D’al­liés à ri­vaux dé­cla­rés

La Montagne (Vichy) - - France & Monde Actualités -

Al­liés de cir­cons­tance au prin­temps 2014 pour ren­ver­ser Jean-Marc Ay­rault, Ma­nuel Valls, Ar­naud Mon­te­bourg et Be­noît Ha­mon par­ta­ge­ront la même es­trade lors de la pri­maire ini­tiée par le PS, mais cette fois en tant qu’ad­ver­saires.

Ma­nuel Valls a « théo­ri­sé les gauches ir­ré­con­ci­liables. Il me semble qu’au­jourd’hui il ne peut pas in­car­ner l’ave­nir de la gauche », a dé­cla­ré Be­noît Ha­mon ven­dre­di, don­nant le ton d’une pri­maire de la gauche qui s’an­nonce dis­pu­tée.

« Fran­çois Hol­lande et Ma­nuel Valls, c’est la même po­li­tique […] celle qui n’a pas re­dres­sé le pays, celle qui a dis­lo­qué la gauche », avait dé­jà at­ta­qué Ar­naud Mon­te­bourg di­manche.

Entre Ma­nuel Valls, Ar­naud Mon­te­bourg et Be­noît Ha­mon, le ma­riage de rai­son au­ra donc du­ré cinq mois, le temps d’un bail com­mun au gou­ver­ne­ment entre avril et août 2014 sous la fé­rule de Ma­nuel Valls.

Les voi­là dé­sor­mais op­po­sés à la pri­maire de la gauche (22 au 22 jan­vier), nou­veau re­bon­dis­se­ment du feuille­ton met­tant en scène ce mé­nage à trois que peu de choses semblent rap­pro­cher sur le fond.

Le temps de leur union – cer­tains par­le­ront de conspi­ra­tion – pa­raît loin­tain. Le trio avait ma­noeu­vré pour évin­cer de Ma­ti­gnon Jean­Marc Ay­rault, Pre­mier mi­nistre de Fran­çois Hol­lande lors des deux pre­mières an­nées du quin­quen­nat, ju­gé in­ca­pable d’ani­mer l’équipe gou­ver­ne­men­tale.

Une in­trigue amor­cée dès l’au­tomne 2013 par Ar­naud Mon­te­bourg, alors flam­boyant mi­nistre du Re­dres­se­ment pro­duc­tif, et Ma­nuel Valls, in­fluent pen­sion­naire de l’In­té­rieur, par l’en­tre­mise d’Aqui­li­no Mo­relle, à l’époque conseiller po­li­tique de Fran­çois Hol­lande.

Vieille connais­sance

En­jeu de l’ac­cord, Ma­nuel Valls, te­nant de l’aile droite du PS, ac­cé­de­rait ain­si à Ma­ti­gnon, et Ar­naud Mon­te­bourg ob­tien­drait en contre­par­tie une ré­orien­ta­tion de la po­li­tique éco­no­mique. Be­noît Ha­mon, alors mi­nistre dé­lé­gué à l’Éco­no­mie so­ciale et so­li­daire, ap­porte la cau­tion de l’aile gauche à la ma­ni­gance qui abou­tit le 30 mars 2014, soir de dé­route pour AU­TOMNE 2013. Ma­nuel Valls, Ar­naud Mon­te­bourg et Be­noît Ha­mon s’en­tendent pour ren­ver­ser Jean-Marc Ay­rault.

le gou­ver­ne­ment aux élec­tions mu­ni­ci­pales. Les ma­ro­quins tournent : Ar­naud Mon­te­bourg voit ses pré­ro­ga­tives élar­gies à l’Éco­no­mie, Be­noît Ha­mon est pro­mu à l’Édu­ca­tion nationale.

Aqui­li­no Mo­relle, au­tre­fois plume de Lio­nel Jos­pin, est une vieille connais­sance de Ma­nuel Valls qui était char­gé de la com­mu­ni­ca­tion de l’an­cien Pre­mier mi­nistre (1997­2002), mais aus­si d’Ar­naud Mon­te­bourg, dont il a été di­rec­teur de cam­pagne lors de la pri­maire so­cia­liste de 2011 et dont il est tou­jours

proche. Tous trois se sont ran­gés der­rière Fran­çois Hol­lande lors du se­cond tour de cette pri­maire, face à Mar­tine Au­bry, sou­te­nue par Be­noît Ha­mon.

Cette en­tente un peu contre­na­ture fait long feu et vole en éclats le 24 août 2014 lors de la Fête de la rose de Fran­gy­en­Bresse, fief de Saône­et­Loire d’Ar­naud Mon­te­bourg.

Une of­fen­sive co­or­don­née dans la presse d’Ar­naud Mon­te­bourg et Be­noît Ha­mon la veille avait don­né le ton : il faut cette fois une in­flexion ma­jeure de la po­li­tique éco­no­mique. Un avant­goût de pri­maire… ■

PHO­TO AFP

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