La fin du ti­rage au sort confir­mée

Pas de sé­lec­tion sèche mais une formation obli­ga­toire pour les ba­che­liers les plus fra­giles

La Montagne (Issoire) - - FRANCE & MONDE -

Le gou­ver­ne­ment a pré­sen­té une sé­rie de me­sures pour sup­pri­mer le ti­rage au sort dans les fi­lières les plus de­man­dées et ré­duire l’échec en pre­mière an­née de fac : pas de sé­lec­tion sèche mais une formation obli­ga­toire pour les ba­che­liers les plus fra­giles.

«Je n’ai ja­mais eu peur du mot sé­lec­tion » mais « entre la sé­lec­tion bru­tale et le ti­rage au sort, il existe une pa­lette de so­lu­tions beau­coup plus souples, plus hu­maines et plus in­tel­li­gentes », a dé­cla­ré le Pre­mier ministre, Édouard Phi­lippe. « Dans la plu­part des cas, l’uni­ver­si­té di­ra oui au choix du ba­che­lier et dans cer­tains cas, elle di­ra oui, si, c’est­à­dire si le can­di­dat ac­cepte un par­cours adap­té qui lui per­mette de réus­sir dans la fi­lière qu’il a choi­sie », a­t­il pré­ci­sé. Ain­si, les for­ma­tions non­sé­lec­tives (les li­cences gé­né­rales) ne pour­ront pas re­fu­ser un ba­che­lier si des places res­tent va­cantes, mais elles pour­ront dé­sor­mais « condi­tion­ner l’ins­crip­tion à l’ac­cep­ta­tion d’un par­cours pé­da­go­gique spé­ci­fique dans le cas où elles es­timent que le ba­che­lier n’a pas les at­ten­dus re­quis », se­lon le mi­nis­tère de l’En­sei­gne­ment su­pé­rieur.

Un ca­rac­tère na­tio­nal

Ces « at­ten­dus » dé­si­gnent les connais­sances et ap­ti­tudes né­ces­saires à un ly­céen lors­qu’il entre dans une fi­lière post­bac. Ils existent pour le mo­ment « de fa­çon ta­cite » mais se­ront dé­sor­mais af­fi­chés par les uni­ver­si­tés. Ils au­ront un ca­rac­tère na­tio­nal (mêmes at­ten­dus dans toutes les facs pour une fi­lière en psy­cho­lo­gie par exemple) mais les éta­blis­se­ments pour­ront pré­ci­ser des spé­ci­fi­ci­tés liées à leur formation. « Sé­lec­tion » et même « pré­re­quis » s’ap­pa­rentent à des chif­fons rouges en France et le gou­ver­ne­ment leur a fi­na­le­ment pré­fé­ré le terme d’« at­ten­dus ». Jus­qu’à pré­sent, la dé­ten­tion du bac­ca­lau­réat est la seule condi­tion à rem­plir pour s’ins­crire à la fac dans une li­cence gé­né­rale. Pour faire pas­ser ces me­sures, le Pre­mier ministre et la ministre de l’En­sei­gne­ment su­pé­rieur ont éga­le­ment dé­voi­lé « un plan étu­diant », qui vise à amé­lio­rer le lo­ge­ment, le pou­voir d’achat et la san­té des étu­diants. Il pré­voit le trans­fert sur le ré­gime gé­né­ral de la sé­cu­ri­té so­ ciale des étu­diants, af­fi­liés jus­qu’à pré­sent à un ré­gime spé­ci­fique. Il pro­met 950 mil­lions d’eu­ros sup­plé­men­taires sur le quin­quen­nat, dont 450 mil­lions dé­jà an­non­cés par le Pre­mier ministre fin sep­tembre dans le cadre du grand plan d’in­ves­tis­se­ment (GPI). Fré­dé­rique Vi­dal va éga­le­ment créer des places à l’uni­ver­si­té, « de ma­nière ci­blée » : dans les fi­lières très de­man­dées et qui as­surent des dé­bou­chés pro­fes­sion­nels, et dans des fi­lières qui n’existent pas en­core mais qui ré­pon­draient à des de­mandes du mar­ché de l’em­ploi. Sont aus­si pré­vues 3.000 places sup­plé­men­taires en BTS, une formation des­ti­née aux bacs pro en prio­ri­té. Les dys­fonc­tion­ne­ments du sys­tème d’af­fec­ta­tion des ba­che­liers cette an­née s’ex­pliquent en par­tie par une hausse de la dé­mo­gra­phie mal an­ti­ci­pée (+ 40.000 cette an­née). Le nombre des étu­diants a été mul­ti­plié par huit en cin­quante ans, à 2,61 mil­lions de jeunes cette an­née, a rap­pe­lé Édouard Phi­lippe.

PHO­TO D’ILLUS­TRA­TION AFP

« PLAN ÉTU­DIANT ». Amé­lio­rer le lo­ge­ment, le pou­voir d’achat et la san­té des étu­diants.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.