La me­nui­se­rie Vergne change de mains

L’en­tre­prise fa­mi­liale créée en 1948 vient d’être ven­due à un ar­ti­san ori­gi­naire de Tulle La me­nui­se­rie Vergne quitte le gi­ron fa­mi­lial. Elle vient d’être cé­dée à un jeune me­nui­sier qui va pour­suivre l’ac­ti­vi­té. Il veut mo­der­ni­ser les mé­thodes de tra­vail.

La Montagne (Tulle) - - Tulle Vivre Sa Ville - Es­telle Bar­de­lot es­telle.bar­de­lot@cen­tre­france.com

«L’odeur de sciure dans l’ate­lier, je ne la sens plus. Alors que tous les gens qui viennent ici m’en parlent. »

De­puis son en­fance, Ch­ris­tian Vergne, pa­tron de­puis 1978 de la me­nui­se­rie fa­mi­liale fon­dée en 1948 par son père Pierre, et qui tra­vaille le bois, l’alu et le PVC, baigne dans les co­peaux. Un point com­mun qu’il par­tage avec Guillaume De­lon­ca.

Ce tren­te­naire ori­gi­naire de Tulle re­prend au­jourd’hui l’en­tre­prise Vergne pour faire naître la me­nui­se­rie Vergne­De­lon­ca. « J’ai hé­ri­té de la pas­sion du bois de mon grand­père, qui était me­nui­sier à Ar­gen­tat, af­firme le jeune ar­ti­san. J’ai sui­vi une for­ma­tion d’ébé­nis­te­rie au ly­cée pro­fes­sion­nel La­voi­sier à Brive, avant d’in­té­grer les Com­pa­gnons du devoir. »

Pen­dant douze ans, il tra­vaille à Pé­ri­gueux, Le Mans, la Bre­tagne, Pa­ris et même l’Aus­tra­lie. « Le but était de dé­cou­vrir des en­tre­prises di­verses, d’ac­qué­rir un maxi­mum de tech­niques, de voir des es­sences de bois va­ riées ain­si que des or­ga­ni­sa­tions du tra­vail qui vont pou­voir m’ai­der », es­père Guillaume De­lon­ca. Au re­tour, il crée d’abord une so­cié­té en Bel­gique puis re­gagne la Cor­rèze. Là, il tombe sur l’offre d’em­ploi de l’en­tre­prise Vergne.

Une pas­sa­tion en dou­ceur

« Nous cher­chions un sa­la­rié, ex­plique Ch­ris­tian Vergne. Il a com­men­cé en oc­tobre 2016. Quand il m’a dit qu’il vou­lait mon­ter son en­tre­prise, je lui ai ré­pon­du que celle­ci était à re­prendre. » Mar­ché conclu, Guillaume De­lon­ca a tra­vaillé jus­qu’en mai der­nier à l’ate­lier, puis en bi­nôme de­puis juin avec Ch­ris­tian Vergne dont la so­cié­té Vergne res­te­ra en­core ac­tive quelques mois, le temps d’ache­ver les der­niers contrats en cours. Et de don­ner quelques con­seils à son suc­ces­seur : « il m’ap­prend énor­mé­ment, af­firme Guillaume De­lon­ca. Nous sommes deux gé­né­ra­tions mais Ch­ris­tian m’im­pres­sionne. Il a tout dans la tête alors que moi, je consigne tout dans mon or­di­na­teur. » « Guillaume a de bonnes connais­sances du bois et est di­plô­mé en comp­ta­bi­li­té. Il a une for­ma­tion com­plète », lui ré­pond Ch­ris­tian Vergne dont l’épouse s’oc­cu­pait de la comp­ta­bi­li­té de l’en­tre­prise.

Quelle orien­ta­tion veut don­ner le nou­veau chef d’en­tre­prise à la me­nui­se­rie qui pro­pose des fe­nêtres, por­tails, du par­quet, des es­ca­liers… ? « Je veux pour­suivre ce qui est fait, sou­ligne Guillaume De­lon­ca. Le conseil, le re­la­tion­nel et le ser­vice aprèsvent sont ca­pi­taux. »

Dé­jà le tren­te­naire dont la so­cié­té comp­te­ra cinq sa­la­riés, pense à l’ave­nir : « Je veux faire évo­luer l’en­tre­prise, an­nonce­til. Faire entrer l’in­for­ma­tique dans les ate­liers. Ac­tuel­le­ment, beau­coup de tâches se font à la main. Mon rêve à long terme : ins­tal­ler des ma­chines à com­mande nu­mé­rique. »

Autre ambition : tra­vailler avec les scie­ries et les bois lo­caux. « Je veux pro­po­ser à mes clients la meilleure qua­li­té au meilleur prix ain­si que mon oeil d’ex­pert », pré­vient le jeune me­nui­sier qui l’as­sure : « dans cette re­prise d’en­tre­prise, rien ne me fait peur… »

PHOTOS AGNÈS GAU­DIN

PAS­SAGE. Ch­ris­tian Vergne passe le re­lais de l’en­tre­prise fa­mi­liale à Guillaume De­lon­ca (à droite).

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