Le concu­bin violent condam­né à six mois ferme

La Montagne (Moulins) - - La Une -

Un homme de 26 ans a été condam­né à douze mois de pri­son dont six mois avec sur­sis et mise à l’épreuve pour avoir vio­len­té sa com­pagne au moins à deux re­prises, à leur do­mi­cile à Avermes.

CMa­thilde Du­cha­telle e n’est pas clair, même au bout d’une heure d’au­dience au tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Mou­lins. Ses bleus à elle sont­ils le fait de son concu­bin ou viennent­ils, comme elle l’af­firme el­le­même haut et fort à la barre, de chutes, de coups au­to­in­fli­gés ou de sa mal­adresse ? Et ce, après s’être fait prier car elle ne « veut pas té­moi­gner contre lui ».

« J’ai ra­con­té des his­toires »

Certes, lui et elle se mettent au moins d’ac­cord sur un fait de vio­lence conju­gale, le 13 oc­tobre. À l’is­sue d’une énorme dis­pute, dont le couple, parent d’un bé­bé d’un an, semble être cou­tu­mier, il lui a don­né un grand coup de pied à la cuisse, oc­ca­sion­nant 10 jours d’in­ca­pa­ci­té to­tale de tra­vail (ITT). Mais pour le reste – at­tes­té par des au­di­tions (elle, une voi­sine, son père) et des cer­ti­fi­cats mé­di­caux, dont un de 2015 et un autre da­tant du 2 oc­tobre (15 jours d’ITT) – elle dit que « tout est faux » : « J’ai ra­con­té des his­toires. J’ai vou­lu me ven­ger de ce qu’il m’avait fait [il est tou­jours en contact très étroit avec son ex] et le faire pas­ser pour le mé­chant. Pour un rien, j’ai des bleus ». Lui « re­grette » ce qu’il a

fait : « La pri­son m’a fait ré­flé­chir [il est in­car­cé­ré de­puis un mois]. Ar­rê­ter l’al­cool et le can­na­bis [il en était à 5 à 10 joints par

jour] me fait énor­mé­ment de bien. Je veux re­par­tir sur de bonnes bases, pour ma femme et mon fils ».

Pour la pro­cu­reure, Em­ma­nuelle Fre­don, l’af­faire, « un mau­vais scé­na­rio », avec « de mau­vais ac­teurs » ne fait pas un pli : « C’est tris­te­ment ré­vé­la­teur d’une si­tua­tion de vio­lence conju­gale lamb­da. La vic­time, dont l’im­ma­tu­ri­té est pa­tente, n’a pas conscience de la gra­vi­té de ce qu’elle su­bit. Contre l’évi­dence. Elle est frap­pée, elle le sait, il le sait. C’est une si­tua­tion mal­heu­reu­se­ment connue. Et les ju­ri­dic­tions ne doivent pas être trom­pées par les conflits de loyau­té ».

« La pri­son l’a chan­gé »

Quand la re­pré­sen­tante du mi­nis­tère pu­blic re­quiert dix­huit mois de pri­son dont six mois de sur­sis avec mise à l’épreuve pen­dant deux ans, Me Clu­zy, dé­fen­seure du concu­bin, bon­dit de son siège : « Mon client n’est pas ce co­gneur qui ne s’oc­cu­pe­rait pas de son pe­tit. La pri­son l’a chan­gé. Ne le lais­sez pas y res­ter trop long­temps. Les obli­ga­tions de soin et de tra­vail, c’est ça qui lui fe­ra le plus grand bien ».

Le jeune homme, qui est re­par­ti en pri­son, a été condam­né, pour l’in­té­gra­li­té des faits re­pro­chés, à douze mois de pri­son dont six mois avec sur­sis et mise à l’épreuve, avec obli­ga­tion de soins, de tra­vail ou de for­ma­tion, et au paie­ment des frais de pro­cé­dure.

PHOTO D’ILLUS­TRA­TION

TÉMOIGNAGE. La vic­time, ve­nue au tri­bu­nal avec la fa­mille de son concu­bin, ne vou­lait pas té­moi­gner contre lui. Elle a dû quand même ré­pondre aux ques­tions.

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