Suivre la voix de John­ny Hal­ly­day

■ Jean­Bap­tiste Gué­gan, so­sie vo­cal du ro­ckeur dis­pa­ru se pro­dui­ra jeu­di 1er fé­vrier, à Riom

La Montagne (Thiers-Ambert) - - Puy-de-dôme | Arts Et Spectacles - Ca­role Eon-Gros­lier ca­role.eon-gros­lier@cen­tre­france.com

De­puis le dé­cès de son idole, la car­rière du Bre­ton de 34 ans s’en­vole. Cer­taines vi­déos de Jean-Bap­tiste Gué­gan font le buzz sur In­ter­net. Le so­sie vo­cal de John­ny se­ra jeu­di soir, sur la scène de l’In­dian Sa­loon à Riom.

Sa voix trouble tant elle res­semble à celle du tau­lier. Pu­dique et res­pec­tueux, Jean­Bap­tiste Gué­gan a conser­vé son tré­sor dans l’ombre. Mais la mort de John­ny Hal­ly­day l’a pro­pul­sé sous les pro­jec­teurs.

■ Com­ment est née cette pas­sion pour John­ny ? Je suis tom­bé dans la mar­mite tout pe­tit. J’avais 9 ans en 1992, lorsque mon père m’a em­me­né voir John­ny Hal­ly­day à Ber­cy. J’ai eu un vé­ri­table coup de foudre pour le per­son­nage. J’ai ad­mi­ré la vraie bête de scène.

■ Et cette voix si par­ti­cu­lière, c’est un don na­tu­rel ? Oui, c’est lors d’un ka­rao­ké avec mes potes que j’ai été re­mar­qué. Je ne m’en étais pas ren­du compte. J’ai fi­ni par me prendre au jeu.

■ Qu’avez-vous res­sen­ti en ap­pre­nant la mort de votre idole ? Ça m’a fait un choc ! Je n’y croyais pas. J’ai pen­sé à une rumeur de plus… J’ai per­du une par­tie de moi­même.

■ J’ima­gine que des larmes se sont in­vi­tées dans vos concerts ? Oui, les larmes se mêlent aux sou­rires. Beau­coup de gens vi­vaient à tra­vers lui. J’es­saie de leur ap­por­ter du bon­heur, de les ac­com­pa­gner.

■ Ce­la n’a pas été trop dur de re­mon­ter sur scène au len­de­main de sa mort ? Le pre­mier soir de re­prise, je me suis ef­fon­dré en larmes à la fin du concert. L’émo­tion était trop in­tense.

■ Avez-vous l’im­pres­sion de chan­ter de la même ma­nière? Non, je ne chante plus pa­reil. Je chante avec un pin­ce­ment au coeur. J’ai l’im­pres­sion de re­dé­cou­vrir tout un tas de choses. Et puis, peut­être qu’il veille… Quelque part… ■ N’est-ce pas trop com­pli­qué de se dire que les gens viennent pour John­ny et non vrai­ment pour vous ? D’évo­luer dans son ombre ? Pas du tout. Je n’ai ja­mais cher­ché à être quel­qu’un d’autre que moi. Ce­la fait 17 ans que je reste dans son ombre avec hu­mi­li­té et pas­sion.

■ Il pa­raît que tant que John­ny était vi­vant, vous avez re­fu­sé de sor­tir de votre Bre­tagne na­tale ? Oui, c’est vrai. J’ai ac­cep­té une tour­née en France à sa mort. Je ne vou­lais pas lui man­quer de res­pect. Je suis quel­qu’un de ti­mide et d’humble, je ne me voyais pas faire ce­la de son vi­vant.

■ Et pour­tant, vous faites au­jourd’hui car­ton plein ! Oui, je vis un rêve. Nous avons plus de 200 dates en at­tente en France et en Bel­gique. J’ai un ma­na­ger for­mi­dable et 11 mu­si­ciens ex­tra­or­di­naires. Nous par­ta­geons tous la même pas­sion pour John­ny.

« Je suis un ar­tiste. La seule star, c’était lui ! »

■ Vous avez la voix de John­ny, pour­quoi ne pas avoir ten­té de lui res­sem­bler phy­si­que­ment ? Je ne suis pas dans la ca­ri­ca­ture. Je tiens à gar­der ma per­son­na­li­té. John­ny Hal­ly­day, il n’y en a qu’un ! C’est in­con­ce­vable pour moi de vou­loir res­sem­bler à mon idole au point de me gri­mer. Je veux que les gens viennent voir un ar­tiste et non une star. La seule star, c’était lui ! ■

➔ Ré­ser­va­tions. In­dian Sa­loon, 101, rue de l’Am­bène, à Riom. Tél. 04.73.63.19.09. Concert à par­tir de 21 heures. En­trée : 20 €.

PHOTO DR

JEAN-BAP­TISTE GUÉ­GAN. Cer­taines de ses vi­déos font le buzz sur In­ter­net.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.