La sé­lec­tion, un gros mot ?

La Montagne (Issoire) - - FRANCE & MONDE - FLO­RENCE CHÉ­DO­TAL flo­rence.che­do­tal@cen­tre­france.com

On n’est pas sé­rieux quand on a 17 ans, mais l’on vaut beau­coup mieux qu’un al­go­rithme aveugle et im­bé­cile. Exit donc APB et son ti­rage au sort qui a dé­mo­ra­li­sé des mil­liers de ly­céens et leurs pa­rents. C’est une bonne chose. Mais on n’évite pas les mots qui fâchent. Le gou­ver­ne­ment s’est bien gar­dé de par­ler de « sé­lec­tion ». En 1986, un cer­tain De­va­quet avait dé­ver­sé dans les rues suf­fi­sam­ment d’étu­diants pour le faire re­cu­ler. Alors, on contourne, on pose quelques obs­tacles pour dé­mo­ti­ver les obs­ti­nés ou don­ner leur chance aux plus motivés, c’est se­lon. Ce­la res­semble de près à une sé­lec­tion, mais il se­rait hy­po­crite de pré­tendre qu’elle n’existe pas dé­jà. Parce que les li­cences ac­ces­sibles sur dos­sier se sont mul­ti­pliées ces der­nières an­nées, parce que cette sé­lec­tion re­dou­tée s’opère, au bout du compte, par l’échec dès la pre­mière an­née pour les jeunes mal orien­tés. Un jour, il fau­dra ces­ser de bra­der l’uni­ver­si­té comme seule voie de sa­lut pour tous. Et d’en­cou­ra­ger, par ri­co­chet, des for­ma­tions pri­vées où le di­plôme s’achète plus qu’il ne se mé­rite.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.