L’Ate­lier Per­ce­val dé­voile sa cu­vée 2017

■ L’en­tre­prise thier­noise a dé­ve­lop­pé son pre­mier som­me­lier, qui mêle his­toire et mo­der­ni­té

La Montagne (Thiers-Ambert) - - Thiers Vivre Sa Ville - Alice Che­vrier alice.che­vrier@cen­tre­france.com

La cou­tel­le­rie Per­ce­val dé­voile une nou­velle créa­tion. Un cou­teau som­me­lier qui dé­clare tout son amour pour les grands vins.

De­main, il se­ra pré­sen­té à Lyon, le 22 no­vembre à Bor­deaux, le 28 à Pa­ris. Per­ce­val sort un nou­veau pro­duit : son pre­mier som­me­lier. Un « évé­ne­ment » pour l’en­tre­prise, « su­per émou­vant », confie son chef, Yves Charles. « Le vin fait par­tie de l’ADN de Per­ce­val, re­prend le pa­tron de la cou­tel­le­rie thier­noise et an­cien chef étoi­lé à Pa­ris. Pour rap­pel, son best­sel­ler s’ap­pelle le 9.47, qui cor­res­pond au de­gré al­coo­lique pré­cis d’une cu­vée de vin d’Au­vergne de Sté­phane Ma­jeune. »

L’abou­tis­se­ment de ce pro­jet est d’au­tant plus mar­quant que l’idée mû­rit de­puis plu­sieurs longues an­nées. « J’avais la vi­sion de vieux som­me­liers, à l’image du mo­dèle de la fin du XIXe siècle dé­ve­lop­pé par Karl Wienke. Il pos­sède une mèche hé­li­coï­dale, alors qu’au­jourd’hui, les mèches sont qua­si­ment toutes en queue­de­co­chon. On a mis presque dix ans à trou­ver la bonne per­sonne qui pour­rait la fa­bri­quer. Les prix de réa­li­sa­tion exor­bi­tants condam­naient com­mer­cia­le­ment jusque­là ce som­me­lier. Un sous­trai­tant thier­nois nous a ap­por­té une so­lu­tion. »

Dix ans de re­cherche, donc, puis deux ans de mise au point, et 30.000 € d’in­ves­tis­se­ment, pour al­lier l’his­toire au de­si­gn mo­derne. Un ré­sul­tat ren­du pos­sible par la col­la­bo­ra­tion entre Yves Charles et ses « dé­si­rs », Jean­Pierre Su­che­ras et ses « pré­cieux conseils » de double Meilleur ou­vrier de France en cou­tel­le­rie, et Fran­çois Tous­saint, ou­vrier de Per­ce­val en charge de la concep­tion des pro­duits. « Le re­gard est dif­fé­rent, l’in­té­rêt est le même », ana­lyse Yves Charles.

À la re­cherche de l’élé­gance, le som­me­lier de Per­ce­val a une lame sans on­glet (en­taille qui aide à l’ou­vrir), un cra­paud (par­tie qui sert à faire le­vier) pin­cé qui entre dans le corps du cou­teau, alors que la plu­part des mo­dèles sont ex­té­rieurs, et une mèche hé­li­coï­dale. « Au­jourd’hui, ce genre de mèches ne sont faites qu’en pièces uniques par des pe­tits ar­ti­sans. En in­dus­triel en France, on n’en a pas », ob­serve Fran­çois Tous­saint. Au­de­là de son es­thé­tique qu’il trouve « splen­dide », Yves Charles y voit aus­si d’autres pro­prié­tés : « je suis in­ti­me­ment per­sua­dé que les mèches hé­li­coï­dales pro­voquent moins de pres­sion que les queues­de­co­chon, et plus il y a de pres­sion, plus le bou­chon va être em­pê­ché de sor­tir, plus il a de chance de cas­ser. » Il sa­voure « le simple plai­sir de l’in­tro­duire à l’in­té­rieur du bou­chon ».

Dix ans de re­cherche, deux ans de créa­tion

Des manches en bois rou­gi par une cu­vée de vin na­ture

Pour le manche, six bois ont été choi­sis : l’ébène blanc d’Asie du Sud­Est, l’ébène noir du Ga­bon, le bois de ser­pent de Guyane fran­çaise, l’amou­rette du Su­ri­name, le pis­ta­chier du pourtour mé­di­ter­ra­néen et le fût de chêne, mais pas n’im­porte le­quel. « Il s’agit de la par­tie in­té­rieure du ton­neau dans la­quelle Georges Des­combes a fait mû­rir du brouilly Vieilles Vignes, l’un des plus grands beau­jo­lais, se dé­lecte Yves Charles. Nous sommes très fiers de faire des som­me­liers dans cette cu­vée de vin na­ture, sans soufre, sans fil­tra­tion, sans sucre ni le­vu­rage… » Seuls 397 som­me­liers pour­ront re­vê­tir la cou­leur pourpre de ce vin, mais Yves Charles a dé­jà d’autres idées pour la suite. « J’ai­me­rais ré­cu­pé­rer des bar­riques du Chant des oi­seaux de Bru­no Schuel­ler, du ta­vel d’Éric Pfif­fer­ling, du chi­non Beau­mont de Pierre Bre­ton… Des vins pour moi em­blé­ma­tiques de gens qui tra­vaillent bien, de vins que j’ai plai­sir à boire car ils cor­res­pondent à un ter­roir, une ap­pel­la­tion, un vi­gne­ron. Il y a 50 autres pro­duc­teurs dont j’ai­me­rais tra­vailler les bar­riques, car leur cu­vée me fait rê­ver, elle cor­res­pond à mon iden­ti­té et à celle de Per­ce­val. » ■

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.