Tous der­rière, Laurent Wau­quiez de­vant

■ Les élus Les Ré­pu­bli­cains du dé­par­te­ment votent pour le pré­sident de Ré­gion

La Montagne (Riom) - - Puy-De-Dôme - Jean-Paul Gon­deau

Élu, for­cé­ment élu Laurent Wau­quiez… Cette évi­dence s’est af­fer­mie en consul­tant les per­son­na­li­tés dé­par­te­men­tales des Ré­pu­bli­cains : leur fu­tur pa­tron, c’est Wau­quiez. « Le chef qui sait chef­fer », nous di­ra l’un… Sans que l’on soup­çonne chez lui et chez d’autres un res­pect tem­pé­ré par l’ironie et l’op­por­tu­nisme.

Pour ne pas in­sul­ter le sa­cro­saint prin­cipe du choix dé­mo­cra­tique ou par simple su­per­sti­tion, per­sonne ne vous di­ra que le vote n’est qu’une for­ma­li­té et que les ca­rottes sont ul­tra­cuites. Mais au­cune des per­son­na­li­tés puy­dô­moises du par­ti ne croit à l’in­ima­gi­nable, à l’abra­ca­da­bran­tesque : que Laurent Wau­quiez ne soit pas élu pré­sident des Ré­pu­bli­cains le 10 dé­cembre, voire le 17 s’il y a bal­lot­tage… Der­nière éven­tua­li­té que l’in­té­res­sé vi­vrait comme un ca­mou­flet.

Pre­nez le sé­na­teur JeanMarc Boyer qui se dé­fend par ailleurs de toute al­lé­geance : « Je ne suis pas de la droite dure mais de la droite clas­sique et Wau­quiez n’est pas mon gou­rou… Je suis der­rière lui parce qu’il est plus so­cial qu’on ne le pense. Il sau­ra ras­sem­bler la fa­mille en éla­bo­rant un pro­jet éco­no­mique et so­cial ».

Le conseiller ré­gio­nal Jean­Pierre Bre­nas s’in­cline de­vant les deux autres can­di­dats Flo­rence Por­tel­li et Maël de Ca­lan : « Eux ont le cou­rage d’y al­ler alors que Va­lé­rie Pé­cresse et Xa­vier Ber­trand n’en ont pas eu ! Je constate que les mé­dias tapent plus sur Wau­quiez qu’ils n’ont ta­pé sur Sar­ko mais lui, au moins, parle des classes moyennes et de la li­mite où l’on doit pla­cer le cur­seur entre so­li­da­ri­té et as­sis­ta­nat. Wau­quiez montre qu’il n’y a pas de su­jet pré­emp­té par le FN comme l’im­mi­gra­tion et l’is­la­misme ».

Bon pré­sident de ré­gion fe­ra bon pré­sident de LR, se­lon la conseillère ré­gio­nale et maire de SaintE­loy­les­Mines, Ma­rieT­hé­rèse Si­ko­ra : « Il aide les pro­jets des col­lec­ti­vi­tés, les maires sont ra­vis, et il re­pré­sente la nou­velle gé­né­ra­tion… Il se­ra élu sans pro­blème mais pas par une ma­jo­ri­té écra­sante ».

Pro­nos­tic in­tui­tif que ne re­prend pas à son compte Fré­dé­ric Bon­ni­chon, conseiller ré­gio­nal et maire de Châ­tel­Guyon. Ce Jup­péiste dé­çu a fait son deuil : « Vo­ter Laurent Wau­quiez re­lève du prin­cipe d’ef­fi­ca­ci­té et de réa­li­té. Le rôle d’un chef, c’est de ras­sem­bler sur le coeur de cible avant d’ou­vrir. Il sau­ra faire, il a le re­cul et l’in­tel­li­gence né­ces­saires ».

Le pré­sident d’Au­ver­gneR­hône­Alpes est seul au monde… LR pour Chris­tophe Serre, maire de Tau­ ves et dé­lé­gué LR de la 3e cir­cons­crip­tion : « Il est le seul chef émer­geant à droite dans sa fa­çon d’exer­cer la po­li­tique et dans ses ré­sul­tats au ni­veau ré­gio­nal ».

Un pa­tron, certes, mais en­core mieux aux yeux de Ber­trand Bar­raud, le maire d’Is­soire : « Pour moi, c’est avant tout le choix de l’ami­tié. Je consi­dère que Laurent est ce­lui qui a le plus d’ex­pé­rience et de cha­risme de tous les can­di­dats ». Ber­trand Bar­raud, qui eut pour charge d’or­ga­ni­ser la cam­pagne de Fran­çois Fillon dans le dé­par­te­ment, ne craint pas l’abs­ten­tion, han­tise d’un par­ti trau­ma­ti­sé par la chute en plein vol de l’exP­re­mier mi­nistre : « Je pense que les adhé­rents sont au contraire dans l’at­tente… Ils vivent tou­jours avec im­pa­tience ces mo­ments­là, d’au­tant qu’on a vrai­ment là une tête qui do­mine ».

My­riam Fou­gère, maire d’Ambert, condense à elle seule les rai­sons pour les­quelles Laurent Wau­qiez est plé­bis­ci­té par son camp : « Il est dans l’ac­tion, il fait ce qu’il dit. De nos jours il est im­por­tant que des hommes po­li­tiques soient ca­pables de faire ce qu’ils an­noncent ».

De tous les élus LR in­ter­ro­gés, seul Jean Al­bi­set­ti, maire de Ger­zat, nous lais­se­ra dans le brouillard : « J’ai une pe­tite pré­fé­rence mais je n’en di­rai pas plus parce que je ne veux pas que ce choix po­li­tique in­ter­fère avec ce qui m’est im­por­tant : l’in­té­rêt gé­né­ral de ma com­mune. C’est mon der­nier man­dat, je vais avoir 79 ba­lais dans quelques mois et je veux fi­nir en beau­té au ser­vice des Ger­za­tois ».

Si Brice Hor­te­feux adoube comme de bien en­ten­du ce­lui qui l’a nom­mé vice­pré­sident ré­gio­nal en charge de l’Au­vergne, il faut l’écou­ter at­ten­ti­ve­ment : « Je le sou­tiens afin de construire en­semble une droite forte, po­pu­laire et so­ciale. Dans une dé­mo­cra­tie, il doit exis­ter une ma­jo­ri­té qui gou­verne et une op­po­si­tion qui cri­tique, qui pro­pose pour l’ave­nir, qui ap­prouve le gou­ver­ne­ment quand il le faut ».

Plus construc­tif qu’il n’en a l’air l’an­cien mi­nistre de l’In­té­rieur ? Il pour­suit : « C’est le tra­vail que nous al­lons en­ga­ger avec Laurent Wau­quiez… ». Au­tant dire que pour Brice Hor­te­feux, lap­sus éclai­rant, les jeux sont faits et que le pré­sident d’Au­vergne Rhône­Alpes coif­fe­ra le 10 ou le 17 dé­cembre une deuxième cas­quette de pré­sident… En rê­vant d’une troi­sième en 2022 ? ■

« Il est dans l’ac­tion, il fait ce qu’il dit »

PHO­TO RI­CHARD BRUNEL

AM­BI­TIONS. Pour Laurent Wau­quiez, une deuxième cas­quette de pré­sident… en es­pé­rant une troi­sième en 2022 ?

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.