Banque Po­pu­laire : une fu­sion of­fen­sive

La Montagne (Vichy) - - Région Actualité - Phi­lippe Cros

Ce ma­tin, les trois Banque Po­pu­laire du Mas­sif cen­tral, Loire Lyon­nais et des Alpes ne font plus qu’une. La pre­mière banque à épou­ser les li­mites de la nou­velle ré­gion est di­ri­gée par un Au­ver­gnat, Do­mi­nique Mar­ti­nie.

C’est fait. D’abord à Cler­mont­Fer­rand, hier ma­tin. Puis à Lyon en dé­but d’après­mi­di et en­fin à Gre­noble en fin de jour­née, les so­cié­taires de la Banque Po­pu­laire ont va­li­dé la nais­sance de la Banque Po­pu­laire Au­vergne­Rhône­Alpes, lors de trois as­sem­blées gé­né­rales ex­tra­or­di­naires suc­ces­sives.

« More of the same »

Un co­losse ban­caire à l’échelle ré­gio­nale, le pre­mier à épou­ser les contours (même plus) de la nou­velle ré­gion. La nou­velle en­ti­té est la plus grosse (en di­men­sion et en poids fi­nan­cier) banque du groupe Banque Po­pu­laire en ré­gions.

« L’idée de se rap­pro­cher ré­pond au be­soin de créer une banque plus so­lide et mettre en com­mun nos moyens et nos ex­per­tises, se fé­li­cite Do­mi­nique DI­RI­GEANTS. Da­niel Ka­ryo­tis, qui a pi­lo­té la fu­sion des trois banques, est le di­rec­teur gé­né­ral de la nou­velle Banque Po­pu­laire Au­vergne-Rhône-Alpes. A droite, Do­mi­nique Mar­ti­nie passe de la pré­si­dence de la Banque Po­pu­laire Mas­sif cen­tral à celle de la nou­velle en­ti­té ré­gio­nale.

Mar­ti­nie, pré­sident du conseil d’ad­mi­nis­tra­tion Mas­sif cen­tral jus­qu’à hier, au­jourd’hui pré­sident “au­ve­rho­nal­pins”. Ce que nous fai­sons n’a rien de dé­fen­sif, c’est une fu­sion of­fen­sive. »

Le nou­veau di­rec­teur gé­né­ral, Da­niel Ka­ryo­tis, illustre cette vo­lon­té au­près de la clien­tèle par­ti­cu­lière par une ex­pres­sion an­glaise, « More of the same ; plus de la même chose ». Le ré­seau d’agences ne

se­ra pas af­fec­té par le rap­pro­che­ment. « Pour nos clients par­ti­cu­liers, la fu­sion se­ra in­vi­sible et in­do­lore », as­sure­t­il. Les ta­ri­fi­ca­tions vont être uni­fiées entre les trois an­ciens sec­teurs « mais glo­ ba­le­ment les lignes de ta­ri­fi­ca­tion n’aug­men­te­ront pas ».

Pour les di­ri­geants de la banque, le point ma­jeur ré­side « dans une ca­pa­ci­té ac­crue à l’in­ves­tis­se­ment », à des­ti­na­tion du monde éco­no­mique et des col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales.

« La fu­sion nous per­met de dis­po­ser d’une force de frappe consi­dé­rable à l’échelle de la ré­gion, avance Da­niel Ka­ryo­tis. Notre chiffre d’af­faires va dé­pas­ser les 700 mil­lions d’eu­ros, on dis­pose de 2,6 mil­liards de fonds propres et d’une ex­per­tise sur les grandes en­tre­prises, no­tam­ment à Lyon. Nous al­lons être en ca­pa­ci­té d’ac­cé­lé­rer. Au­jourd’hui, les bar­rières vont dis­pa­raître. »

D’un point de vue so­cial, la fu­sion va se sol­der par en­vi­ron deux cents dé­parts jus­qu’en 2019, sur les fonc­tions sup­port : « On a né­go­cié dès le mois d’avril avec les par­te­naires so­ciaux, qui ont tous si­gné des ac­cords pour un plan d’ac­com­pa­gne­ment, dé­voile le di­rec­teur gé­né­ral. Preuve que ce­la se fait se­rei­ne­ment. Il n’y au­ra pas de dé­parts con­traints. »

« La banque va conti­nuer sa po­li­tique d’em­bauche, pré­cise Do­mi­nique Mar­ti­nie. Pour le Mas­sif cen­tral, c’était 80 em­bauches par an. Cette dy­na­mique va se pour­suivre à l’échelle ré­gio­nale. »

À la Banque Po­pu­laire, les fu­sions sont dans l’air du temps : Al­sace et Lor­raine­Cham­pagne en 2014 ; Côte d’Azur, Pro­vence et Corse fin no­vembre ; Aqui­taine, Poi­tou et Li­mou­sin l’avait dé­jà fait en 2011. ■

« La fu­sion nous per­met de dis­po­ser d’une force de frappe consi­dé­rable »

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