C’EST MON CHOIX

La Montagne (Tulle) - - Tulle Vivre Sa Ville - Cy­prien Rome

Chaque se­maine, un membre de la ré­dac­tion pro­pose son coup de coeur (ou non) de la se­maine (ci­né­ma, mu­sique, lit­té­ra­ture, mais pas que…)

Film cho­ral. Le grand bain ne res­semble pas à un film fran­çais et c’est cer­tai­ne­ment ce qui fait tout son sel. À la fois film cho­ral et co­mé­die, il semble sor­tir de nulle part. Son in­trigue est mince et clas­sique. Deux élé­ments le font sor­tir de l’or­di­naire : l’épais­seur de ses per­son­nages et son uni­vers chlo­ré dé­ca­pant. Les per­son­nages prin­ci­paux sont nom­breux et fouillés. Cha­cun a un réel re­lief dans le ré­cit et donc un pou­voir d’at­trac­tion. Ils y su­bissent leur vie conju­gale, fa­mi­liale ou pro­fes­sion­nelle jus­qu’à un cer­tain point.

Le col­lec­tif, une va­leur re­fuge. Le pro­ta­go­niste, in­car­né par Ma­thieu Amal­ric, ne tra­vaille plus de­puis deux ans et s’en­fonce dans la dé­pres­sion jus­qu’au jour où il se greffe à une équipe de na­ta­tion syn­chro­ni­sée mas­cu­line. Sous la hou­lette d’une coach fé­mi­nine aus­si bor­der­line qu’eux, les ap­pren­tis na­geurs vont es­sayer de faire autre chose que de tou­cher le fond. À sa­voir, consti­tuer une équipe sou­dée dans un sport mas­cu­lin confi­den­tiel avec des in­di­vi­dua­li­tés peu com­pé­ti­tives.

Ju­bi­la­toire. Sans pa­thos, le réa­li­sa­teur Gilles Lel­louche fonc­tionne par el­lipse nar­ra­tive pour faire exis­ter ses per­son­nages entre hu­mi­lia­tion et af­fir­ma­tion de soi. Son par­ti pris ré­jouis­sant est d’être du cô­té des ca­nards boi­teux. Son su­jet est uni­ver­sel, son film tout pu­blic, son suc­cès mé­ri­té.

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