La com­mis­sion donne son feu vert

La Montagne (Moulins) - - France & Monde -

Me­sure la plus contro­ver­sée du bud­get 2018, la trans­for­ma­tion de l’ISF en im­pôt sur le seul pa­tri­moine im­mo­bi­lier a été vo­tée hier en com­mis­sion à l’As­sem­blée, avec des re­touches sur les biens os­ten­ta­toires, mal­gré de vives op­po­si­tions à gauche et des ré­serves à droite.

L’im­pôt de so­li­da­ri­té sur la for­tune, que paient au­jourd’hui 351.000 foyers au pa­tri­moine su­pé­rieur à 1,3 mil­lion d’eu­ros, se­ra rem­pla­cé par un « im­pôt sur la for­tune im­mo­bi­lière » (IFI). Va­leurs mo­bi­lières et pla­ce­ments (ac­tions, as­su­rance­ vie…) se­ront exemp­tés. Cette ré­forme de­vrait en­traî­ner un manque à ga­gner de près de 3,2 mil­liards d’eu­ros pour l’État. En 2016, l’ISF a rap­por­té près de 5 mil­liards.

Ob­jec­tif af­fi­ché : « Orien­ter l’épargne des gros pa­tri­moines vers le fi­nan­ce­ment des en­tre­prises », comme l’a plai­dé le rap­por­teur gé­né­ral Joël Gi­raud (LREM, is­su du PRG). La gauche dé­nonce « un ca­deau aux plus grosses for­tunes de France », comme l’a fait Fa­bien Rous­sel (PCF). À l’in­verse, des dé­pu­tés du Mo­Dem et de droite ont ap­pe­lé le gou­ver­ne­ment à « al­ler jus­qu’au bout » en sup­pri­mant l’ISF. L’im­pôt sur la for­tune im­mo­bi­lière les in­quiète.

Sans éteindre la po­lé­mique, les dé­pu­tés LREM ont vo­té la créa­tion, dans les deux ans, d’une mis­sion de sui­vi pour éva­luer « les ef­fets de la me­sure en terme d’in­ves­tis­se­ment dans les en­tre­prises et de ré­par­ti­tion des ri­chesses ».

Sur­tout, la ma­jo­ri­té a fait vo­ter, comme an­non­cé, des taxes sur « les signes os­ten­ta­toires de ri­chesse » ayant ali­men­té les cri­tiques. Pour Mi­chel Sa­pin (PS), « c’est du ca­che­sexe » et « on en re­vient à avant 1981 » sur les signes ex­té­rieurs… Pas­sion­né d’art et de mu­sique, il avait en­tre­pris son pre­mier voyage en Orient en 1865 et s’était mis à col­lec­tion­ner des ob­jets is­sus des ci­vi­li­sa­tions égyp­tienne, grecque, in­dienne, chal­déenne, chi­noise, ja­po­naise.

il in­vite la dan­seuse orien­tale à se pro­duire dans le mu­sée des études orien­tales qu’il a fon­dé à Pa­ris, en 1889 – l’ac­tuel mu­sée na­tio­nal des arts asia­tiques­Gui­met – et lui de­mande de prendre un nom d’ar­tiste. Margaretha Geertruida Zelle pro­pose ce­lui de Ma­ta Ha­ri, « oeil du jour », c’est­à­dire « so­leil » en hin­di. Brillant !

pour le moins aus­si fan­tasques qu’in­vé­ri­fiables, la « prin­cesse ja­va­naise » réus­sit à char­mer la haute so­cié­té. Ci­tée par l’his­to­rienne Ga­briel­la Asa­ro, l’écri­vain Co­lette dit d’elle, en par­faite connais­seuse : « Elle ne sa­vait guère dan­ser, mais elle sa­vait se dé­vê­tir pro­gres­si­ve­ment et mou­voir un long corps bis­tré, mince et fier ». Tout un pro­gramme.

où elle donne des spec­tacles à Ma­drid, Monte Car­lo, Ber­lin, La Haye, Vienne, Ma­ta Ha­ri, do­tée d’un pas­se­port néer­lan­dais, donc d’un pays neutre, peut pour­suivre ses tour­nées dans un conti­nent mis à feu et à sang par la Pre­mière Guerre. Mais c’est à Pa­ris qu’elle tombe amou­ reuse, à 40 ans, en 1916, d’un of­fi­cier russe de 21 ans…

est hos­pi­ta­li­sé en Lor­raine et pour lui rendre vi­site, la dan­seuse en­voû­tante doit, semble­t­il, pro­mettre d’es­pion­ner le prince hé­ri­tier de l’Em­pire al­le­mand, qu’elle connaît bien. Elle s’em­barque pour les Pays­Bas et de là gagne l’Al­le­magne… Mais l’In­tel­li­gence Ser­vice bri­tan­nique met la main sur Margaretha Geertruida Zelle lors d’une es­cale et elle doit ga­gner Ma­drid. Où elle sé­duit l’at­ta­ché mi­li­taire de l’am­bas­sade al­le­mande, qui trans­met évi­dem­ment des ren­sei­gne­ments à Ber­lin, dans les­quels il évoque « l’agent H21 ».

Ma­ta Ha­ri re­gagne Pa­ris pour re­trou­ver son amant russe dé­but jan­vier 1917. La police, ve­nue l’ar­rê­ter en fé­vrier, la voit sor­tir nue de son bain. Mais l’éro­tisme ne marche pas et, soup­çon­née d’être le fa­meux « agent H21 », elle est ju­gée à huis clos. Dans une France sous pres­sion, le 3e con­seil mi­li­taire la re­con­naît cou­pable d’in­tel­li­gence avec l’en­ne­mi.

face au pe­lo­ton d’exé­cu­tion, elle re­fuse un ban­deau et lance un bai­ser aux sol­dats. « Ah, que j’aime les mi­li­taires ! », chan­tait la Grande­Du­chesse de Gé­rol­stein. Elle pé­tillante comme du cham­pagne.

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