Tout juste fian­cé l’Am­ber­tois Paul Gorce est mort au front, en 1917

Observateur aé­rien, son avion est abat­tu le 17 sep­tembre 1917 en Mo­selle

La Montagne (Thiers-Ambert) - - La Une -

Pour com­mé­mo­rer le cen­te­naire de la Pre­mière Guerre mon­diale, La Mon­tagne vous pro­pose de dé­cou­vrir l’his­toire d’un Poi­lu lo­cal.

Deux mois seule­ment avant sa mort dans le ciel, abat­tu par un tir de DCA en 1917, Paul Gorce se fian­çait. Re­tour sur un des­tin tra­gique avec sa pe­tite-nièce, Éli­za­beth Gaillard.

Le nom de Paul Gorce est long­temps tom­bé dans l'ou­bli. Pour­tant cet Am­ber­tois fut un hé­ros de la Grande Guerre. Tué par l'en­ne­mi en 1917, il a été ho­no­ré par le pre­mier pré­sident de l'aé­ro­club qui a dé­ci­dé, en 1937, de don­ner son nom à l'aé­ro­drome d'Am­bert.

Paul Gorce est né en 1893 dans la mai­son de fa­mille, si­tuée ave­nue de Lyon. Il vit là et suit une sco­la­ri­té brillante au col­lège Saint­Jo­seph, puis part chez les Ma­ristes de Riom. « Il avait des prix d'ex­cel­lence par­tout », sou­ligne sa pe­tite­nièce, Éli­za­beth Gaillard, elle­même com­man­dant de ré­serve et qui s'est tou­jours in­té­res­sée à l'his­toire de sa fa­mille et plus par­ti­cu­liè­re­ment au des­tin tra­gique de son grand­oncle. Paul Gorce part en­suite à Pa­ris pour en­trer au ly­cée Saint­Louis et y pré­pa­rer l'École Cen­trale des Arts et Ma­nu­fac­tures. Il est ad­mis au concours en 1913.

« Les vols de nuit étaient par­ti­cu­liè­re­ment dan­ge­reux, il fal­lait être très cou­ra­geux »

Quand la guerre est dé­cla­rée, le jeune homme s'en­gage et lui, qui était des­ti­né à l’État­ma­jor, choi­sit d'al­ler au front. Il s'en­gage au 2e Ré­gi­ment d'Ar­tille­rie de cam­pagne. Mais sa for­ma­tion de l’École Cen­trale lui vaut d'être nom­mé sous­lieu­te­nant au 3e Ré­gi­ment d'Ar­tille­rie Lourde de Joi­gny (Yonne).

Paul Gorce est en­voyé au front le 18 juin 1915. Il re­joint alors Mailly­Maillet dans la Somme. La bat­te­rie dans la­quelle il in­ter­vient en tant qu'of­fi­cier té­lé­pho­niste est trans­fé­rée en Cham­pagne au mois d'août. C'est là que le jeune homme va connaître son bap­tême du feu. Il se­ra d’ailleurs ci­té à l'ordre de la di­vi­sion et re­ce­vra la Croix de Guerre pour avoir po­sé une ligne té­lé­pho­nique mal­gré la vio­lence des bom­bar­de­ments. « À 24 ans, il avait dé­jà quatre ci­ta­tions, re­marque sa pe­tite­nièce, ce qui est à la fois im­por­tant et ra­ris­sime ».

En jan­vier 1916, Paul Gorce est af­fec­té dans l'avia­tion. Après sa for­ma­tion, il de­vient observateur aé­rien. « Il re­le­vait néan­moins de l'Ar­mée de Terre, pré­cise Éli­za­beth Gaillard, il n'a ja­mais pi­lo­té. C'est pour ce­la que son uni­forme ne com­por­tait qu'une seule aile sur l'épaule. Le rôle de l'observateur consis­tait à ré­gler les tirs d'ar­tille­rie et à as­su­rer la liai­son ra­dio. « Les vols de nuit étaient par­ti­cu­liè­re­ment dan­ge­reux, il fal­lait être très cou­ra­geux », re­mar­quet­elle. Le jeune of­fi­cier va ain­si oeu­vrer au sein de l'Es­ca­drille MF 45 ba­sée près de Nan­cy.

Fian­cés le 28 juillet

Le jeune homme réa­lise de nom­breuses mis­sions pé­rilleuses mais n'en fait pas moins des pro­jets d'ave­nir. En mai 1917, il an­nonce à ses pa­rents qu'il sou­haite épou­ser sa cou­sine ger­maine, Thé­rèse Bé­rau­dy. Les deux jeunes gens sont aus­si voi­sins et se connaissent de­puis leur plus tendre en­fance. Le 28 juillet, leur his­toire prend une tour­nure of­fi­cielle puisque les fian­çailles sont cé­lé­brées.

Leur bon­heur se­ra hé­las de courte du­rée. C'est en sep­tem­ bre que l’avion de Paul Gorce et de son pi­lote, Pierre Guillot, est abat­tu en Mo­selle, dans les lignes en­ne­mies. « Il sem­ble­rait que Paul soit tom­bé de l'avion avant même que ce­lui­ci n'ait at­teint le sol, ra­conte sa pe­ti­te­nièce. Et les Al­le­mands l'ont en­ter­ré avec les hon­neurs mi­li­taires qu'il mé­ri­tait ». Sa fian­cée, elle, est res­tée à Am­bert où elle était ins­ti­tu­trice. Elle ne s'est ja­mais ma­riée. Après être res­tée deux ans au

« À 24 ans, il avait dé­jà quatre ci­ta­tions »

ci­me­tière de Fresnes­en­Saul­nois, la dé­pouille de Paul Gorce a été ra­pa­triée en 1919. Il re­pose dans le tom­beau fa­mi­lial au ci­me­tière d'Am­bert. « Il y a sur la tombe un dra­peau bleu­blanc­rouge, ex­plique Éli­za­beth Gaillart, comme c'est le cas pour tous les sol­dats morts à la guerre. Le nom de Gorce s'est éteint car Paul n'a bien sûr pas eu d'en­fant et il n'avait qu'une soeur. Moi, j'ai tou­jours su qu'il était mort à la Guerre, pas plus. Il y a plu­sieurs mi­li­taires dans la fa­mille ». En 2004, la mai­son de fa­mille de l'ave­nue de Lyon a connu un in­cen­die mais les pho­tos ont été épar­gnées. Éli­za­beth et ses proches les ont res­sor­ties, et se sont in­té­res­sés de plus près au des­tin bri­sé de leur an­cêtre. ■

FIAN­CÉS. Paul s'était fian­cé avec Thé­rèse Bé­rau­dy, deux mois seule­ment avant d'être abat­tu par l'en­ne­mi.

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