Jor­dan Im­bert fu­nam­bule du bi­tume

La Montagne (Vichy) - - Sports Sports Mécaniques - Pas­cal Gou­my ➔ Contact. sou­thri­ders@hot­mail.fr

De­puis ses 18 ans, Jor­dan Im­bert mul­ti­plie les prouesses sur deux roues. Après avoir dé­bu­té sur son scoo­ter, il maî­trise dé­sor­mais des mo­tos de plus de 100 che­vaux.

Le trial mo­to, vous connais­sez ? Vous sa­vez, ce­la consiste à fran­chir des obs­tacles, ar­ti­fi­ciels ou na­tu­rels, avec une mo­to spé­ciale, si pos­sible sans mettre pied à terre.

Et le Stunt ce­la vous dit quelque chose ? Pas sûr. Cette dis­ci­pline, dont le nom si­gni­fie « cas­cade » dans la langue de Mo­lière, consiste à faire des fi­gures acro­ba­tiques avec une spor­tive ou un road­ster.

Ils ne sont pas plus de 200 en France à s’adon­ner à ce sport en­core mar­gi­nal mais de plus en plus en vogue sur les ré­seaux so­ciaux.

Par­mi ces fu­nam­bules du bi­tume fi­gure le Cor­ré­zien Jor­dan Im­bert. Ce­la fait 8 ans qu’il mul­ti­plie les ca­brioles en gros cubes. « J’ai com­men­cé en fai­sant des roues ar­rières avec mon scoo­ter », ex­plique le jeune homme, na­tif de Cler­mont­Fer­rand.

Une vi­dange toutes les 10 heures de rou­lage

Jor­dan Im­bert a vrai­ment dé­bu­té sur une Ya­ma­ha Fa­zer 600 avant d’op­ter pour une Ka­wa­za­ki Nin­ja ZX6 R. Un bo­lide de 170 kg ca­pable de rou­ler à 260 km/h que Jor­dan Im­bert ap­pré­cie pour sa ma­nia­bi­li­té.

« Avec une in­jec­tion, on en­voie les gaz de ma­nière plus fluide, plus li­néaire. Tout est plus fa­cile à do­ser », pour­suit cet équi­li­briste qui s’en­traîne sou­vent. Au moins 2 heures par se­maine, sur le bi­tume de la zone d’ac­ti­vi­té de La Mon­tane, sur la com­mune d’Ey­rein.

Le mo­teur est d’ori­gine, mais de­mande un soin par­ti­cu­lier : « Une vi­dange toutes les 10 heures d’uti­li­sa­tion ». Le châs­sis a été mo­di­fié. Le cadre d’ori­gine a été rem­pla­cé par un cadre acier, plus lé­ger de 2 kg, plus ré­sis­tant et plus ri­gide car « sur cer­taines fi­gures, il ar­rive que le châs­sis casse ». Un ra­dia­teur plus grand a été ins­tal­lé pour re­froi­dir le mo­teur qui prend des tours sans pour au­tant prendre de vi­tesse. La roue ar­rière dis­pose d’étriers de frein sup­plé­men­taires, ac­tion­nables de­puis le gui­don.

Tout cet at­ti­rail per­met à Jor­dan Im­bert de faire vi­re­vol­ter sa mo­to comme le fe­rait un pi­lote avec son BMX. Sur la roue ar­rière, sur la roue avant, de­bout sur la selle, as­sis sur le ré­ser­voir, les jambes par­des­sus le gui­don, Jor­dan Im­bert mul­ti­plie les ca­brioles et dé­fie les lois de la gra­vi­té.

« Ce n’est pas si phy­sique qu’on pour­rait le pen­ser, même si ce­la de­mande une bonne condi­tion. On se sert sur­tout de la puis­sance de la mo­to », pour­suit l’équi­li­briste qui s’est fait quelques frayeurs à l’en­traî­ne­ment. « Il y a deux mois je me suis fait une double frac­ture du coc­cyx en re­tom­bant sur le cô­té du ré­ser­voir. Une autre fois je suis pas­sé par­des­sus la mo­to, sans me faire mal. Heu­reuse­ ment que ce­la ne m’est pas ar­ri­vé en com­pé­ti­tion ou lors d’une dé­mons­tra­tion ».

Plu­sieurs com­pé­ti­tions sont or­ga­ni­sées dans l’Hexa­gone, prin­ci­pa­le­ment en Vendée. « Elles at­tirent des pi­lotes fran­çais, po­lo­nais, es­pa­gnols ou en­core hon­grois », pré­cise Im­bert qui s’est clas­sé 15e du cham­pion­nat d’Eu­rope, il y a 3 ans.

Quant aux dé­mons­tra­tions, il les as­sure à la de­mande, par l’in­ter­mé­diaire de son as­so­cia­tion South ri­ders stunt di­vi­sion. De Per­pi­gnan à Cler­mont­ Fer­rand, en pas­sant par Us­sel ou Brive. « Je fais trois pas­sages de 15 mi­nutes. Entre le ca­mion pour trans­por­ter le ma­té­riel, les pneus de la mo­to à chan­ ger, c’est une dis­ci­pline qui coûte plus qu’elle ne rap­porte. » ■

« C’est une dis­ci­pline qui coûte plus qu’elle ne rap­porte. » JOR­DAN IM­BERT Stunt­man

PHO­TO DR

FI­GURE. Pour réus­sir ce type de fi­gure, Jor­dan Im­bert s’en­traîne au moins 2 heures par se­maine.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.