Feelae pour une mé­de­cine à dis­tance

Deux Pa­ri­siens lancent à Cler­mont­Fer­rand leur ap­pli­ca­tion de con­seil mé­di­cal en ligne

La Montagne (Issoire) - - LES MARDIS DE L'ECONOMIE - Pa­trice Cam­po pa­trice.cam­po@cen­tre­france.com

De­man­der con­seil à un mé­de­cin sur In­ter­net par vi­sio­con­fé­rence, c’est ce que per­met l’ap­pli­ca­tion Feelae, lan­cée à la mi-août. En at­ten­dant l’agré­ment of­fi­ciel, in­dis­pen­sable pour pro­po­ser de vé­ri­tables consul­ta­tions. I l y a les ur­bains sur­boo­kés qui peuvent dif­fi­ci­le­ment se rendre chez le mé­de­cin aux heures de bu­reau et les per­sonnes vi­vant dans ce que l’on ap­pelle les dé­serts mé­di­caux. Feelae s’adresse aux deux à la fois, en mi­sant sur les pre­miers pour lan­cer et faire connaître cette so­lu­tion de mé­de­cine à dis­tance et sur les se­conds pour as­seoir le concept.

Hé­ber­gés au Bi­vouac

Feelae, ap­pli­ca­tion de té­lé­mé­de­cine dis­po­nible sur mo­bile et très pro­chai­ne­ment sur le site Web www.feelae.com, est née d’une idée de Ben­ja­min Bou­ze­rau­Le­vy, 30 ans, et Al­ban Au­gier­de­Cré­miers, 28 ans, deux Pa­ri­siens qui n’ont pas hé­si­té à ve­nir s’ins­tal­ler à Cler­montFer­rand pour lan­cer leur bu­si­ness. Ils ont in­té­gré le Bi­vouac, l’ac­cé­lé­ra­teur de start­up lo­cal, fin juin, lan­cé l’ap­pli­ca­tion miaoût et tra­vaillent d’ar­rache­pied de­puis. « Nous avons une équipe de vingt­cinq mé­de­cins et deux autres, ur­gen­tistes, qui en­cadrent l’ac­ti­vi­té avec nous », ex­plique Al­ban Au­gier­de­Cré­miers. En un mois et de­mi, Feelae avait en­re­gis­tré une cen­taine de consul­ta­tions et un mil­lier de té­lé­char­ ge­ments. « Nous vi­sons les 1.500 consul­ta­tions d’ici fin dé­cembre et 30.000 sur 2018. » Pour l’ins­tant, il s’agit de con­seil mé­di­cal des­ti­né à « ôter les pre­miers doutes aux pa­tients », à 19 € le con­seil (non rem­bour­sable, pre­mier ap­pel gra­tuit). Pour pro­po­ser de vé­ri­tables consul­ta­tions à dis­tance, avec dé­li­vrance d’or­don­nances, Feelae doit ob­te­nir un agré­ment de l’Agence ré­gio­nale de san­té qui se fait at­tendre. « Nous avons dé­po­sé des dos­siers dans quatre ARS. C’est vrai­ment notre prio­ri­té. Cet agré­ment est in­dis­pen­sable pour dé­ve­lop­per notre ac­ti­vi­té », es­time Ben­ja­min Bou­ze­rau­Le­vy.

Ac­ces­sible à tous

Le duo est prêt à pas­ser la vi­tesse su­pé­rieure. Il pré­voit de re­cru­ter ra­pi­de­ment un di­rec­teur technique afin d’as­su­mer les évo­lu­tions et la main­te­nance de l’ap­pli­ca­tion, ce qui per­met­trait de se consa­crer au dé­ve­lop­pe­ment. Quelques concur­rents se sont dé­jà po­si­tion­nés sur ce sec­teur de la té­lé­mé­de­cine, as­su­reurs ou mu­tuelles. « Mais ce ser­vice reste ré­ser­vé à leurs adhé­rents. Nous, nous vou­lons un ser­vice ac­ces­sible à tous, car on dé­nombre 14,6 mil­lions d’ha­bi­tants dans les dé­serts mé­di­caux, en France », pré­cise Al­ban Au­gier­de­Cré­miers. Un vaste champ d’ac­tion avec l’Au­vergne en tête de pont. « Pour nous, ce­la avait du sens de com­men­cer dans une ré­gion par­ti­cu­liè­re­ment concer­née. » Reste à faire en­trer la té­lé­mé­de­cine dans les moeurs.

PHO­TO THIER­RY LINDAUER

DUO. Ben­ja­min Bou­ze­rau-Le­vy et Al­ban Au­gier-de-Cré­miers, créa­teurs de l’ap­pli­ca­tion Feelae.

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