L’ASM en tête contre les com­mo­tions

Ini­tié il y a 18 mois pour ré­pondre à des ques­tions in­ternes, le sym­po­sium a dé­pas­sé les at­tentes

La Montagne (Issoire) - - Sports Auvergne - Si­mon An­to­ny si­mon.an­to­ny@cen­tre­france.com

Ven­dre­di et sa­me­di, l’ASM ac­cueillait un grand sym­po­sium au­tour de la ques­tion de la com­mo­tion cé­ré­brale avec quel­que­suns des plus grands spé­cia­listes du monde, tous sports confon­dus.

L’ASM est l’un des clubs en pointe sur le su­jet. Ce qui, quand on parle de com­mo­tion cé­ré­brale, ne veut pas dire grand­chose. « Le cadre ac­tuel de prise en charge est né en 2012 en France », ex­plique Ma­thieu Ab­bot, mé­de­cin du club. « C’est vrai qu’à mon époque, un coup d’éponge magique et hop, plai­sante JeanMarc Lher­met. On ne par­lait même pas de com­mo­tion. Sauf qu’au­jourd’hui on a dou­blé le temps ef­fec­tif de jeu et l’in­ten­si­té n’a plus rien à voir. »

Toute une ré­gion au­tour de la mé­de­cine spor­tive

Le sym­po­sium te­nu au stade Mar­cel­Mi­che­lin pen­dant deux jours a per­mis de mettre en avant de nou­velles ap­proches qui de­vraient être mises en place à l’ASM à plus ou moins long terme. Par­mi les dé­cou­vertes, la nu­tri­tion et l’ef­fet des Omé­ga 3, très ef­fi­caces dans la pré­ven­tion.

Mais les ré­ponses pas­se­ront prin­ci­pa­le­ment par le sport. « Le dé­ve­lop­pe­ment mus­cu­laire, au dé­tri­ment de la tech­nique est un sou­ci », es­time Ma­thieu Ab­bot. D’au­tant plus que, con­trai­re­ment à ce que l’on pour­rait croire, dans le cas des com­mo­tions cé­ré­brales, c’est le pla­queur, et non le pla­qué, qui est le plus vul­né­rable.

Les re­cherches mé­di­cales ont per­mis, il y a quelques an­nées à peine, de mettre en évi­dence une pro­téine, S100B, pro­duite par le cer­veau en cas de com­mo­tion. Un in­di­ca­teur qui n’est pas in­faillible. « On est sûr à 100 % qu’en ab­sence de S100B, il n’y a pas de com­mo­tion, ex­plique le pro­fes­seur Vincent Sa­pin, chef du la­bo­ra­toire de bio­chi­mie au CHU. Si on en dé­tecte, il faut une bat­te­rie de tests sup­plé­men­taires. Le taux de cette pro­téine va­rie se­lon chaque in­di­vi­du. De­puis 2014, à l’ASM, chaque dé­but de sai­son, nous fai­sons une prise de sang de chaque joueur pour dé­ter­mi­ner son taux nor­mal. »

Pe­tit à pe­tit, les joueurs aus­si prennent conscience du dan­ger. Ma­thieu Ab­bot confirme qu’il n’a plus à se battre pour les gar­der éloi­gnés un peu plus long­temps des pe­louses.

Si l’ASM est si avan­cée dans le do­maine (avec un mé­de­cin à plein­temps et une com­mis­sion mé­di­cale, entre autres), c’est avant tout par son ré­seau lo­cal. « On a un ré­fé­rent com­mo­tion au CHU qui dé­cide du re­tour à la com­pé­ti­tion. L’ASM est la par­tie émer­gée. C’est toute la ré­gion qui est mo­bi­li­sée. D’ailleurs, Vi­chy ac­cueille dans deux ans le congrès na­tio­nal de la mé­de­cine du sport », sou­ligne Ma­thieu Ab­bot.

Une prise de sang à chaque dé­but de sai­son

Le club est un mo­teur d’où dé­coulent les avan­cées mé­di­cales. À com­men­cer par l’ASM Om­ni­sports. « Le pro­to­cole de re­prise est le même que chez les pros. Les ga­mins sont plus sen­sibles. La ré­cu­pé­ra­tion est plus longue. Le grand dan­ger pour nous c’est qu’on puisse les re­te­nir de re­tour­ner jouer », avance Ré­mi Gaul­min, mé­de­cin ASM Om­ni­sports.

Pour Vincent Sa­pin, « nous au­rons vrai­ment ga­gné quand nous au­rons un pro­to­cole simple, mo­bile, que l’on peut uti­li­ser même loin d’un CHU ou d’un scan­ner. Pour les clubs ama­teurs et pour Mon­sieur tout le monde ». Parce qu’en de­hors du rug­by, la route et les agres­sions ap­portent leurs lots quo­ti­diens de trau­ma­tismes au CHU.

La fé­dé­ra­tion a mul­ti­plié les an­nonces pour la sé­cu­ri­té des joueurs en dé­but de sai­son. Mais les clubs du Top 14 ont clai­re­ment dé­ci­dé d’être mo­teurs dans ce do­maine. ■

PHO­TO RÉ­MI DUGNE

RE­TOUR GA­GNANT. Res­té six mois éloi­gné des ter­rains, Sa­muel Ezea­la a brillé en ce dé­but de sai­son.

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