Les Au­ver­gnats poussent les portes du patrimoine

La Montagne (Riom) - - Grand Angle Grand Angle - Si­mon An­to­ny si­mon.an­to­ny@cen­tre­france.com

Chaque an­née, 12 mil­lions de Fran­çais par­ti­cipent aux Jour­nées du patrimoine. Après les 8.000 vi­si­teurs de l’Hô­tel-dieu l’an­née der­nière, le pu­blic s’est mieux ré­par­ti cette an­née.

C’est une porte toute simple qui s’ouvre. Une ving­taine de vi­si­teurs s’en­gouffrent. Re­gards éton­nés. « J’ima­gi­nais ça plus char­gé, plus so­len­nel. » Pour­tant, nous sommes bien dans le bu­reau du pré­fet. Mais pas de dos­siers ins­crits « Se­cret dé­fense » ou de té­lé­phone rouge pour joindre di­rec­te­ment Mos­cou.

C’est aus­si ça les Jour­nées du patrimoine : mettre fin à quelques fan­tasmes en pous­sant ces portes tou­jours fer­mées au pu­blic. Ar­ri­vé il y a douze jours seule­ment, Jacques Billant est le pre­mier pré­fet d’Au­vergne à ou­vrir son bu­reau. « Après tout, le pré­sident de la Ré­pu­blique fait bien vi­si­ter le sien. Pour moi, c’est na­tu­rel de faire les vi­sites moi­même. Je tra­vaille pour les gens. Je l’ai tou­jours fait. » À ces mots, un homme s’ex­tirpe du pu­blic : « C’est vrai. D’ailleurs, l’an der­nier j’étais en Gua­de­loupe quand vous fai­siez vi­si­ter vos bu­reaux au pu­blic. » Et l’homme, preuve à l’ap­pui, de faire dé­fi­ler ses photos.

Un tun­nel sous la pré­fec­ture

Se sen­tir proche de ce qui nous pa­raît éloi­gné. Mettre fin à quelques fan­tasmes… et en ali­men­ter d’autres. Comme ce tun­nel qui passe sous le bou­le­vard De­saix pour re­lier la pré­fec­ture à son nou­veau bâ­ti­ment. Ap­prendre qu’un pré­fet n’a pas le droit de quit­ter plus de 24 heures son dé­par­te­ment. Et ce, tout le temps de sa car­rière. Le patrimoine, ce sont par­fois des hommes et des femmes, tout sim­ple­ment.

C’est ain­si qu’hier, les Cler­mon­tois ont dé­fi­lé. À l’Hô­tel de Ville ou à l’opé­ra pour les do­rures. Aux Ga­le­ries La­fayette ou à la ca­thé­drale pour dé­chi­rer le voile du quo­ti­dien. À la Coo­pé­ra­tive de Mai ou à l’Hô­tel Font­freyde pour dé­cou­vrir l’his­toire contem­po­raine et le patrimoine de de­main.

Tou­jours une émotion au mo­ment de pé­né­trer dans ces lieux. En par­ti­cu­lier du cô­té du stade Phi­lip­peMar­combes où un der­nier hom­mage au vé­lo­drome était ren­du. Un der­nier tour de piste de vé­hi­cules an­ciens avant le dé­but des tra­vaux.

Il suf­fit d’ou­vrir ses portes pour at­ti­ser la cu­rio­si­té des vi­si­teurs. Qui au­rait pen­sé que bus et tram­way sus­ci­te­raient au­tant d’in­té­rêt ? Et pour­tant, chaque an­née, les listes d’at­tente sont longues pour vi­si­ter le dé­pôt de la T2C et du SMTC. Au point de re­fu­ser l’ac­cès à la presse. Et peu im­porte si le té­lé­phone du ser­vice presse sonne dans le vide de­puis plu­sieurs jours. « Vous avez des se­crets d’État ici ? » Un peu dé­pi­té, le res­pon­sable de la sé­cu­ri­té souffle : « C’est à se de­man­der… » Oui, à se de­man­der, sur­tout quand on voit un couple quit­ter les lieux la tête basse. « On vient de Hau­ te­Sa­voie ex­près et on ne sa­vait pas qu’il fal­lait s’ins­crire. »

Tous les pa­tri­moines ne sont pas aus­si ac­ces­sibles que le bu­reau du pré­fet. ■

➔ Au­jourd’hui. Les Jour­nées du patrimoine conti­nuent au­jourd’hui. Tout le pro­gramme sur le site de la ville www.cler­mont-ferrand.fr

PHOTOS THIER­RY NI­CO­LAS

STADE PHI­LIPPE-MAR­COMBES. Der­nier tour de piste de vé­hi­cules an­ciens avant le dé­but des tra­vaux au vé­lo­drome.

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