de s’oc­cu­per. «I l y en a beau­coup, des tombes qui sont à l’aban­don. On les en­tre­tient au­tant que pos­sible car beau­coup de fa­milles ne sont pas ici, même pour la Tous­saint. Alors, toute l’an­née il faut net­toyer. Tout est fait à la main », sou­ligne Fa­brice, gar­dien du ci­me­tière. Les exemples de tombes en déshé­rence sont ef­fec­ti­ve­ment nom­breux. Plaques fu­né­raires bri­sées, sé­pul­tures en­dom­ma­gées, les fa­milles, par­fois épar­pillées, ne prennent pas toutes le temps et le soin de s’oc­cu­per des sites. Au ser­vice d’état ci­vil de la Ville, les re­prises de tombes ont lieu de­puis 2007. La mu­ni­ci­pa­li­té prend en charge l’en­tre­tien lorsque ce­la est né­ces­saire, no­tam­ment quand l’état d’un em­pla­ce­ment pré­sente un risque pour les vi­si­teurs ou les tombes voi­sines. Le deuxième cas de fi­gure cor­res­pond à un aban­don pur et simple de la conces­sion par la fa­ mille concer­née. « Lors­qu’il y a un dan­ger, par exemple une stèle qui me­nace de tom­ber, une co­lonne pré­sen­ tant un risque d’af­fais­se­ment, on tente de sé­cu­ri­ser l’es­pace, ex­plique le per­son­nel en mai­rie. Entre 2007 et 2010, nous avons re­pris en­vi­ron 180 conces­sions, 58 entre 2012 et 2015. Ac­tuel­le­ment, une troi­sième pro­cé­dure est en cours avec une cen­taine de re­prises. » Dans le cas d’un em­pla­ce­ment dé­lais­sé, la com­mune en­tre­prend de contac­ter les hé­ri­tiers. La plu­part des ten­ta­tives se soldent néan­moins par un échec, le per­son­nel du ser­vice état ci­vil es­ti­mant à seule­ment 5 % le nombre de fa­milles contac­tées re­pre­nant en charge les tombes. « En re­vanche, un non­fleu­ris­se­ment ne si­gni­fie pas né­ces­sai­re­ment que la conces­sion est aban­don­née. Il y a de nom­breux cri­tères avant que la mai­rie ne dé­cide de lan­cer une pro­cé­dure de re­prise », rap­pellent les em­ployés en mai­rie. Pour Fa­brice, le gar­dien, le constat reste mal­heu­reux. « Le prin­ci­pal, c’est le res­pect des morts. Nos an­ciens fai­saient le né­ces­saire mais c’est quelque chose qui est en train de se perdre. À cette époque de l’an­née, par le pas­sé, il y avait beau­coup d’en­tre­prises qui tra­vaillaient pour l’en­tre­tien, il n’y en a plus. Les men­ta­li­tés et le rythme de vie ont chan­gé », se dé­sole­t­il.

Seule­ment 5 % des fa­milles contac­tées re­prennent en charge les tombes

PHO­TO D’AR­CHIVES

CONCES­SIONS. Des pan­neaux sont par­fois af­fi­chés pour com­mu­ni­quer plus ef­fi­ca­ce­ment au­près des fa­milles. Si­non, en cas de re­prise, le per­son­nel du ser­vice d’état ci­vil de la mai­rie ne peut guère qu’en­voyer des cour­riers aux der­nières adresses connues des hé­ri­tiers concer­nés.

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