Par Dé­dé

La Montagne (Tulle) - - Cnoruriètzsedeanctaucarlieté C’ -

L’accordéon est joué par­tout, ou presque, dans le monde. Par­tout, c’est un ins­tru­ment po­pu­laire. Les Nuits de nacre nous ont fait dé­cou­vrir ces ac­cor­déons du monde en­tier. Et c’est ex­tra­or­di­nai­re­ment va­rié ! On a ap­plau­di des mu­si­ciens de Co­lom­bie, Ar­gen­tine, Bré­sil, Ma­da­gas­car, Cap Vert, Fin­lande, Rus­sie, Rou­ma­nie, Ja­pon, Loui­siane, et j’en ou­blie. Cha­cun son style, son rythme, mais tou­jours la même am­biance : celle de la fête. Le mur de Ber­lin ve­nait de tom­ber, les na­tions de l’Est s’ou­vraient à l’Oc­ci­dent. Ta­raf de Haï­douks sor­tait pour la pre­mière fois de Rou­ma­nie. Tulle était la pre­mière étape des mu­si­ciens avant la Bel­gique. Ils sont ar­ri­vés dans un bus brin­que­ba­lant, pé­ta­ra­dant, fu­mant. Ils étaient quinze, je crois, du pe­tit-fils de 10 ans au grand-père de 74 ans. Ils partent à la dé­cou­verte de la ville. Le spec­tacle approche. Ils ne re­viennent pas, on les a per­dus ! Où sont-ils ? On cherche et on les trouve, pen­chés sur le pa­ra­pet d’un pont : ils pêchent. La ligne ? Une corde de vio­lon­celle, une épingle à cra­vate pour ha­me­çon. Vite, au cha­pi­teau ! Spec­tacle in­ou­bliable de plus de 3 heures. Ils ne vou­laient pas quit­ter la scène. Et ce mu­si­cien cap-ver­dien qui gar­dait en­core les chèvres sur son île, trois jours avant de ve­nir à Tulle. Mo­deste, il avait l’air de s’ex­cu­ser de ne pas jouer mieux. Un vir­tuose, qui ti­rait des sons in­croyables d’un ins­tru­ment ra­pié­cé, re­col­lé, qui était toute sa for­tune. Pour le re­mer­cier, le fes­ti­val lui a of­fert un accordéon Mau­gein, tout beau tout neuf. Il en a pleu­ré. J’en suis en­core tout ému. Cette autre an­née, il pleu­vait, comme trop sou­vent hé­las. Les rues étaient qua­si-vides. Pour­tant quel beau pro­gramme. Le trio Vas­co de­vait se produire place de la Poste. Il tom­bait des cordes. Per­sonne bien sûr. On se ré­fu­gie à La Ta­verne. Et là le trio Vas­co a joué, fai­sant son spec­tacle pour nous et peut-être 10 per­sonnes. Concert in­ti­miste, ma­gni­fique ! On pour­rait par­ler des Russes, qui m’ont fait dé­cou­vrir l’accordéon clas­sique, du mal­gache Gi­za­vo, qui vi­vait son ins­tru­ment, de l’Ita­lien Gian­ni Cos­cia, du belge Toots Thie­le­mans et son har­mo­ni­ca… Les Nuits de nacre, c’est un voyage dans le monde !

An­dré Chas­sagne, grand ama­teur d’accordéon et fin connais­seur des Nuits de nacre, nous ac­com­pagne du­rant tout le fes­ti­val.

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