Deux « pro­gres­sistes » vers un même ob­jec­tif

La Montagne (Vichy) - - France & Monde Actualités -

Ils ont long­temps été « en phase », deux so­ciaux-li­bé­raux dé­si­reux de « dé­pas­ser » le cli­vage droite/gauche. Mais entre Em­ma­nuel Ma­cron et Ma­nuel Valls, la guerre est dé­sor­mais dé­cla­rée pour por­ter les cou­leurs du « pro­gres­sisme » à l’élec­tion pré­si­den­tielle.

En 2011, dé­jà, Ma­nuel Valls sem­blait an­ti­ci­per ce qui consti­tue­ra en­suite la marque de fa­brique d’Em­ma­nuel Ma­cron : des dé­cla­ra­tions tranchées et vé­cues comme ico­no­clastes par une par­tie de la gauche, y com­pris so­cia­liste. Il pro­po­sait de « dé­ver­rouiller les 35 heures qui n’existent dé­jà plus réel­le­ment » ou de sup­pri­mer « sans tabou » l’im­pôt sur la for­tune.

Le Pre­mier mi­nistre, qui avait plai­dé pour l’ar­ri­vée d’Em­ma­nuel Ma­cron à Ber­cy en août 2014, pre­nait sa défense quelques mois plus tard : « C’est une nou­velle gé­né­ra­tion RI­VAUX. Des choix stra­té­giques an­ta­go­niques entre Em­ma­nuel Ma­cron ( àg ) et le Pre­mier mi­nistre, Ma­nuel Valls.

qui as­sume ses res­pon­sa­bi­li­tés […] Parce qu’il a été ban­quier, Em­ma­nuel Ma­cron ne pour­rait pas être de gauche ? »

Le 3 avril – quelques

jours avant le lan­ce­ment du mou­ve­ment d’Em­ma­nuel Ma­cron, « En marche ! » –, le chef du gou­ver­ne­ment re­di­sait son dé­sir de « trans­cen­der les cli­vages » et de « tendre la main » à la droite.

Mais les dis­sen­sions entre les deux hommes n’ont pas tar­dé à se faire jour, mê­lant ba­tailles d’ego et di­ver­gences de fond, pour abou­tir à des choix stra­té­giques an­ta­go­niques. Cette concur­rence est ap­pa­rue en plein jour dé­but 2016, à l’oc­ca­sion de la loi Tra­vail : plu­sieurs ob­ser­va­teurs ra­content com­ment cha­cun a alors fait as­saut de « ré­for­misme », avec pour ef­fet de rendre pu­blic un texte qui n’avait pas été va­li­dé par les par­te­naires so­ciaux.

« À droite sur tout »

Autres su­jets de dis­corde : la laï­ci­té, la res­pon­sa­bi­li­té ou non de la so­cié­té fran­çaise dans l’exis­tence d’un « ter­reau » du ter­ro­risme, de ma­nière plus gé­né­rale un rap­port à l’au­to­ri­té dif­fé­rent.

« Valls est à droite sur tout. La so­cié­té, l’éco­no­mie. Ma­cron est à droite sur l’éco­no­mie. À gauche sur les va­leurs, la so­cié­té, les ban­lieues », ana­ly­sait en mars un an­cien mi­nistre de Fran­çois Hol­lande. « Un li­bé­ral au­to­ri­taire », face à un « li­bé­ral li­ber­taire », ré­su­mait un autre élu.

Em­ma­nuel Ma­cron a fi­na­le­ment lan­cé son propre mou­ve­ment et pré­sen­té sa can­di­da­ture à la pré­si­den­tielle. Il re­fuse de pas­ser par la pri­maire or­ga­ni­sée par le PS, qui n’a d’autre ob­jet se­lon lui que de ré­gler des « que­relles de clans ».

Adhé­rent du PS de­puis ses 17 ans, Ma­nuel Valls est bien pla­cé pour ra­fler la ma­jo­ri­té des sou­tiens so­cia­listes s’iden­ti­fiant à la gauche gou­ver­ne­men­tale. Em­ma­nuel Ma­cron, qui n’a été que briè­ve­ment so­cia­liste et n’a ja­mais été élu, es­père, lui, ral­lier les « or­phe­lins » de Fran­çois Hol­lande qui ne se re­con­naî­traient pas dans la « gauche coup de men­ton » de Ma­nuel Valls. ■

PHO­TO AFP

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