Set­forge Gau­vin met le tur­bo de­puis 2014

À La Mon­ne­rie­le­Mon­tel, l’en­tre­prise de forge (Groupe Fa­ri­nia) in­ves­tit et re­crute dans le sec­teur

La Montagne (Montluçon) - - Les Mardis De L'économie - Fran­çois Jaul­hac francois.jaul­hac@cenr­tre­france.com

Une ré­in­dus­tria­li­sa­tion réus­sie. De­puis 2014, Set­forge Gau­vin, à La Mon­ne­rie-leMon­tel, a pris le vi­rage de la ro­bo­ti­sa­tion pour se spé­cia­li­ser. Un pa­ri ga­gnant avec un chiffre d’af­faires qui pro­gresse.

Ou­blié le spectre de 2008 et cette fin d’an­née où Set­forge Gau­vin af­fi­chait une baisse d’ac­ti­vi­té de 40 %, avec des ses­sions de chô­mage par­tiel de deux se­maines chaque mois. L’en­tre­prise, fon­dée en 1934 au­tour de la cou­tel­le­rie avant de se spé­cia­li­ser dans le do­maine au­to­mo­bile au gré des ra­chats, de­vait mettre en place un plan de sau­ve­garde de l’em­ploi (PSE) en mars 2009, tom­bant à 99 sa­la­riés.

« Après quelques exer­cices dé­li­cats jus­qu’en 2014 », au­jourd’hui, l’his­toire a pris un autre tour­nant avec « la ré­in­dus­tria­li­sa­tion du site » et « le vi­rage de la ro­bo­ti­sa­tion », dé­crit Ch­ris­tophe SaintAn­dré, res­pon­sable RH. Avec le ra­chat par le groupe Fa­ri­nia, en mars 2009, « des in­ves­tis­se­ments très forts ont été faits dans toutes les so­cié­tés du groupe, pour per­mettre d’al­ler vers des pro­cess plus in­no­vants et cher­cher de nou­veaux mar­chés », ex­plique Ni­co­las Daulon, di­rec­teur de l’usine.

10 M€ in­ves­tis

Ain­si, 10 M€ ont été in­ves­tis dans de nou­velles lignes de fa­bri­ca­tion per­met­tant à l’usine, ins­tal­lée en zone de Ra­cine à La Mon­ne­rie­le­Mon­tel (Puyde­Dôme) et spé­cia­li­sée dans la forge à chaud, de pro­po­ser aus­si une forge à mi­chaud, « pour fa­bri­quer d’autres fa­milles de pièces ».

Des pièces dé­diées à 93 % à l’au­to­mo­bile via des équi­pe­men­tiers (Bosch et Del­phi), Re­nault, des fa­bri­cants de tur­bo­com­pres­seur ou l’ar­me­ment (des pièces liées aux ca­nons ou chars d’as­saut). Plus de 85 % de la pro­duc­tion est ex­por­tée. Avec 22.000 pièces pro­duites par jour, l’en­tre­prise fa­brique ain­si des élé­ments de châs­sis pour les Twin­go et Smart et d’autres, as­so­ciés, pour les Ta­lis­man et Es­pace, avec un chiffre d’af­faires en crois­sance : 16 M€ en 2017, 20 M€ at­ten­dus pour 2018 et 24 M€ en 2019. « Ce­la montre l’image d’une in­dus­trie qui n’est pas fi­nie. On y croit, on se dé­ve­loppe, on re­crute et on a de l’am­bi­tion », es­time Ni­co­las Daulon. Set­forge Gau­vin peut ain­si comp­ter sur son sa­voir­faire dans le do­maine des tur­bo­com­pres­seurs avec des pièces en acier in­oxy­dable, « un mar­ché très por­teur, dans l’es­sence, le die­sel ou l’hy­bride » mais aus­si une ex­per­tise dans le do­maine de la qua­li­té. « Toutes nos pièces sont contrô­lées une à une, vi­suel­le­ment et par ma­gné­ to­sco­pie ». Une en­ve­loppe de près de 800.000 € est pré­vue sur 2018­2019 pour in­ves­tir sur du contrôle se­mi­au­to­ma­tique. « Nous in­ves­tis­sons entre 1,2 et 1,4 M€ dans la so­cié­té », ajoute Ni­co­las Daulon. Des fonds aus­si pré­vus pour la re­mise en état du parc de ma­chines et des pro­jets nou­veaux.

Main-d’oeuvre

Face à ce­la, si l’en­tre­prise a un plan de for­ma­tion « am­bi­tieux, ce n’est pas suf­fi­sant ». Set­forge Gau­vin est ain­si confron­té à la pro­blé­ma­tique du re­cru­te­ment sur le bas­sin. Des be­soins sont ain­si res­sen­tis dans les mé­tiers d’usi­nage, en com­mande nu­mé­rique ou en main­te­nance des au­to­ma­tismes. En ef­fet, avec 90 sa­la­riés ac­tuel­le­ment, la so­cié­té a re­cours à 10 à 20 per­sonnes en in­té­rim sur l’an­née, avec des pics de mars à sep­tembre. Leur chance ? Même si le mé­tier a un an­crage an­cien, « il est de plus en plus adap­té aux jeunes à l’es­prit d’in­no­va­tion, avec des ro­bots, des pro­cess en plein dé­ve­lop­pe­ment et une in­dus­trie 4.0 à dé­ve­lop­per », as­sure Ni­co­las Daulon. ■

16 M€ en 2017, 24 M€ at­ten­dus en 2019

« On y croit, on se dé­ve­loppe, on re­crute et on a de l’am­bi­tion »

NI­CO­LAS DAULON Di­rec­teur de l’usine

PHO­TOS HER­VÉ CHELLÉ

FORGE. Le site de La Mon­ne­rie-le-Mon­tel conçoit prin­ci­pa­le­ment des com­po­sants d’in­jec­tion die­sel et es­sence (rails, corps de pompe, corps d’in­jec­teurs, têtes de cy­lindre…), des com­po­sants de tur­bo, des pièces de châs­sis, ain­si que des com­po­sants pour...

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