« Le théâtre, c’est ma rai­son d’être »

■ Georges Bel­ler se­ra à Thiers pour la co­mé­die de bou­le­vard Nu­mé­ro com­plé­men­taire, ven­dre­di soir

La Montagne (Thiers-Ambert) - - Thiers | Vivre Sa Ville - Maud Tur­can maud.tur­can@cen­tre­france.com

De­puis plus de 50 ans, Georges Bel­ler par­court les scènes de théâtre pour as­sou­vir sa pas­sion. Ven­dre­di soir, il se­ra à Es­pace pour la co­mé­die de bou­le­vard Nu­mé­ro com­plé­men­taire.

Ac­teur au ci­né­ma, mul­ti­cas­quettes à la té­lé­vi­sion où il a tour­né dans des sé­ries, pré­sen­té des émis­sions et ani­mé des jeux, Georges Bel­ler est sur­tout un co­mé­dien de théâtre. Aux cô­tés de quatre autres ar­tistes dont Stee­vy Bou­lay, il se­ra sur la scène d’Es­pace, ce ven­dre­di, à 20 h 30, dans la co­mé­die de bou­le­vard Nu­mé­ro com­plé­men­taire.

Sur les planches qu’il n’a ja­mais quit­tées de­puis l’âge de 18 ans, Georges Bel­ler in­ter­prète Ber­nard Le­blanc, dont la fa­mille vient de ga­gner au lo­to. Lae­ti­tia, la fille, n’a qu’un rêve : in­té­grer la jet­set ! Pour exau­cer le voeu de sa fille ché­rie, Ber­nard dé­cide de lui faire prendre des cours de main­tien. Dans la fou­lée, toute la fa­mille va suivre un stage in­ten­sif de bonnes ma­nières mais « l’ap­pren­tis­sage » s’avère très com­pli­qué…

■ Qu’est ce qui vous a sé­duit dans cette pièce ? Ab­so­lu­ment tout. La pièce met le doigt sur l’âme hu­maine et c’est vrai­ment pas­sion­nant. C’est une pièce qui fait beau­coup rire, ce que j’adore, et qui a en même temps du fond avec une mo­rale. L’ar­gent fa­ci­lite la vie mais est­ce que ça rem­place l’amour ? Est­ce que ça ne change pas les gens ? toutes les ques­tions qu’on peut se po­ser…

■ D’où le suc­cès de cette pièce qui tourne de­puis plu­sieurs an­nées ? Oui, c’est une pièce in­tem­po­relle… Et ma­gni­fi­que­ment écrite par Jean­Ma­rie Che­vret. C’est un très bon au­teur qui mé­lange les genres avec un ton très lé­ger et du fond qui fait ré­flé­chir. Ces pièces sont fortes tout en fai­sant hur­ler de rire.

■ Après « Ma femme est folle » en 2001, c’est la deuxième fois que vous par­ta­gez les planches avec Stee­vy Bou­lay, com­ment se passe votre col­la­bo­ra­tion ? Je re­trouve avec grand plai­sir Stee­vy qui a fait d’énormes pro­grès de­puis notre pre­mière col­la­bo­ra­tion. Ici, chaque co­mé­dien ap­porte sa na­ture au per­son­nage qu’il in­carne. Claire Con­ty, qui joue mon épouse, est à mou­rir de rire. Sou­vent, on la com­pare à Maillan, c’est pour vous dire. Et ce qui est très tou­chant pour moi, c’est qu’il y a aus­si deux jeunes ac­teurs tout à fait for­mi­dables, Lae­ti­tia Ga­ly et Yves­Ba­tek Men­dy.

■ C’est une belle co­opé­ra­tion entre les gé­né­ra­tions… À mon âge, on est tou­jours très heu­reux de par­ta­ger la scène avec cette jeu­nesse qui est l’ave­nir de notre mé­tier et une jo­lie fa­mille. Ce qui compte pour les spec­ta­teurs, c’est ce qui se passe sur scène et là, cha­cun ap­porte sa dif­fé­rence, d’âge et d’in­ter­pré­ta­tion. Ça donne des étin­celles et c’est très drôle. On a joué pen­dant trois mois au Théâtre de la Tête d’Or, à Lyon. Grâce à ça, cette pièce a vrai­ment pris son en­vol et, au­jourd’hui, c’est un avion su­per­so­nique. ■ Au-de­là du cô­té hu­mo­ris­tique, Nu­mé­ro com­plé­men­taire est aus­si une ré­flexion plus pro­fonde… Ça parle de gens po­pu­laires qui ont l’air très heu­reux et cet ar­gent va leur tom­ber sur la tête. On va voir ce que ça va leur rap­por­ter. C’est à la fois ju­bi­la­toire et tou­chant. ■ Et vous, que fe­riez-vous avec 25 mil­lions d’eu­ros ? Je ne me pose pas la ques­tion parce que je ne joue pas au lo­to. Mais il y a une tra­di­tion au théâtre : faire un pe­tit ca­deau le soir de la pre­mière pour por­ter chance. J’ai donc ache­té des billets de lo­to et joué tous les nu­mé­ros de la pièce et pas un n’est sor­ti… c’est ex­tra­or­di­naire ! En même temps, 25 mil­lions d’eu­ros, c’est une grosse somme, j’es­saie­rais peut­être d’ai­der les autres et de mettre de l’ar­gent dans le théâtre car c’est un en­droit qui n’a pas bou­gé de­puis très long­temps, où on passe des mo­ments for­mi­dables et qui donnent des sou­ve­nirs pour le res­tant de sa vie. J’ai en­core des sou­ve­nirs de pièces de théâtre que j’ai vues quand j’avais 12­13 ans et qui m’ont mar­qué à vie.

■ Une vie que vous avez consa­crée au théâtre… Je n’ai ja­mais rien pré­vu de ma vie. J’ai pris les choses comme elles m’ar­ri­vaient en es­pé­rant à chaque fois faire le meilleur choix mais une chose est cer­taine, je n’ai ja­mais quit­té le théâtre. C’est mon mé­tier nu­mé­ro un, tout ce que j’ai fait au­tour – met­teur en scène, pro­duc­teur, ani­ma­teur etc. –, ça a tou­jours été en plus. Là, je fais du théâtre et on ne peut pas être plus heu­reux que moi.

■ Quel re­gard por­tez-vous sur votre car­rière ? Un re­gard très heu­reux parce que j’ai ren­con­tré des gens for­mi­dables, j’ai eu la chance de croi­ser une mul­ti­tude de grands ac­teurs, je n’ai ja­mais ar­rê­té de faire du théâtre, c’est ma rai­son d’être. J’ai com­men­cé j’avais 18 ans et je n’ai ja­mais quit­té la scène, c’est for­mi­dable. Je joue Toc Toc quand je suis à Pa­ris et Nu­mé­ro com­plé­men­taire en tour­née, c’est deux exer­cices dif­fé­rents et c’est très exis­tant. Je viens de si­gner un nou­veau pro­jet pour une pièce qu’on va jouer à la Tête d’Or en sep­tembre qui s’ap­pelle Un p’tit coin de ca­na­pé, avec Ju­lie Ar­nold, Ka­rine Lya­chen­ko et Ni­co­las Vitiello, un pe­tit gé­nie qui sait tout jouer et qui, à mon avis, est le pro­chain De Fu­nès. J’adore le théâtre, les échanges, l’os­mose entre le pu­blic et les ac­teurs… c’est comme un ren­dez­vous d’amou­reux, c’est très ex­ci­tant. ■

➔ Billetterie. Ta­rifs : 28 € et 24 €. Ren­sei­gne­ments et ré­ser­va­tions au ser­vice cultu­rel de la Ville, du mar­di au jeu­di, de 14 heures à 18 heures ; à l’Of­fice de tou­risme de Thiers ; dans les grandes sur­faces ayant une billetterie spec­tacle (Car­re­four Thiers, Au­chan, Co­ra, Fnac…) ain­si que sur In­ter­net : www.fran­ce­billets.com ou www.ti­cket­mas­ter.fr

« Cha­cun ap­porte sa dif­fé­rence, d’âge et d’in­ter­pré­ta­tion »

SUR SCÈNE. Georges Bel­ler se­ra sur la scène d’Es­pace, ven­dre­di soir, dans du fond avec une mo­rale ». Nu­mé­ro com­plé­men­taire, « une pièce qui fait beau­coup rire et qui a en même temps

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