Pri­son ferme pour un je­teur de pierres

Après le caillas­sage de po­li­ciers vendredi après­mi­di à Li­moges

La Montagne (Tulle) - - Limousin Actualité - Pierre Vi­gnaud

Vendredi en dé­but d’après­mi­di, il avait ren­dez-vous chez le coif­feur. A son re­tour dans le quar­tier de Beau­breuil, vers 15 heures, la po­lice était dé­ployée lors d’une opé­ra­tion de sé­cu­ri­sa­tion.

« J’ai vu des gens lan­cer des cailloux sur les po­li­ciers. J’en ai lan­cé deux ou trois sans vou­loir les tou­cher, juste pour les re­pous­ser. Il y avait beau­coup de po­li­ciers, je ne sais pas pour­quoi », ré­sume le pré­ve­nu, iden­ti­fié par les forces de l’ordre grâce à sa cas­quette et son haut de sur­vê­te­ment. De­vant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Li­moges, il de­vait ré­pondre d’usage de stu­pé­fiants, ré­bel­lion et vio­lences sur des po­li­ciers.

En­ten­du à deux re­prises, le pré­ve­nu de 22 ans a re­con­nu l’usage de can­na­bis ain­si que les jets de pierres, mais pas la ré­bel­lion. En au­dience, il est res­té sur cette po­si­tion. « Je me suis sau­vé vers la rue Rhin­et­Da­nube et un po­li­cier m’a dit de me rendre, ce que j’ai fait », as­sure­t­il. La dé­po­si­tion des deux po­li­ciers, elle, parle « coups de pied » et « de bles­sures au ni­veau du ge­nou » pour l’un des agents. Un fait consta­té mé­di­ca­le­ment.

Pour le pré­ve­nu, re­con­naître les faits sem­blait dé­jà dif­fi­cile. At­tendre de lui des ex­pli­ca­tions sur ces jets de pierres ir­ré­flé­chis était donc in­en­vi­sa­geable. « J’ai com­pris lors de ma garde à vue que j’avais fait une chose de mal », ten­tet­il de jus­ti­fier. « A 22 ans, vous avez be­soin d’une garde à vue pour com­prendre que je­ter des pierres sur des po­li­ciers est mal ? », lui ré­torque, le pré­sident du tri­bu­nal, sur­pris par une telle ré­ponse.

Pour l’avo­cate des po­li­ciers, l’in­ten­tion du je­teur de pierres était claire. « Les pa­trouilles s’en al­laient. On ne lance pas des pierres sans rai­son. Son but était bien de tou­cher des po­li­ciers. » Me Fru­gier, pour la dé­fense, s’est in­ter­ro­gé sur l’ab­sence des autres je­teurs de pierres. « Mon client, n’était pas seul et ne doit pas payer da­van­tage que ce pour quoi il com­pa­rait », a­t­il rap­pe­lé.

Le tri­bu­nal a fi­na­le­ment condam­né le pré­ve­nu à six mois de pri­son dont quatre avec sur­sis. Une peine moins lourde que les ré­qui­si­tions du par­quet.

IL­LUS­TRA­TION : STÉ­PHANE LE­FÈVRE

PO­LICE. Deux voi­tures ont été en­dom­ma­gées par les jets de pierres.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.