Les op­po­sants au pro­jet in­dus­triel dé­fendent leur po­si­tion

Une pro­cé­dure ad­mi­nis­tra­tive lan­cée hier pour un pro­jet in­dus­triel sur Viam/Bu­geat

La Montagne (Tulle) - - La Une - Éric Porte eric.porte@cen­tre­france.com

Op­po­sée au pro­jet de fa­bri­ca­tion de gra­nu­lés de bois à par­tir de souches d’arbres, l’as­so­cia­tion Non à la montagne pel­lets est ve­nue dé­fendre sa po­si­tion lors de l’ou­ver­ture de l’en­quête pu­blique, hier ma­tin, à Viam.

Pour l’ins­tant, le dé­bat semble en équi­libre, juste avant cette bas­cule où les po­si­tions des uns et des autres se cris­tal­lisent. « Nous ne sommes pas vos en­ne­mis, a lan­cé cette jeune femme au maire de Viam et au com­mis­saire en­quê­teur. Nous vou­lons juste pré­ser­ver la qua­li­té de vie de ce ter­ri­toire. »

Avec une cin­quan­taine de per­sonnes, elle est ve­nue hier ma­tin à la mai­rie de Viam, pour l’ou­ver­ture d’une en­quête pu­blique sur un pro­jet in­dus­triel de pro­duc­tion de gra­nu­lés de bois tor­ré­fiés (notre édi­tion du 27 oc­tobre).

Un « si­mu­lacre de dé­mo­cra­tie »

Sou­mise à au­to­ri­sa­tion pré­fec­to­rale, l’uni­té, qui se­ra ali­men­tée en souches et en branches d’arbres ve­nues d’un rayon d’au moins 80 km, doit s’im­plan­ter sur 27 hec­tares entre Viam et Bu­geat, avec la pro­messe d’une ving­taine d’em­plois.

« C’est pour nous faire ava­ler des cou­leuvres ! », ont ton­né hier les op­po­sants de­vant Jean­Paul Bau­det, le com­mis­saire en­quê­teur, et Mi­chèle Guillou, maire de Viam. Toute la ma­ti­née, les op­po­sants, re­grou­pés sous l’as­so­cia­tion « Non à la montagne pel­lets », ont pré­sen­té leurs ar­gu­ments. Pré­sente en nombre, la gen­dar­me­rie n’a pas eu à in­ter­ve­nir.

Les op­po­sants cri­tiquent la forme. Pour eux, l’en­quête pu­blique, li­mi­tée à la seule com­mune de Viam, est un « si­mu­lacre de dé­mo­cra­tie », re­pre­nant des ar­gu­ments en­ten­dus sou­vent et qui font dire que cette pro­cé­dure ad­mi­nis­tra­tive n’est ef­fec­ti­ve­ment plus adap­tée lors­qu’un gros pro­jet vient s’im­plan­ter sur un ter­ri­toire.

Sur le fond, l’as­so­cia­tion consi­dère que ce dos­sier em­me­né par plu­sieurs so­cié­tés di­ri­gées par Pier­reHen­ri Gau­driot, an­cien élu et ex­pré­sident de la CCI de la Creuse, va dé­truire plus d’em­plois qu’il ne va en créer, du fait des nui­sances qu’il gé­né­re­rait pour le centre spor­tif ou le tou­risme : cir­cu­la­tion de ca­mions, bruit des broyeurs, pous­sières, fonc­tion­ne­ment 24 heures/24 d’un trai­te­ment ther­mi­ que…

La ques­tion fo­res­tière

Ad­mi­nis­tra­teur de l’as­so­cia­tion Sources et ri­vières du Li­mou­sin, Vincent Ma­gnet est ve­nu en ren­fort sur la ques­tion fo­res­tière : « Cette usine va uti­li­ser des souches et des branches d’arbre et in­ci­ter à pré­le­ver en­core da­van­tage sur un mas­sif qui est dé­jà ex­ploi­té à un fort ni­veau. »

Le com­mis­saire­en­quê­teur n’est pas sor­ti de son rôle, in­vi­tant cha­cun à ré­di­ger par écrits ses re­marques et ar­gu­ments.

Par­fois prise à par­tie, Mi­chèle Guillou, maire de Viam, parle d’un « beau pro­jet », mais ne le dé­fend pas en bloc : « Le dos­sier com­plet n’a été re­mis que ven­dre­di der­nier. Avec le conseil, nous au­rons plu­sieurs réunions de tra­vail et nous avons des in­ter­ro­ga­tions comme sur la cir­cu­la­tion des poids lourds. »

« Mais comment onze élus d’une pe­tite com­mune ru­rale peuvent­ils éplu­cher un dos­sier de 700 pages ? » a lan­cé cet op­po­sant. « Nous ne sommes pas des spé­cia­listes, a ac­quies­cé l’élue, mais nous nous ap­puyons sur les ser­vices de l’État. »

Mi­chèle Guillou re­grette en tout cas que l’in­dus­triel ne com­mu­nique pas da­van­tage sur son pro­jet, par exemple lors d’une réunion pu­blique : « Il prend le risque de ne pas ve­nir. Quand on n’a rien à ca­cher… »

Le dé­bat, les op­po­sants ne de­mandent pas mieux, même si cer­tains sont dé­jà sur des po­si­tions ra­di­cales, en de­man­dant en préa­lable l’an­nu­la­tion de l’en­quête pu­blique. Elle doit se ter­mi­ner le 15 dé­cembre. Le pré­fet de la Corrèze pour­rait prendre sa dé­ci­sion d’ici le prin­temps 2018.

PHO­TOS EP

VIAM. Maire de la com­mune, Mi­chèle Guillou (à gauche) a par­fois dû dé­fendre son tra­vail d’élue lo­cale face des op­po­sants ve­nus consul­ter les do­cu­ments de l’en­quête pu­blique.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.