Les op­ti­ciens ré­sistent bien à In­ter­net

À Mont­lu­çon, la vente de lu­nettes en ligne n’im­pacte pas les op­ti­ciens tra­di­tion­nels

La Montagne (Montluçon) - - La Une - Ju­lia Cas­taing ju­lia.cas­taing@cen­tre­france.com

Peut-on faire confiance aux sites de vente de lu­nettes sur in­ter­net ? Pour les pro­fes­sion­nels de l’op­tique mont­lu­çon­nais, c’est im­pos­sible.

Les sites de vente de lu­nettes en ligne fleu­rissent et ont fait bais­ser les prix du mar­ché de­puis plu­sieurs an­nées. Le Pe­tit Lu­ne­tier, Sen­see, Hap­py­view, L’usine à lu­nettes, etc. ont cas­sé les codes du mar­ché de l’op­tique. Ils per­mettent de com­man­der en ligne à des prix plu­tôt at­trac­tifs.

Cer­tains sites se po­si­tionnent es­sen­tiel­le­ment sur l’as­pect de­si­gn et va­lo­risent les lu­nettes comme un ac­ces­soire de mode (Le Pe­tit Lu­ne­tier par exemple), d’autres sont plus axés sur l’as­pect mé­di­cal et pro­posent même des lu­nettes avec cor­rec­tion, di­rec­te­ment sur In­ter­net.

Les op­ti­ciens una­nimes

À Mont­lu­çon, les op­ti­ciens tra­di­tion­nels ont tous le même son de cloche quant à la vente de lu­nettes en ligne : « Ce n’est pas un pro­duit que l’on achète sur In­ter­net. Der­rière une paire de lu­nettes, il y a un vrai sa­voir­faire, une tech­ni­ci­té et un ser­vice après­vente in­com­pa­rable », ex­plique la res­pon­sable d’une grande en­seigne.

Se­lon Florent Chau­met, res­pon­sable du ma­ga­sin Atol : « Il ne faut pas faire des lu­nettes en fonc­tion du prix mais du be­soin ».

Ch­ris­tophe Le­vas­seur, res­pon­sable de Krys, rap­pelle que les op­ti­ciens passent une tren­taine de mi­nutes mi­ni­mum par client, sans comp­ter le ser­vice après­vente, ce qui n’est pas pos­sible à tra­vers un écran.

Cer­tains sites comme Sen­see pro­posent des es­sais de lu­nettes à do­mi­cile. Et Hap­py­view via la web­cam de l’or­di­na­teur. Pra­tique ? Pas se­lon les op­ti­ciens qui dé­plorent des ré­glages de mau­vaise qua­li­té (écart pu­pil­laire, branches par rap­port aux oreilles et l’écart du nez).

« Si un client casse ou perd ses lu­nettes, ça peut être une so­lu­tion d’ur­gence en at­ten­dant un ren­dez­vous chez l’oph­tal­mo­logue, ou s’il veut se faire plai­sir avec une jo­lie se­conde paire », ex­plique une en­tre­prise en ligne, qui ne sou­haite pas être ci­tée.

Un ar­gu­ment qui ne par­vient pas à convaincre Ca­the­rine Ar­ naud, gé­rante d’Op­tique La­fayette : « C’est un état d’es­prit, on n’ima­gine pas ache­ter son pain sur in­ter­net plu­tôt que chez le com­mer­çant du coin. »

Elle met éga­le­ment en avant la dif­fi­cul­té pour se faire rem­bour­ser par sa mu­tuelle lors d’un achat sur In­ter­net car les op­ti­ciens s’oc­cupent gé­né­ra­le­ment de toute la ges­tion ad­mi­nis­tra­tive pour le client.

« Les prix ne sont pas ex­ces­sifs car ce sont les mu­tuelles qui fixent les prix en te­nant compte du prix d’achat, de la ré­mu­né­ra­tion des em­ployés et d’un co­ef­fi­cient pour faire vivre le ma­ga­sin », sou­ligne Florent Chau­met, le gé­rant d’Atol. D’au­tant que les en­seignes ont toutes un pro­duit d’ap­pel entre 29 et 59 eu­ros, avec des verres de qua­li­té.

« Il ne faut pas faire des lu­nettes en fonc­tion du prix mais du be­soin »

Lu­nettes pour tous, c’est en­core un autre concept. Forts de sept bou­tiques dans les plus grandes villes fran­çaises, ils tendent à être pré­sents sur tout le ter­ri­toire et sou­haitent s’im­plan­ter à Cler­mont­Fer­rand. Avec leur slo­gan « Des lu­nettes à 10 eu­ros », l’en­tre­prise de Paul Mor­let, dans la­quelle Xa­vier Niel, le fon­da­teur de Free, a in­ves­ti, a cas­sé les prix.

« Nous es­ti­mons que tout le monde peut bé­né­fi­cier de lu­nettes, même ceux qui ont une mau­vaise mu­tuelle ou qui n’en ont pas du tout », ex­plique An­toine Ma­gnien, res­pon­sable de la com­mu­ni­ca­tion. Le sys­tème éco­no­mique est ba­sé sur la quan­ti­té des ventes, ce qui lui per­met de pra­ti­quer des prix bas.

Reste que les op­ti­ciens mont­lu­çon­nais ne semblent pas im­pac­tés par cette nou­velle forme de concur­rence. ■

PHO­TO FLO­RIAN SALESSE

LU­NETTES. Florent Chau­met, res­pon­sable du ma­ga­sin Atol sur le bou­le­vard de Cour­tais.

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