Le die­sel a de moins en moins la cote sur­tout en ville

L’aug­men­ta­tion des ventes des mo­to­ri­sa­tions es­sences se fait sen­tir sur les pe­tits vé­hi­cules

La Montagne (Moulins) - - La Une - Yvan Guil­hot

Avec le die­sel­gate, l’aug­men­ta­tion des taxes et la me­nace de fer­me­ture des cen­tres­villes, les vé­hi­cules à es­sence sont de plus en plus pri­sés... Du moins dans les grandes villes. En mi­lieu ru­ral, la si­tua­tion est plus contras­tée.

Au ni­veau na­tio­nal, les vé­hi­cules à es­sence ont re­pré­sen­té plus de la moi­tié des ventes de voi­tures neuves en 2016. Chez les conces­sion­naires de l’ag­glo­mé­ra­tion mou­li­noise en re­vanche, la si­tua­tion est en­core fa­vo­rable aux voi­tures rou­lant au die­sel.

« Dans l’oc­ca­sion, je n’ob­serve pas de plon­gée des prix, que ce soit pour les ci­ta­dines ou les ber­lines. En moyenne, nous ven­dons 70 % de die­sel contre 30 % d’es­sence », in­dique Pas­cal Buis­son, res­pon­sable com­mer­cial du site de l’en­tre­prise 3B Au­to­mo­bile à Yzeure.

Rap­port in­verse

Pour ce pro­fes­sion­nel, les mo­teurs die­sels ont en­core de beaux jours de­vant eux. « Dans le monde ru­ral dans le­quel nous vi­vons, les gens qui prennent leur voi­ture tous les jours pour al­ler tra­vailler et ont une moyenne an­nuelle d’au moins 22.000 km n’ont pas du tout une uti­li­sa­tion conforme à celle d’un es­sence. »

Chez Ci­troën à Mou­lins, le constat n’est pas le même et la mon­tée en puis­sance de l’es­sence semble bien réelle. « Dans le neuf, l’aug­men­ta­tion des ventes d’es­sence est cer­tain. Ce­la fait un an que nous nous sommes aper­çu du changement. Dans notre gamme C3 (N.D.L.R la ci

ta­dine), le rap­port s’est to­ta­le­ment in­ver­sé. Quand je ven­dais 18 die­sels pour deux es­sences, c’est main­te­nant 19 es­sences. On commence à res­sen­tir ce changement en C4 (N.D.L.R la

ber­line) », dé­taille Bru­no Bous­quet, conseiller com­mer­cial en vé­hi­cules neufs. Sur l’ar­ron­dis­se­ment de Mou­lins, l’aug­men­ta­tion de la de­mande en vé­hi­cules es­sence se concentre par­ti­cu­liè­re­ment sur des pe­tites cy­lin­drées… et des pe­tits bud­gets.

Pe­tits bud­gets

« Les gens cherchent sou­vent des es­sences pour des pe­tits bud­gets, à moins de 5.000 €. Ce sont par­fois des pro­prié­taires de vieux die­sel qui ont peur d’être sur­taxés ou des per­sonnes qui pos­sé­daient un die­sel mais n’en avaient pas l’uti­li­té », ana­lyse Jé­rôme Per­ri­chon, com­mer­cial oc­ca­sion chez Re­nault.

Une ana­lyse par­ta­gée par Do­mi­nique Chau­vin. Pour le pré­sident du Conseil na­tio­nal des pro­fes­sion­nels de l’au­to­mo­bile de l’Al­lier, « à une époque nous avons ache­té des die­sels n’im­porte com­ment, avec des prix at­trac­tifs à la pompe. Au­jour­ d’hui l’ef­fet est to­ta­le­ment in­verse ». Pas­cal Mar­tin, res­pon­sable du site Ford de Mou­lins, note, lui, un ef­fet dé­mo­gra­phique, « nous sommes dans une ré­gion vieillis­sante. Des au­to­mo­bi­listes qui roulent de moins en moins peuvent se rap­pro­cher de l’es­sence pour cette rai­son ».

Que ce soit pour avoir une uti­li­sa­tion conforme aux be­soins du foyer ou évi­ter des taxes, les rai­sons éco­no­miques ar­rivent lar­ge­ment de­vant les ques­tions en­vi­ron­ne­men­tales. Dans ce do­maine, entre un die­sel moins pol­luant en CO2 (­20 %) mais bien su­pé­rieur en oxydes d’azote, des par­ti­cules fines can­cé­ri­gènes, l’avan­tage semble al­ler à l’es­sence.

PHOTO PHI­LIPPE BIGARD

CHANGEMENT. Ber­nard Jac­quy (à droite) pro­prié­taire d’un die­sel a choi­si de rem­pla­cer sa voi­ture par le même mo­dèle en es­sence. Pour ce re­trai­té, ici en com­pa­gnie de Lio­nel Bar­bier le di­rec­teur de la conces­sion Re­nault, avec 8.000 km par an, le choix s’est fait na­tu­rel­le­ment.

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