In­can­ta­tions

La Montagne (Vichy) - - France & Monde | Actualités - BRU­NO MÈGE bru­no.mege@cen­tre­france.com

Avec quelques heures (?) d’avance, consi­dé­rons la can­di­da­ture Valls comme ac­quise, et sa dé­mis­sion de Ma­ti­gnon aus­si. Dès lors, la lo­gique po­li­tique la plus élé­men­taire semble in­ter­dire toute autre can­di­da­ture « de dis­per­sion » en pro­ve­nance de la mou­vance hol­lan­do­vall­siste (Royal, Tou­raine, Val­laud­Bel­ka­cem), qui pour­rait don­ner un net avan­tage à Mon­te­bourg au pre­mier tour. Ce même rai­son­ne­ment rend dif­fi­cile – sans l’ex­clure – une can­di­da­ture Tau­bi­ra, la­quelle déso­béi­rait ain­si à la consigne don­née par Hol­lande – qu’elle res­pecte – lors de son al­lo­cu­tion­tes­tament de jeu­di.

Tout in­dique donc, pour l’heure, que la pri­maire se joue­ra entre Valls et Mon­te­bourg. À moins de deux mois de l’échéance, on voit mal l’élec­to­rat de cette pri­maire faire sor­tir un troi­sième homme tel un la­pin d’un cha­peau – ou tel un Fillon de gauche – au der­nier mo­ment. Mais Be­noît Ha­mon n’a sans doute pas re­non­cé à jouer ce rôle.

Avant que ne s’en­gage la cam­pagne, il est bon de rap­pe­ler qu’au vu des in­ten­tions de vote ac­tuelles (certes non fi­gées), cette com­pé­ti­tion pour­ rait ser­vir à dé­si­gner ce­lui qui se clas­se­ra au mieux 3e, plus vrai­sem­bla­ble­ment 4e ou 5e, du pre­mier tour de la pré­si­den­tielle, Pour mo­bi­li­ser l’élec­to­rat, il y a mieux…

D’où les in­can­ta­tions –de Cam­ba­dé­lis et d’autres – en di­rec­tion de Ma­cron et de Mé­len­chon pour qu’ils par­ti­cipent à la pri­maire éli­mi­na­toire. Évi­dem­ment, elles ne sont là que pour ten­ter de leur re­pas­ser le Mis­ti­gri de la dis­corde. Ma­cron dit être « de gauche » pour ce qui le concerne, mais son mou­ ve­ment « En Marche » ne l’est pas. Ar­gu­ment re­ce­vable pour re­fu­ser une pri­maire. Quant à Mé­len­chon, au­de­là des (gros) désac­cords pro­gram­ma­tiques, tout can­di­dat es­tam­pillé PS est se­lon lui ce­lui d’un vieil ap­pa­reil sclé­ro­sé, alors que lui­même a en­voyé par­des­sus les mou­lins son propre par­ti (le PG) et « son » propre car­tel élec­to­ral (le Front de gauche, en état de mort cli­nique), pour ten­ter l’aven­ture d’un Po­de­mos à la fran­çaise bap­ti­sé « La France in­sou­mise ». La frac­ture stra­té­gique avec Sol­fé­ri­no est telle qu’on voit mal comment elle pour­rait être ré­duite, même par un Mon­te­bourg vainqueur de la pri­maire.

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