Le Foots­barn cherche des mé­cènes

La Montagne (Vichy) - - Allier Actualité - Flo­rence Fa­ri­na flo­rence.fa­ri­na@cen­tre­france.com

« Ac­tuel­le­ment, c’est le ser­pent qui se mord la queue »

Le Foots­barn Theatre fait ap­pel au mé­cé­nat pri­vé. L’ob­jec­tif est de pal­lier les baisses de sub­ven­tions pu­bliques et de conti­nuer de créer des spec­tacles.

Àl’heure où l’ar­gent pu­blic se fait de plus en plus rare, le Foots­barn Theatre a dé­ci­dé de faire ap­pel au mé­cé­nat pri­vé.

Bien que l’ap­pel aux dons n’ait été lan­cé que de­puis la se­maine der­nière, l’idée avait dé­jà trot­té dans les têtes de Pad­dy et Fré­dé­ri­cka Hay­ter, les fon­da­teurs de la troupe ins­tal­lée à Maillet, à cô­té d’Hé­ris­son, lors la mise en re­dres­se­ment ju­di­ciaire du Foots­barn en 2011. La baisse de moi­tié de la sub­ven­tion du conseil dé­par­te­men­tal et la ré­or­ga­ni­sa­tion des ré­gions ont mis en exergue la né­ces­si­té de se tour­ner vers le pri­vé pour trou­ver de nou­veaux fonds. « L’an­née 2016 a été très com­pli­quée. Avec la re­fonte des ré­gions, l’at­tri­bu­tion des sub­ven­tions a pris six mois de re­tard. Nous n’avons tou­ché les sub­ven­tions qu’en juin voire juillet. Du­rant cette pé­riode, les pro­jets étaient en stand­by », ex­plique Flore Monnier, l’as­sis­tante de pro­duc­tion.

Moins d’ar­gent pu­blic

L’ar­ri­vée de fonds pri­vés per­met­trait à la troupe de ne plus être blo­quée dans son pro­ces­sus de créa­tion et de pro­mo­tion de ses spec­tacles. « Ac­tuel­le­ment, c’est le ser­pent qui se mord la

queue. Quand nous n’avons pas de sub­ven­tion, nous ne pou­vons pas lan­cer de nou­veaux pro­jets et créer de nou­veaux spec­tacles. Si nous n’avons pas de spec­tacle à vendre, nous ne pou­vons pas ga­gner l’ar­gent qui nous per­met­trait d’être moins dé­pen­dants des sub­ven­tions », ré­sume Flore Monnier. « Avec la baisse des sub­ven­tions pu­bliques, le fes­ti­val d’Hé­ris­son que nous or­ga­ni­sons est pas­sé d’une

se­maine à trois jours. C’est moins de frais mais c’est aus­si moins de re­cettes », ren­ché­rit Pad­dy Hay­ter.

La di­mi­nu­tion de moi­tié de la sub­ven­tion dé­par­te­men­tale a été plus sen­sible au Foots­barn Theatre que dans d’autres troupes lo­cales pour deux rai­sons. Tout d’abord la troupe conti­nue de rem­bour­ser sa dette suite au re­dres­se­ment ju­di­ciaire. « La sub­ven­tion du dé­par­te­ment est

à pré­sent de 45.000 eu­ros. Là­des­sus nous rem­bour­sons plus de 30.000 eu­ros de dette, frais d’avo­cat com­pris. Bien qu’elle ait di­mi­nué de moi­tié, elle reste une sub­ven­tion es­sen­tielle pour nous », sou­lignent Flore Monnier et Pad­dy et Fré­dé­ri­cka Hay­ter.

La se­conde rai­son dé­coule de la ges­tion de la Chaus­sée. « Avec le lieu de ré­si­dence, le cha­pi­teau et le ma­té­riel, nous avons beau­coup de charges. Mais le cha­pi­teau est notre marque de fa­brique, in­sistent Pad­dy et Fré­dé­ri­cka Hay­ter. Ce lieu a per­mis à beau­coup de com­pa­gnies lo­cales, na­tio­nales et in­ter­na­tio­nales de se faire connaître. Tout le monde nous dit que nous avons un lieu unique, avec tout sur place pour créer un spec­tacle. Il y a un stu­dio, des ate­liers pour créer des dé­cors et des cos­tumes, un ga­rage, le cha­pi­teau… »

Le couple re­con­naît que la Chaus­sée n’est pas ren­table mais que le lieu a un in­té­rêt éco­no­mique non né­gli­geable. « Nous fai­sons connaître la ré­gion d’Hé­ris­son par­tout en France et à l’étran­ger. Une tren­taine de per­sonnes qui tra­vaillent avec nous se sont ins­tal­lées ici. Elles ont ache­té des mai­sons, font tra­vailler les com­merces », ren­ché­rit le couple ar­ri­vé en 1990.

Mal­gré ses dif­fi­cul­tés fi­nan­cières le Foots­barn Theatre ne manque pas de pro­jets. La troupe pré­pare un spec­tacle au­tour de deux farces de Mo­lière et de Da­rio Fo, in­ti­tu­lé Mo­lière, c’est Fo, qui se­ra joué à Pa­ris au dé­but de l’an­née 2017. ■

➔ Pra­tique. Les in­for­ma­tions sur le mé­cé­nat Les Amis de Foots­barn sont dis­po­nibles sur le site www.foots­barn.com et sur la page Fa­ce­book de la troupe. Les sommes don­nées sont dé­duc­tibles des im­pôts.

PHO­TO BER­NARD LORETTE

PAR­TI­CI­PA­TION. Fré­dé­ri­cka et Pad­dy Hay­ter ain­si que Flore Monnier es­pèrent le mé­cé­nat ten­te­ra le pu­blic qui ap­pré­cie le tra­vail que le Foots­barn réa­lise à la Chaus­sée.

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