Le spec­tacle trouve sa place au ci­né­ma

La Montagne (Vichy) - - Dossier - Gré­goire Nartz gre­goire.nartz@gmail.com

Dans les pro­gram­ma­tions des ci­né­mas, il n’est plus rare de trou­ver des spec­tacles en di­rect, cap­tés dans une ville et pro­je­tés dans une cen­taine d’autres, sur grand écran. D’Au­vergne, on peut suivre des opé­ras qui ont lieu à Mos­cou ou des concerts se dé­rou­lant à Pa­ris.

Dans la salle obs­cure, le pré­sen­ta­teur Ni­kos Alia­gas ap­pa­raît sur l’écran. « Da­li­da est née ici, à l’Olym­pia. Nous al­lons dé­cou­vrir ce film en di­rect avec deux cents ci­né­mas par­tout en France ! » Mer­cre­di, l’avant­pre­mière du film « Da­li­da », au com­plexe Ci­né Dôme, à Au­bière, était pré­cé­dée d’un di­rect de­puis Pa­ris avec l’équipe du film. « C’est ori­gi­nal, ce­la per­met de se mettre dans l’am­biance », se ré­jouis­sait Na­dine, fan de la chan­teuse, dans la file d’at­tente.

Pré­sen­ta­tion de film, concerts, opé­ras, pièces de théâtre… Les di­rects au ci­né­ma se mul­ti­plient et font dé­sor­mais par­tie de l’offre cultu­relle de la ré­gion. Plu­sieurs salles sont équi­pées à Cler­montFer­rand, Vi­chy ou Aurillac. Cer­tains pro­grammes fonc­tionnent mieux que d’autres : les matchs de l’Eu­ro de foot sur grand

écran n’ont pas at­ti­ré les foules. Les clas­siques ont en re­vanche leur pu­blic. « Quand nous avons re­trans­mis le con­cert des Vieilles Ca­nailles [ John­ny Hal­ly­day, Jacques Du­tronc et Ed­dy Mit­chell, NDLR]

dans deux salles si­mul­ta­nées, 650 per­sonnes étaient pré­sentes », se rap­pelle Pierre Bar­thé­lé­my, di­rec­teur de Ci­né Dôme.

« Les re­trans­mis­sions se dé­ve­loppent car il y a une no­tion d’évé­ne­ment. Le

ci­né­ma est une vraie sor­tie spec­tacle et les di­rects par­ti­cipent à ce­la », pour­suit­il. « Et ce­la per­met d’élar­gir l’offre cultu­relle au ni­veau de l’ag­glo­mé­ra­tion. On ne va pas pas­ser un con­cert d’un ar­tiste ou

une pièce de théâtre dé­jà pro­gram­més dans la ville. Les di­rects nous per­mettent aus­si de voir des équipes de film de­puis Cler­mont. D’ha­bi­tude, elles se dé­placent peu jus­qu’ici, à cause de pro­blè­ mes de trans­ports ».

Pour le pu­blic, les di­rects sont l’oc­ca­sion d’ac­cé­der à des spec­tacles in­ac­ces­sibles à beau­coup, fi­nan­ciè­re­ment et géo­gra­phi­que­ment. Sur les écrans ap­pa­raissent les planches du Bol­choï de Mos­cou ou du Me­tro­po­li­tan ope­ra de New York. Et plu­tôt qu’une place à 250 dol­lars, les ama­teurs s’en tirent pour une ving­taine d’eu­ros.

« Ce­la per­met d’élar­gir l’offre cultu­relle »

« Les re­trans­mis­sions en di­rect per­mettent de tou­cher un pu­blic plus large. Par exemple, pour les dif­fu­sions de bal­lets, on a un pu­blic dif­fé­rent », re­marque Mar­tine Bel­lan­ger, res­pon­sable de pro­gram­ma­tion au ci­né­ma Le Ger­go­vie, à Cour­non­d’Au­vergne.

Les ci­né­mas n’ont néan­moins pas trou­vé un fi­lon. Un di­rect mo­no­po­lise une salle plu­sieurs heures avant la séance et le nombre d’en­trées est incertain. « Ce n’est pas com­pa­rable aux films. On ne fait pas ça a perte mais le but, pour nous, c’est vrai­ment d’élar­gir notre offre », ré­sume Mar­tine Bel­lan­ger. ■

PHO­TO PIERRE COUBLE

ÉVÉ­NE­MENT EN SALLE. Mer­cre­di, lors de l’avant-pre­mière de « Da­li­da », de Li­sa Azue­los, l’équipe du film était en di­rect, de­puis Pa­ris, dans des ci­né­mas par­tout en France.

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