Am­sa­lem : « On a chan­gé l’ath­lé­tisme »

La Montagne (Vichy) - - Sports Auvergne - Fran­cis La­porte

Pré­sident de la Fé­dé­ra­tion Fran­çaise d’Ath­lé­tisme de­puis jan­vier 2001, Ber­nard Am­sa­lem ne bri­gue­ra pas un cin­quième man­dat consé­cu­tif. En­tre­tien à l’ar­ri­vée de 16 an­nées d’ac­tion.

Pour­quoi ne pas vous pré­sen­ter à nou­veau ?

J’ai 65 ans et j’es­time que c’est l’âge de par­tir à la re­traite. C’est ma convic­tion. D’ailleurs, si j’ai fait un 4e man­dat, c’est à la de­mande des ath­lètes de l’équipe de France. Il faut sa­voir pas­ser la main pour que les choses se re­nou­vellent. ■ Com­pli­qué de faire le bi­lan d’une ac­tion com­men­cée en 2001 ? Vous sa­vez, l’ath­lé­tisme est un sport de chiffres et, eux, on ne peut pas les faire men­tir. Quand on re­garde ces in­di­ca­teurs, re­cords, mé­dailles, li­cen­ciés, on est en pro­grès comme on ne l’a ja­mais été. On dé­passe les 300.000 li­cen­ciés, re­cord ab­so­lu, avec une moyenne an­nuelle de 6 % d’aug­men­ta­tion de­puis 10 ans ; on ré­colte 6 mé­dailles aux JO, his­to­rique ; on bat des re­cords aux Eu­rope, même chez les jeunes. Dans les DUO. Ber­nard Am­sa­lem (à droite) au Sta­dium Pel­lez, pré­sent à cha­cune des 9 édi­tions des France Élite. Ici en 2011, c’est la pre­mière pour son nou­veau DTN, Gha­ni Ya­louz.

évé­ne­ments qu’on a or­ga­ni­sés, je ci­te­rais les 60.000 spec­ta­teurs de moyenne par jour aux Mon­diaux au Stade de France en 2003, les 46.000 en­trées sur deux jours aux cham­pion­nats du monde de cross à Saint­Gal­mier en 2005. On a re­fu­sé du monde pour

les Eu­rope In­door de 2011 à Ber­cy ou en­core à l’Eki­den de Pa­ris 2016, 1.600 équipes, 200 de re­fu­sées. ■ Vos plus grandes sa­tis­fac­tions ? L’am­biance en équipe de France, ja­mais il n’y a eu une re­la­tion aus­si proche. Le jour et la nuit avec d’autres époques. En­

suite, la lutte contre le do­page, un su­jet consi­dé­ré comme ta­bou. Mais j’ai vou­lu qu’on en parle, qu’on prenne nos res­pon­sa­bi­li­tés. On a ef­fec­tué un tra­vail de pré­ven­tion as­sez rare dans les fé­dé­ra­tions, qui a per­mis d’éli­mi­ner les tri­cheurs. Et puis, ma troi­ sième fier­té, c’est d’avoir élar­gi la dé­mo­cra­tie in­terne en as­so­ciant beau­coup de monde aux dé­ci­sions prises pas uni­que­ment par le co­mi­té di­rec­teur de 37 membres, le re­cord des fé­dé­ra­tions, mais entre 500 et 600 per­sonnes. ■ Vous res­te­rez sur­tout comme le pre­mier pré­sident fé­dé­ral à avoir choi­si un di­rec­teur tech­nique na­tio­nal non tech­ni­cien. Au dé­part, j’ai été très cri­ti­qué, même le Mi­nis­tère n’y croyait pas. Mais fran­che­ment, c’est à faire pour toutes les fé­dé­ra­tions. D’autres ont sui­vi d’ailleurs. Car on ne de­mande pas à un DTN d’en­traî­ner des ath­lètes mais d’as­su­rer des re­la­tions, de gé­rer des pro­jets et des hommes. Gha­ni Ya­louz avait l’ex­pé­rience du haut ni­veau comme spor­tif, mé­daillé d’ar­gent de lutte à At­lan­ta, et DTN de sa fé­dé­ra­tion. L’avan­tage, ce fut son oeil neuf, son ar­ri­vée sans a prio­ri, sans co­pi­nage, sans ré­gler des comptes, ce qui était le cas avant. Avec lui, on a mis en place des ré­formes ex­tra­or­di­naires et on a chan­gé l’ath­lé­tisme comme ra­re­ment dans l’his­toire. Avec lui, il n’y a plus de castes. ■ Un re­gret au sor­tir de vos quatre man­dats ? Un. Sur le run­ning, de­ve­nu un phé­no­mène de so­cié­té. J’ai dé­ci­dé un peu tard que la Fé­dé de­vait in­ves­tir de­dans. Là, c’est par­ti. ■ Por­tez-vous un re­gard à part sur l’Au­vergne ? Ab­so­lu­ment. C’est une ré­gion exem­plaire. Par­ti­cu­liè­re­ment avec la créa­tion de la salle d’Au­bière, pre­mière de cette en­ver­gure avec Lié­vin. Un ou­til for­mi­dable que j’ai d’ailleurs co­pié en plus pe­tit à Val­deReuil. C’est le té­moi­gnage d’une dy­na­mique, avec les clubs, ce­lui de Cler­mont, le plus grand de France, avec le pôle perche d’où est is­su Re­naud La­ville­nie, notre porte­dra­peau, en­core mé­daillé olym­pique et dé­ten­teur du re­cord du monde. ■ Une telle iden­ti­té court-elle le risque de dis­pa­raître dans une grande ré­gion ? Bien sûr, c’est pour ça que les Bre­tons sont res­tés seuls. Mais sur le plan spor­tif, c’est quand même in­té­res­sant d’avoir un ter­ri­toire plus grand. Ce­la crée une ému­la­tion qui porte vers le haut, une es­pèce de com­pé­ti­tion fruc­tueuse et ver­tueuse. ■

PHO­TO RI­CHARD BRU­NEL

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