Claude Mi­chy : « Faire re­vivre l’his­toire de Cha­rade »

La Montagne (Thiers-Ambert) - - Le mag -

Cha­rade He­roes est né de sa vo­lon­té. De­puis un an et de­mi, Claude Mi­chy a en tête de fê­ter di­gne­ment le 60e an­ni­ver­saire de Cha­rade, le cir­cuit cler­mon­tois dont les grandes heures re­montent aux an­nées 60 et 70.

Le jour J ap­proche. Le week­end pro­chain, l’émo­tion se­ra pal­pable quand les « lé­gendes vi­vantes » Ja­ckie Ste­wart et Gia­co­mo Agos­ti­ni re­vien­dront sur le lieu de leurs ex­ploits. En­tou­rés d’en­vi­ron deux cents au­tos et mo­tos de cette époque bé­nie pour le cir­cuit de mon­tagne au­ver­gnat.

■ Pour­quoi vous a-t-il sem­blé im­por­tant de cé­lé­brer le 60e an­ni­ver­saire de Cha­rade ? Jus­qu’en 1974, ce cir­cuit créé en 1958 a ac­cueilli tous les grands évé­ne­ments mon­diaux. Grand Prix de France mo­tos, For­mule 1… Les plus grands pi­lotes sont ve­nus à Cha­rade. Toute la presse in­ter­na­tio­nale, aus­si. Toute la lu­mière était sur Cha­rade et sur Cler­montFer­rand (si­tué à quelques ki­lo­mètres, en contre­bas,

ndlr). C’est as­sez éton­nant, Cha­rade est même plus connu que Cler­mont dans le monde. On veut donc faire re­vivre toute cette his­toire. Parce que cette pé­riode de la course auto et moto gé­nère de l’en­goue­ment, chez les pas­sion­nés. On veut aus­si per­mettre à la jeu­nesse de dé­cou­vrir ce cir­cuit. Il va y avoir du rou­lage de vé­hi­cules qui ap­par­tiennent à des col­lec­tion­neurs. Et on a in­vi­té des pi­lotes qui ont mar­qué l’his­toire, à Cha­rade. « Le cir­cuit de Cha­rade est ob­so­lète »

■ Vous avez réus­si à vous en­tou­rer de grands noms des sports mé­ca­niques. Ste­wart, Agos­ti­ni, Laf­fitte, Pes­ca­ro­lo, etc, se­ront à Cha­rade le week-end pro­chain. Ça va être un grand mo­ment pour tous les pas­sion­nés de voir ou re­voir, de nom­breuses an­nées après, toutes ces lé­gendes vi­vantes. Même pour la jeu­nesse. Elle s’in­té­resse beau­coup plus qu’on ne le croit à l’his­toire. L’ex­po­si­tion à la Mai­son des Sports (jus­qu’à mar­di ) a été conçue pour ré­pondre à cette quête de connais­sance. Son en­trée est gra­tuite. Notre but est d’in­té­res­ser le plus de per­sonnes pos­sible.

■ Vous qui avez cou­ru à Cha­rade en mo­no­place, qu’a-t-il de par­ti­cu­lier ? C’est un cir­

cuit de mon­tagne, il a beau­coup de dé­ni­ve­lés. À l’époque, son tra­cé fai­sait 8 ki­lo­mètres (jus­qu’à sa ré

no­va­tion en 1988, ndlr). Des mon­tées et des des­centes. Les cir­cuits ac­tuels, plats, sont asep­ti­sés en com­pa­rai­son de Cha­rade. Ma­gnyCours, qui a suc­cé­dé à Cha­rade, est tout plat. Il au­rait fal­lu en­tre­prendre énor­mé­ment de tra­vaux pour mettre le cir­cuit de Cha­rade aux normes (de sé­cu­ri­té). Les gens qui le gé­raient à l’époque au­raient peut­être pu mieux s’y prendre et faire en sorte que s’y dé­roulent en­core des Grand Prix. Nous, on es­saie de mon­trer aux jeunes gé­né­ra­tions ce qui a été réa­li­sé par le tra­vail et la pas­sion de gens vi­sion­naires. Ça nous semble im­por­tant.

■ Ch­ris­tine Rou­ge­rie, mai­read­joint de Cler­mont, a par­lé d’« une ma­ni­fes­ta­tion rare » à pro­pos de Cha­rade He­roes. Vous al­lez ré­veiller Cha­rade, qui semble en­dor­mi, à l’image des vol­cans qui l’en­tourent. Non, mais l’his­toire est im­por­tante. Que ce soit l’ex Moto Club d’Au­vergne ou l’Asa­ca, as­so­cia­tions his­to­riques dans l’or­ga­ni­sa­tion des courses sur le cir­cuit, tous ces gens­là ont don­né beau­coup pour que Cha­rade He­roes puisse exis­ter. Moi, j’es­saie de co­or­don­ner la pen­sée de cha­cun. Ef­fec­ti­ve­ment, notre mé­tier (pro­mo­teur et or­ga­ni­sa­teur d’évè­ne­ments spor­tifs) fait qu’on a ren­con­tré beau­

coup de monde. On a des ré­seaux (rires), mais c’est vrai­ment un tra­vail d’équipe. On ne fait rien tout seul.

■ Bien sûr, mais sur votre nom, grâce à votre sa­voir-faire, vous créez un évé­ne­ment sur un cir­cuit qui n’at­tire plus grand monde à l’oc­ca­sion des rares courses qui s’y dé­roulent… Je suis Au­ver­gnat, pas Rhô­nal­pin ! Notre ter­ri­toire a be­soin de mon­trer qu’il est en­tre­pre­nant, dy­na­mique, pour que tout le monde s’in­té­resse à ce qu’il s’y passe. Cler­mont a son fes­ti­val du court­mé­trage, son équipe de rugby (l’ASM), etc. Tout ce­la s’ad­di­tionne et fait son at­trac­ti­vi­té. Le 60e an­ni­ver­saire de Cha­rade sert aus­si cette cause­là.

■ Cha­rade He­roes peut-il contri­buer à re­lan­cer les sports mé­ca­niques sur l’ac­tuel cir­cuit ? Peut-on en­vi­sa­ger une suite ? Non, le cir­cuit est ob­so­lète. Il faut dire les choses comme elles sont. En plus, Cha­rade est in­ter­dit aux mo­tos pour des rai­sons de sé­cu­ri­té. Il n’est pas adap­té, il n’y a pas de dé­ga­ge­ment. On a d’ailleurs dû ob­te­nir du Mi­nis­tère de l’In­té­rieur une dé­ro­ga­tion pour faire rou­ler les mo­tos en pa­rade. Il ne faut donc pas rê­ver. Mais il peut y avoir une autre vi­sion pour Cha­rade, un ave­nir tour­né vers la re­cherche. Peut­être que la lu­mière qui va être ap­por­tée par les 60 ans ser­vi­ra de ca­ta­ly­seur. ■ Ra­phaël Ro­chette

PHO­TO P. COUBLE

OR­GA­NI­SA­TEUR. À la tête de PHA, Claude Mi­chy fe­ra re­vivre la lé­gende de Cha­rade, le week-end pro­chain au cir­cuit.

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