En sou­ve­nir de l’Ar­mis­tice de 1918

Re­dé­cou­verte des voies cler­mon­toises : la rue du Onze­No­vembre

La Montagne (Issoire) - - Clermont Vivre Sa Ville - Pierre Ga­briel Gon­za­lez pgg@orange.fr ➔ Contact.

Long­temps ap­pe­lée

« rue Neuve », cette ar­tère très com­mer­çante re­lie la place de Jaude à la place Gaillard.

Au dé­but du XVIIIe siècle, la confi­gu­ra­tion de cette par­tie du quar­tier SaintPierre était bien dif­fé­rente de celle que nous connais­sons au­jourd’hui. Elle était do­mi­née par l’hô­pi­tal Saint­Bar­thé­le­my, vaste en­semble de bâ­ti­ments dé­jà très an­ciens à cette époque si­tué entre la rue des Gras et la place Gaillard.

Cet éta­blis­se­ment fut dé­mo­li en 1773 pour lais­ser place à seize im­meubles en bor­dure d’une nou­velles voie dite « rue Neuve Saint­Bar­thé­le­my », dont le nom fut vite abré­gé par les Cler­mon­tois en « rue Neuve » (il existe tou­jours une rue Saint­Bar­thé­le­my, don­nant sur la place SaintPierre).

Dans le style néo-clas­sique

Cette « rue Neuve » re­pré­sente une des pre­mières ten­ta­tives d’ar­chi­tec­ture co­or­don­née à Clermont. La sé­rie d’ar­cades, ima­gi­née à la fin du XVIIIe siècle par l’ar­chi­tecte De­val, lui donne un cer­tain ca­chet en­core vi­sible du cô­té de la place Gaillard et au droit de la rue Jean­Ron­chon. L’or­don­nan­ce­ment gé­né­ral de la rue, conçu dans le style néo­clas­sique, est hé­las en très grande par­tie mas­qué par les de­van­tures mo­dernes des dif­fé­rents ma­ga­sins.

Dans l’entre­deux­guerres et en grande par­tie jus­qu’à nos jours, la rue du Onze­No­vembre se dis­tingue par son offre com­mer­ciale « à la per­sonne » : ma­ro­qui­ne­rie, lin­ge­rie, chaus­sures, mode fé­mi­nine, tailleurs pour hommes… et, au cha­pitre des « pe­tits plai­sirs », les pierres se­mi­pré­cieuses de la Taille­rie de Royat, la pâ­tis­se­rie Ra­noux, les dou­ceurs in­tem­po­relles du Tria­non et les cho­co­lats de la Mar­quise de Sé­vi­gné, sans ou­blier la cou­tel­le­rie Mon­ne­ret, au n° 35, en­tre­prise cen­te­naire tou­jours en ac­ti­vi­té. Tout un pro­gramme.

Avec l’ave­nue des États­Unis, la plu­part des ma­ré­chaux is­sus de la guerre sont aus­si ho­no­rés : rue Ma­ré­chal­Foch entre la rue Ra­meau et la place de Jaude, rue Ma­ré­chal­Joffre entre la rue Bal­lain­vil­liers et l’ave­nue Car­not. Si­gna­lons la place Gal­lié­ni, entre la rue Bon­na­baud et la rue des Sa­lins, la rue Ma­ré­chal­Gal­lié­ni, quar­tier de Val­lières, entre la rue Bel­liard et la rue d’Ay­dat, et aus­si la mo­deste im­passe Ma­ré­chalLyau­tey sur l’ave­nue Jean­Jau­rès, près de l’église Jeanne­d’Arc (liste non­ex­haus­tive).

Na­tif du Puy­en­Velay, le ma­ré­chal Fayolle a don­né son nom à une place au­des­sus de la rue Fon­giève. En­fin, sin­gu­lier rac­cour­ci de l’his­toire ve­nant faire écho à l’ac­tua­li­té ré­cente, la rue Ma­ré­chal­Pé­tain (si­tuée entre la rue des Sa­lins et la rue de Bois­sé­jour, au­jourd’hui ave­nue MarxDor­moy), est de­ve­nue au sor­tir de la Se­conde Guerre la rue du Mont­Mou­chet, en hom­mage aux ma­qui­sards et à leurs com­bats hé­roïques de juin 1944. ■

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IN­TEM­PO­REL. Dé­cor « à la Pom­pa­dour » pour cette pâ­tis­se­rie, dont M. Pa­ri­naud/Ro­be­lin est pro­prié­taire, au 26 de la rue Neuve vers 1910. C’est au­jourd’hui « La Ruche-Tria­non » de Thier­ry Constant.

AR­CHIVES PGG

TEN­DANCE. Pu­bli­ci­té pour un « Bar amé­ri­cain » vers 1930, avec un pe­tit ar­ran­ge­ment pour cette an­nonce pu­bli­ci­taire qui si­tue l’éta­blis­se­ment au43 rue du Onze-No­vembre qui n’existe pas… En réa­li­té, nous le re­trou­vons au rez-de-chaus­sée de l’Hô­tel Sa­blon­nière, 11 rue du Théâtre, tout proche. Ex­trait d’un jeu de l’oie com­mer­cial, La­my édi­teur.

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