Chaud et froid pour les po­pu­listes

PO­LI­TIQUE ■ En­cou­ra­gés par les ré­sul­tats du ré­fé­ren­dum ita­lien mais dé­çus par la pré­si­den­tielle au­tri­chienne

La Montagne (Vichy) - - France & Monde Actualités -

Les po­pu­listes eu­ro­péens se sentent confor­tés après l’échec du ré­fé­ren­dum en Italie, mais la dé­faite du can­di­dat d’ex­trême droite à la pré­si­den­tielle au­tri­chienne, sa­luée par le camp proU­nion eu­ro­péenne, a contra­rié leurs am­bi­tions.

Pour le Pre­mier mi­nistre fran­çais, Ma­nuel Valls, la preuve que « le po­pu­lisme n’est pas une fa­ta­li­té pour l’Eu­rope », c’est l’échec du par­ti de la li­ber­té (FPÖ) au­tri­chien a conqué­rir, di­manche, la pré­si­dence. Les di­ri­geants de cette for­ma­tion po­pu­liste re­portent leurs am­bi­tions sur les lé­gis­la­tives, pré­vues au plus tard en 2018 en Au­triche.

C’est aus­si l’ob­jec­tif du Mou­ve­ment 5 étoiles (M5S) et de la Ligue du Nord, en Italie, qui es­pèrent ca­pi­ta­li­ser sur l’échec du ré­fé­ren­dum consti­tu­tion­nel. Leurs lea­ders ont ré­cla­mé une dis­so­lu­tion du Par­le­ment après la dé­mis­sion du chef du gou­ver­ne­ment, Mat­teo Ren­zi.

De­puis les Pays­Bas, le lea­der d’ex­trême droite Geert Wil­ders, en tête dans les son­dages pour des lé­gis­la­tives pré­vues en

mars, a fé­li­ci­té l’Italie et le pa­tron de la Ligue du Nord, Mat­teo Sal­vi­ni. « Nous al­lons ga­gner le 15 mars. Re­mettre les choses dans l’ordre », a­t­il pro­mis.

« Un bon pré­sage »

« Les Ita­liens ont dé­sa­voué l’UE et Ren­zi », a sa­lué Ma­rine Le Pen, la pa­tronne du Front na­tio­nal, qui, se­lon les son­dages, est as­su­rée de fi­gu­rer au

se­cond tour de la pré­si­den­tielle fran­çaise.

En Grande­Bre­tagne, le quo­ti­dien eu­ros­cep­tique Dai­ly Mail a sa­lué un « Ita­lexit » et une « nou­velle ré­volte contre l’es­ta­blish­ment » au­gu­rant de la pos­sible ar­ri­vée au « pou­voir de po­pu­listes sou­hai­tant sor­tir le pays de l’eu­ro ».

Le chef de la di­plo­ma­tie al­le­mande, Frank­Wal­ter Stein­meier, a re­con­nu, hier, que le ré­sul­tat du ré­fé­ren­dum ita­lien n’était « pas un mes­sage po­si­tif pour l’Eu­rope, en des temps dif­fi­ciles ». Il a tou­te­fois ex­pri­mé sa sa­tis­fac­tion sur l’is­sue de la pré­si­den­tielle au­tri­chienne, qui a vu la vic­toire de l’éco­lo­giste pro­eu­ro­péen Alexan­der Van der Bel­len face au can­di­dat FPÖ Nor­bert Ho­fer, « un bon pré­sage », se­lon lui.

« L’élec­tion de Do­nald Trump et le Brexit ont in­ver­sé la va­peur en Au­triche », es­time l’ana­lyste du groupe de ré­flexion Car­ne­gie. « L’idée d’une pos­sible sor­tie de l’UE a fait peur et conduit au choix d’un can­di­dat hors sys­tème mais tra­di­tion­nel et beau­coup plus pro­Eu­ro­péen », a­t­il ajou­té.

Avec 46,7 % des voix, se­lon les pro­jec­tions, Nor­bert Ho­fer, 45 ans, a tou­te­fois réa­li­sé le meilleur ré­sul­tat ja­mais en­re­gis­tré par un par­ti d’ex­trême droite en Au­triche de­puis la guerre. « Ceux qui ont vo­té pour le FPÖ en fe­ront cer­tai­ne­ment de même la pro­chaine fois », a pré­dit la pa­tronne du par­ti po­pu­liste al­le­mand AfD, Frauke Pe­try. ■

PHO­TO AFP

AMER­TUME. Le can­di­dat au­tri­chien Nor­bert Ho­fer et sa femme, Ve­re­na, ac­cusent le coup di­manche soir.

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