La Grande Guerre parle aux jeunes

A l’oc­ca­sion du cen­te­naire de l’ar­mis­tice, éco­liers et col­lé­giens ont tra­vaillé sur ce conflit

La Montagne (Issoire) - - Issoire Vivre Sa Ville - Ma­rion Cha­vot

Un siècle… Une éter­ni­té, sur­tout quand on a 8 ans ou qu’on est ado. Alors comment par­ler de la Pre­mière Guerre mon­diale aux jeunes ? Comment sus­ci­ter leur in­té­rêt pour qu’eux aus­si de­viennent des té­moins ? Ré­ponses…

«Vous avez vu, il y a Georges Ma­zet ! » Pas de doute, ce jeu­di ma­tin, les CE2 de l’école Bi­za­leix sont bien ré­veillés. Car en scru­tant la liste des noms ins­crits sur le mo­nu­ment aux morts 14­18, ils en ont re­pé­ré un. Ce­lui de ce poi­lu is­soi­rien, dont les ar­chives lo­cales ont ex­ploi­té la cor­res­pon­dance de guerre (*) et sur la­quelle ont tra­vaillé nombre d’élèves (lire ci­des­sous). Un point d’ac­croche lo­cal qui per­met de cap­ter l’at­ten­tion des en­fants. Car comment par­ler d’un tel conflit à des éco­liers, et même à des col­lé­giens ?

« Ils re­tiennent vrai­ment ce qui est dit », note Fa­bienne Mal­per­tu, en­sei­gnante d’his­toire au col­lège des Prés. « Chaque an­née, nous em­me­nons les classes de3e au­mo­nu­men­taux morts. L’idée n’est pas de tout leur ra­con­ter. On contex­tua­lise. Il est in­té­res­sant qu’ils aper­çoivent ces ba­lises du sou­ve­nir, qu’ils portent plus at­ten­tion à leur mo­nu­ment aux morts, et que lors des com­mé­mo­ra­tions, ils sachent à quoi ce­la cor­res­pond. »

Le dis­cours de My­riam Mal­let, pro­fes­seur des écoles à Bi­za­leix, est iden­tique. « De­puis la ren­trée, nous tra­vaillons sur ce thème. Ce­la in­té­resse les élèves. » Il suf­fit d’ailleurs de les écou­ter ré­pondre, avec leurs mots, avec leurs sen­ti­ments, aux ques­tions d’Orianne Jean­jacques, mé­dia­trice du pa­tri­moine en charge des ac­ti­vi­tés édu­ca­tives à l’Ag­glo Pays d’Is­soire.

« D’après vous, est ce que cette guerre a fait beau­coup de morts ? » Les ré­ponses fusent : 2.000, 1.444, 3.400… « Il y a en a eu 1,4 mil­lion. » De quoi faire écar­quiller tous les yeux. « Oui, on a du mal à ima­gi­ner ! C’est comme si six écoles de Bi­za­leix dis­pa­rais­saient tous les jours pen­dant quatre ans. »

Orianne Jean­jacques em­barque alors les en­fants dans la construc­tion du mo­nu­ment aux morts, sur le pour­quoi de sa forme en obé­lisque, « et non pas Obé­lix ! », sur l’in­té­rêt de ce mo­nu­ment « pour les fa­milles qui sou­hai­taient se re­cueillir, car ils ne pou­vaient le faire sur les tombes… »

Au mo­ment de par­tir, tous ont une anec­dote à ra­con­ter. C’est le cas d’Ysa­tis, 8 ans, qui re­tient la vie dans les tran­chées. Ain­ hoa, pour sa part, par­ti­cipe chaque an­née à la com­mé­mo­ra­tion. « Je viens avec ma fa­mille. Parce que ma ta­tie veut que tout le monde soit là. Je pense alors aux sol­dats et aux com­bats. » Ce di­manche, elle se­ra bien là, en­tou­rée des siens. Et elle pen­se­ra une nou­velle fois à tous ces sol­dats morts pour la France. ■

(*) Un livre,

« Je ne pen­sais pas qu’il y avait eu au­tant de morts »

vient d’être édi­té par la Ville d’Is­soire. Le dos­sier a été ré­di­gé par Ma­rie Boyer, at­ta­chée de conser­va­tion du pa­tri­moine.

DÉ­COU­VERTE. Orianne Jean­jacques pro­pose des en­quêtes ba­sées sur l’ob­ser­va­tion et l’in­ter­pré­ta­tion de re­pro­duc­tions d’ar­chives.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.