Re­naud, le sur­vi­vant

Por­trait M6 dif­fuse ce soir à 21 heures, le do­cu­men­taire iné­dit « Re­naud, en plein coeur ».

La Montagne (Vichy) - - Actu Télé - Sté­pha­nie Raïo

Di­dier Var­rod signe son troi­sième do­cu­men­taire. sur le chan­teur au ban­da­na rouge, qui lui a ac­cor­dé un en­tre­tien.

■ Re­naud a-t-il fa­ci­le­ment ac­cep­té de faire cette in­ter­view? Non (rire)! Il m’a même en­voyé ba­la­der! Mais gen­ti­ment. En ce mo­ment, sa pré­oc­cu­pa­tion, c’est d’être bon sur scène, donc ré­pondre aux in­ter­views, ça le gonfle. Puis il m’a dit : « Je t’ai dé­jà tout dit ». ■ À voir « Re­naud, le rouge et le noir »

(2002), on pour­rait le croire… Oui, mais je lui ai ré­tor­qué : « C’était il y a qua­torze ans Re­naud ! Entre-temps, il s’est tout de même pas­sé va­che­ment de choses ». Du coup, il m’a ré­pon­du : « Si c’est toi, c’est bon ». Par sou­ci d’hon­nê­te­té, j’ai quand même lais­sé dans l’in­ter­view un mo­ment où il avoue : « Même cette émis­sion, je ne vou­lais pas la faire ». Je pense qu’il faut être franc. Dans ce do­cu­men­taire, il y a beau­coup de choses qu’il n’avait pas dites dans le pre­mier. À l’époque, on ne s’était pas trop ar­rê­té sur l’al­cool. Là, on l’évoque plus lon­gue­ment. Re­naud me parle aus­si de sa ma­man, qui a 95 ans, de Ro­mane, de son fils, de Bras­sens avec des mots qui sont bou­le­ver­sants, ou de sa nou­velle pas­sion pour les bi­kers. Je lui de­mande ce que c’est qu’être de gau-

che au­jourd’hui. Il part dans une longue ti­rade et on le re­trouve comme lors­qu’il avait 35 ans. ■ L’in­té­rêt de ce por­trait re­pose aus­si sur ses in­ter­ve­nants…Re­naud m’a don­né l’au­to­ri­sa­tion de son­der des très proches qui n’avaient ja­mais par­lé de­vant une ca­mé­ra. Il y a son ju­meau, Da­vid, qui s’est beau­coup rap­pro­ché de lui, puis les deux per­sonnes, qu’on ap­pelle des anges gar­diens, qui sont avec Re­naud vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Il y a aus­si Do­mi­nique, évi­dem­ment, sa « gon­zesse ». ■ Qu’est-ce qui a convain­cu son ex­femme de té­moi­gner? Dès les pre­mières mi­nutes, elle dit : « J’ai ac­cep­té parce que vous par­lez de la scène ». C’est le pos­tu­lat de ce film : si Re­naud est en­core en vie, c’est grâce à la scène. Au­jourd’hui, la seule cer­ti­tude, pour elle et tous ceux qui l’en­tourent, c’est de de­voir tout faire pour que Re­naud soit tou­jours en ac­ti­vi­té. Dès qu’il est sur scène, c’est un autre homme. Il perd vingt ans, il se re­dresse. Il y a aus­si ce pu­blic qu’on a beau­coup fil­mé. Ses fans se sou­cient peu de sa­voir s’il chante juste ou pas. Ils sont heu­reux, car ils voient leur Re­naud en vie. Et de­bout, comme il le chante dans sa chan­son.

DO­CU­MEN­TAIRE. Di­dier Var­rod : « Dès que Re­naud est sur scène, il perd vingt ans, c’est un autre homme ».

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