« Nous sommes dans la vraie vie »

Le dé­lé­gué gé­né­ral de LaREM veut prou­ver que le mou­ve­ment n’est pas fan­tôme

La Montagne (Moulins) - - 7 Joursfrea N Np Ce & Ol Itiqmuoende Actualités - Flo­rence Ché­do­tal flo­rence.che­do­tal@cen­tre­france.com

La ren­trée, ad­met-il, est un peu mou­ve­men­tée. Après avoir an­non­cé ven­dre­di les grandes dates à ve­nir de LaREM, Ch­ris­tophe Cas­ta­ner ex­plique ses am­bi­tions pour le mou­ve­ment qui doit sur­vivre à Em­ma­nuel Ma­cron.

Le dé­lé­gué gé­né­ral de la Ré­pu­blique en Marche Ch­ris­tophe Cas­ta­ner veut don­ner des preuves de vie de son mou­ve­ment.

■ Vous in­sis­tez pour que l’on ne parle pas de « par­ti », mais de « mou­ve­ment » LaREM. Pour­quoi ?

Quand nous l’avons créé, nous n’avons pas cher­ché à co­pier, ni même pré­ten­du faire mieux que les par­tis po­li­tiques. Nous avons vou­lu faire dif­fé­rem­ment. Sou­vent, un par­ti n’est qu’un ou­til pour la conquête du pou­voir. Notre mou­ve­ment ci­toyen, même s’il est vrai que ce­la peut par­tir un peu dans tous les sens, est un mou­ve­ment en mou­ve­ment. Il y a une forme de li­ber­té qui peut dé­rou­ter car ce n’est pas l’ha­bi­tude. Jus­te­ment nous re­fu­sons les ha­bi­tudes.

■ Mais le re­vers, c’est l’ab­sence de char­pente. Ne se­rait-il pas temps de bâ­tir un socle idéo­lo­gique ?

Nous sommes cons­cients qu’un mou­ve­ment comme LaREM, construit au­tour de la per­sonne d’Em­ma­nuel Ma­cron, peut dis­pa­raître. Mon ob­jec­tif – je vais être pro­vo­ca­teur – c’est de pré­pa­rer l’après­Ma­cron ou le sans­Ma­cron. Ce­la consiste à tra­vailler d’abord à la struc­tu­ra­tion lo­cale de notre mou­ve­ment no­tam­ment par les mu­ni­ci­pales. Il s’agit éga­le­ment de for­ma­li­ser la doc­trine du mou­ve­ment. Ain­si, nous or­ga­ni­sons le 20 oc­tobre pro­chain un col­loque in­ter­na­tio­nal sur le pro­gres­sisme. L’idée est de fixer les grands fon­da­men­taux qui guident notre ac­tion.

■ Les eu­ro­péennes ap­prochent. Un son­dage vous met

au coude-à-coude avec le

RN… Mé­fions­nous des son­dages, même si nous sommes se­lon ce­lui­ci la pre­mière force po­li­tique, ce qui n’est pas mal pour un mou­ve­ment âgé de deux ans. Faut­il aus­si rap­pe­ler que le Front na­tio­nal fait 4 points de moins qu’aux pré­cé­dentes eu­ro­ péennes… Je me sou­viens d’un 12 juillet 2016 où un cer­tain Em­ma­nuel Ma­cron af­fir­mait son re­fus de voir le FN en tête des élec­tions pré­si­den­tielles. Per­sonne n’y croyait : il a réus­si.

■ Il y a l’épreuve du pou­voir. Que ré­pon­dez-vous à ceux qui se disent dé­çus ? Qui évoquent un fonc­tion­ne­ment

opaque ? J’en­tends cette pe­tite mu­sique d’un mou­ve­ment qui irait mal, mais ce­la ne cor­res­pond pas à la réa­li­té. Chaque jour, les adhé­sions sont nom­breuses. En août, alors que les gens ont autre chose à pen­ser que re­joindre LaREM, ce sont 531 adhé­sions net. Bien sûr, il y a moins de dy­na­misme que pen­dant une cam­pagne élec­to­rale et bien en­ten­du, il y a des choses qui ne vont pas, je ne le conteste pas.

■ Comme ?

Il faut com­pen­ser nos fai­blesses. Parce que notre re­pré­sen­ta­ti­vi­té n’est pas conforme à celles et ceux qui font la France, nous lan­çons « ac­tion ta­lents », pour re­cru­ter 1.000

ta­lents dans les quar­tiers. L’idée aus­si est de ne pas s’en­fer­mer entre cadres pour faire une uni­ver­si­té d’été. Voi­là pour­quoi nous dé­lo­ca­li­sons notre ren­trée des 29 et 30 sep­tembre avec des évé­ne­ments dans toute la France. ■ Le MoDem a ta­pé du pied cette se­maine. Vous l’aviez

un peu ou­blié ? J’ai tou­jours dit que nous avions deux socles, dans notre mai­son com­mune. Avant Noël, je di­sais dé­jà dans une in­ter­view que nous avions pu faire preuve d’ar­ro­gance à l’égard de nos par­te­naires. J’échange ré­gu­liè­re­ment avec Fran­çois Bay­rou. En vue des eu­ro­péennes, je sou­haite confor­ter cette al­liance, et même élar­gir.

■ À qui pen­sez-vous ? Aux ra­di­caux, à Agir, à l’UDI, aux ré­pu­bli­cains proches d’Alain Jup­pé… Tous ceux qui par­tagent notre vi­sion de l’Eu­rope. Il faut s’unir face au risque de mort de l’Eu­rope. « » ■ L’exé­cu­tif souffre dans les son­dages. Il y a eu les af­faires. N’est-il pas par­fois dif­fi­cile de tout as­su­mer ? Je ne vais pas vous dire que cette ren­trée est fa­cile. Quand vous êtes dans l’op­po­si­tion, chaque jour, vous pou­vez pro­mettre le Grand Soir. Nous, nous sommes dans la réa­li­té de l’exer­cice du pou­voir, dans la vraie vie. ■

Mon ob­jec­tif, c’est de pré­pa­rer l’après­Ma­cron ou le sansMa­cron.

PHO­TO AFP

CH­RIS­TOPHE CAS­TA­NER. « Je veux faire de La Ré­pu­blique en Marche le mou­ve­ment du réel », a af­fir­mé Ch­ris­tophe Cas­ta­ner, ven­dre­di, lors de la confé­rence de ren­trée du mou­ve­ment.

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