Quand l’on « nous bas­sine »...

La Montagne (Riom) - - Riom - Ga­vin’s Cle­mente Ruiz

C’est vrai, ça ! Quand quel­qu’un nous énerve, on peut ra­pi­de­ment mon­ter dans les tours et lui dire ses quatre vé­ri­tés ! Qu’est­ce qu’il nous bas­sine ce­lui­là ! Oui, mais quel rap­port en­core une fois entre la bas­sine et l’éner­ve­ment res­sen­ti ? Une fois n’est pas cou­tume, plu­sieurs ori­gines pos­sibles pour cette ex­pres­sion.

Cha­ri­va­ris

L’une d’entre elles re­monte au XIIIe siècle à l’époque où le « ba­cin » comme on l’écri­vait alors était un ré­ci­pient de cuivre qui était uti­li­sé comme un tam­bour pour an­non­cer di­vers évé­ne­ments. Je vous laisse de­vi­ner le bruit sur l’ob­jet en cuivre et vous in­vite à croire qu’il n’y avait rien de bien heu­reux dans ces sons ! C’est aus­si grâce à ce « ba­cin » qu’on fai­sait du bou­can lors des cha­ri­va­ris, les an­cêtres des en­ter­re­ments de vie de jeune fille ou de gar­çon.

On re­trouve par exemple la trace de ce bruit dans les cas­se­roles at­ta­chées à l’ar­rière de la voi­ture des jeunes ma­riés.

On le com­prend, bas­si­ner quel­qu’un, avec le temps, c’est faire un bruit in­sup­por­table, des­ti­né à vite éner­ver la per­sonne vic­time de ce son. Une autre ex­pli­ca­tion a rap­pe­lé la si­mi­li­tude du bas­sin et de la bas­si­noire avec la­quelle on fai­sait ré­chauf­fer (ou par­fu­mer) les draps des lits avant de s’en­dor­mir. Cette bas­si­noire en mé­tal avec son long manche pour al­ler dans tous les pe­tits coins du lit se chauf­fait grâce aux nom­breuses braises glis­sées à l’in­té­rieur.

Ce pe­tit temps d’échauf­fe­ment qui mon­trait les fu­mées sor­tir de la bas­si­noire au­rait quelques si­mi­li­tudes avec une tête qui s’échauffe en en­ten­dant les pro­pos d’au­trui. Tout aus­si ima­gé ! ■

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