Il veut ras­sem­bler

PRI­MAIRE ■ De­puis sa ville d’Évry, il confirme qu’il se lance dans la course à l’Ély­sée et quitte Ma­ti­gnon

La Montagne (Vichy) - - La Une -

CAN­DI­DAT. Hier, de­puis sa mai­rie d’Evry, Ma­nuel Valls a pla­cé sa can­di­da­ture à la pré­si­den­tielle de 2017 sous le signe du ras­sem­ble­ment et de la ré­con­ci­lia­tion à gauche.

DÉ­MIS­SION. Au­jourd’hui, Ma­nuel Valls don­ne­ra sa dé­mis­sion pour en­trer en cam­pagne, ou­vrant la voie à la no­mi­na­tion d’un nou­veau Pre­mier mi­nistre.

Ma­nuel Valls a an­non­cé hier soir qu’il était « can­di­dat à la pré­si­dence de la Ré­pu­blique », avec la vo­lon­té de « ré­con­ci­lier » la gauche, et qu’il quit­te­rait au­jourd’hui son poste de Pre­mier mi­nistre, quatre jours après le re­non­ce­ment du chef de l’État à bri­guer un se­cond man­dat.

«Oui, je suis can­di­dat à la pré­si­dence de la Ré­pu­blique », a lan­cé dès le dé­but de son dis­cours, hier, en fin d’après­mi­di, Ma­nuel Valls de­puis la mai­rie d’Évry, son fief élec­to­ral dans l’Es­sonne, de­vant un pu­blic mé­tis­sé à l’image de sa ville. « J’ai cette force en moi, cette vo­lon­té de ser­vir mon pays, c’est au­de­là des mots, c’est une convic­tion to­tale, je veux tout don­ner pour la France », a­t­il ajou­té, dans un dis­cours an­cré à gauche, ci­blant le can­di­dat de la droite Fran­çois Fillon, et aux ac­cents par­fois ly­riques.

Sans sur­prise, le chef du gou­ver­ne­ment dé­mis­sion­naire, ar­ri­vé au cô­té de sa femme, Anne Gra­voin, s’est pla­cé sous le signe du ras­sem­ble­ment d’une gauche faible et ex­plo­sée par plu­sieurs can­di­da­tures ri­vales. « Ma can­di­da­ture est celle de la conci­lia­tion, elle est celle de la ré­con­ci­lia­tion », « je veux ras­sem­bler » la gauche, a­t­il aus­si lan­cé, der­rière un pu­pitre sur

le­quel était écrit son tout nou­veau slo­gan : « Faire ga­gner tout ce qui nous ras­semble ».

Pour ten­ter d’ef­fa­cer son image d’homme cli­vant, il a ad­mis avoir eu des « mots durs », sus­ci­té « des dé­bats » et « des in­com­pré­hen­sions », en al­lu­sion à des po­lé­miques qu’il a pu créer par le pas­sé. Mais il a plai­dé n’avoir « ja­mais cé­dé à la ten­ta­tion de l’in­di­vi­dua­lisme, de quit­ter le col­lec­tif », en al­lu­sion à son ri­val Em­ma­nuel Ma­cron, par­ti à l’aven­ture en so­lo. C’est aus­si au nom du « sens de l’État » que Ma­nuel Valls a pré­sen­té sa dé­mis­sion.

Cette in­ter­ven­tion avait été an­non­cée dès les pre­miè­

res heures de la jour­née, son en­tou­rage confir­mant que Ma­nuel Valls fe­rait bien part de sa can­di­da­ture à la pri­maire ini­tiée par le PS. Au­pa­ra­vant, le fu­tur ex­Pre­mier mi­nistre de 54 ans avait re­trou­vé Fran­çois Hol­lande à l’Ély­sée à 13 heures pour le der­nier dé­jeu­ner entre les deux têtes de l’exé­cu­tif.

Par­mi les noms cir­cu­lant pour Ma­ti­gnon se trouvent ceux des mi­nistres Ber­nard Ca­ze­neuve (In­té­rieur), Jean­Yves Le Drian (Défense), Sté­phane Le Foll (Agri­cul­ture), Ma­ri­sol Tou­raine (Santé), Mi­chel Sa­pin (Fi­nances) ou Na­jat Val­laud­Bel­ka­cem (Édu­ca­tion).

Le fu­tur Pre­mier mi­nistre bat­ tra, avec un bail de cinq mois, le re­cord du plus bref pas­sage à Ma­ti­gnon, dé­te­nu par Édith Cres­son avec dix mois entre 1991 et 1992.

Sté­phane Le Foll a in­di­qué, qu’il ne di­rait « pas non ». Un conseiller d’un poids lourd gou­ver­ne­men­tal ta­blait di­manche sur Ber­nard Ca­ze­neuve, ne voyant « pas d’al­ter­na­tive ». Une autre source ne voyait « que Ca­ze­neuve ou Le Drian », avec un avan­tage au se­cond qui pour­rait plus fa­ci­le­ment « cu­mu­ler » sa cas­quette avec Ma­ti­gnon.

« Pas évident »

Concer­nant la ba­taille de la pri­maire (22­29 jan­vier), le sou­tien de la ma­jo­ri­té est loin d’être ga­gné pour Ma­nuel Valls. À l’is­sue d’un dé­jeu­ner au­tour de Sté­phane Le Foll, les fi­dèles du chef de l’État ont fait sa­voir qu’il n’y au­rait pas de sou­tien « au­to­ma­tique ». La maire de Lille, Mar­tine Au­bry, a aus­si dé­cla­ré qu’il n’était « pas évident » qu’elle sou­tienne la can­di­da­ture de Ma­nuel Valls.

Sa li­ber­té re­trou­vée, Ma­nuel Valls s’at­tel­le­ra à en­trer dans ses ha­bits de can­di­dat, avec le sou­ci sans doute de conti­nuer d’at­té­nuer les as­pects les plus cli­vants de son dis­cours, et d’ob­te­nir de nou­veaux ral­lie­ments. Le Pre­mier se­cré­taire du PS, JeanCh­ris­tophe Cam­ba­dé­lis, qui a pro­mis, hier, d’être « im­par­tial », lui a conseillé « d’être sur une po­si­tion nou­velle de ras­sem­ble­ment ». ■

« Ma can­di­da­ture est celle de la ré­con­ci­lia­tion »

➔ As­sem­blée nationale. Ma­nuel Valls va re­de­ve­nir dé­pu­té dans un dé­lai d’un mois, a in­di­qué son en­tou­rage. Il avait été ré­élu pour un troi­sième man­dat de dé­pu­té de la 1re cir­cons­crip­tion de l’Es­sonne en 2012.

PHO­TO AFP

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PRO­GRAMME. Ma­nuel Valls veut « tout don­ner à la France ».

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