Un front uni an­ti­Valls ?

La Montagne (Vichy) - - France & Monde Actualités - AFP

Par­ti à l’aven­ture pré­si­den­tielle en quit­tant son port de Ma­ti­gnon, Ma­nuel Valls va de­voir me­ner une tra­ver­sée dif­fi­cile entre les mines de tous ceux qui ai­me­raient le voir chu­ter à la pri­maire d’un PS très di­vi­sé.

Le can­di­dat est dé­sor­mais un ex­Pre­mier mi­nistre, rem­pla­cé hier par Ber­nard Ca­ze­neuve, qui lui avait dé­jà suc­cé­dé place Beau­vau.

Re­pas­sé en mode « pe­tite en­tre­prise », Ma­nuel Valls a en­gran­gé de­puis l’an­nonce de sa can­di­da­ture lun­di à Évry quelques ral­lie­ments : le pa­tron des sé­na­teurs PS Di­dier Guillaume, le dé­pu­té de l’Ar­dèche Oli­vier Dus­sopt clas­sé au­bryste, ou en­core le sé­na­teur de Loire­At­lan­tique Yan­nick Vau­gre­nard.

Après une in­ter­ven­tion au 20­Heures de France 2 hier soir, l’an­cien locataire de Ma­ti­gnon a pu comp­ter ses troupes à 21 heures à la ques­ture de l’As­sem­blée na­tio­nale, où étaient in­vi­tés les par­le­men­taires « qui ont en­vie ». Mais les sou­tiens n’af­fluent pas au rythme es­pé­ré, alors qu’un front an­ti­Valls se des­sine chez ses ad­ver­saires.

« Le ras­sem­ble­ment est SUR LE TER­RAIN. Ma­nuel Valls en­tame sa cam­pagne au­jourd’hui avec un mee­ting à Au­din­court, dans le Doubs.

en oeuvre, mais cette cam­pagne se­ra rude », re­con­naît un lieu­te­nant du Pre­mier mi­nistre qui se dit « pas in­quiet ».

Le Guen exi­lé

Le tout nou­veau mi­nistre de l’In­té­rieur Bru­no Le Roux, qui fin oc­tobre avait qua­li­fié Ma­nuel Valls de « plus lé­gi­time à por­ter nos cou­leurs » en cas de re­non­ce­ment de Hol­lande, a fait sa­voir lun­di qu’il

« at­ten­dait de voir ». Comme Sté­phane Le Foll ou Fran­çois Reb­sa­men, autres lieu­te­nants de Fran­çois Hol­lande.

Le mi­ni­re­ma­nie­ment d’hier n’a certes pas si­gni­fié de guerre ou­verte avec l’Ély­sée : Ber­nard Ca­ze­neuve est beau­coup plus « vall­so­com­pa­tible » qu’un Sté­phane Le Foll, qui fai­sait éga­le­ment par­tie des « pre­miers­mi­nis­trables ».

Mais il a vu Jean­Ma­rie Le Guen, proche de Ma­nuel Valls, perdre le stra­té­gique se­cré­ta­riat des re­la­tions avec le Par­le­ment au pro­fit du « hol­lan­dais » An­dré Val­li­ni. Le voi­là neu­tra­li­sé au Dé­ve­lop­pe­ment et à la Fran­co­pho­nie, ce qui risque de l’éloi­gner fré­quem­ment à l’étran­ger.

Du cô­té de la pri­maire, la sé­na­trice de l’aile gauche du PS Ma­rie­Noëlle Lie­ne­mann en­vi­sage de re­ti­rer sa can­di­da­ture, pro­met­tant dans tous les cas de sou­te­nir « ce­lui qui se­ra en si­tua­tion de battre Ma­nuel Valls ».

Si les pré­cé­dents échecs de Jacques Chi­rac en 1988, Édouard Bal­la­dur en 1995 et Lio­nel Jos­pin en 2002 ont mon­tré la dif­fi­cul­té de cu­mu­ler Ma­ti­gnon et can­di­da­ture à la pré­si­den­tielle, Ma­nuel Valls doit dé­sor­mais prou­ver que le mo­dèle de la « li­ber­té » est une meilleure piste. Le seul pré­cé­dent Georges Pom­pi­dou, aux confins des an­nées 60, ne lui se­ra guère utile.

Ma­nuel Valls doit en­ta­mer au­jourd’hui une cam­pagne qui se veut de « ter­rain » dans le Doubs, terre in­dus­trieuse de l’Est. ■

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