Peillon, le can­di­dat sur­prise

La Montagne (Vichy) - - France & Monde Actualités -

Avec la pro­bable can­di­da­ture de Vincent Peillon, la pri­maire or­ga­ni­sée par le PS risque de prendre des al­lures de ré­fé­ren­dum an­tiValls, dans un contexte où la gauche semble in­ca­pable de se qua­li­fier pour le se­cond tour de la pré­si­den­tielle.

Plu­sieurs dé­pu­tés ont confir­mé, hier, des in­for­ma­tions de France Info se­lon les­quelles l’an­cien mi­nistre de l’Édu­ca­tion, de­ve­nu dé­pu­té eu­ro­péen en 2014 et re­ti­ré de la scène mé­dia­tique de­puis, al­lait pré­sen­ter sa can­di­da­ture à la pri­maire.

Ces dif­fé­rentes sources ont évo­qué un dé­pôt de can­di­da­ture à la fin de la se­maine, sui­vi d’une réunion de ses sou­tiens la se­maine pro­chaine. « C’est une can­di­da­ture qui re­pré­sente le coeur du Par­ti so­cia­liste, à équi­dis­tance de Ma­nuel Valls et des fron­deurs », a dé­cla­ré l’un de ses sou­tiens, le dé­pu­té mar­seillais Pa­trick Men­nuc­ci.

« Tout sauf Valls »

« Il est ap­pe­lé par la base, il est sou­te­nu par beau­coup de monde », a abon­dé le dé­pu­té Eduar­do Ri­han­Cy­pel, un autre de ses sou­tiens.

Les par­ti­sans de l’an­cien Pre­mier mi­nistre ne cachent pas qu’ils soup­çonnent les « hol­lan­dais » d’être à l’ori­gine de cette mise en or­bite sur­prise. Ou en tout cas des an­ti­Valls par­mi les­quels Anne Hi­dal­go, Ch­ris­tiane Tau­bi­ra et sur­tout Mar­tine Au­bry, trois per­son­na­li­tés dont les ré­serves vis­à­vis de Ma­nuel Valls sont connues.

Les maires de Pa­ris et de Lille

ont af­fir­mé ne pas avoir di­rec­te­ment sol­li­ci­té l’an­cien mi­nistre de l’Édu­ca­tion. Cette can­di­da­ture s’ap­pa­rente à « une mau­vaise plai­san­te­rie » liée à l’« amer­tume », un « concours Lé­pine de ce­lui qui se dit : “ça y est, je me lève ce ma­tin et je suis can­di­dat” », ont im­mé­dia­te­ment at­ta­qué des dé­pu­tés vall­sistes.

Ma­nuel Valls lui­même a es­ti­mé qu’on ne pou­vait pas « être can­di­dat pour af­fai­blir ». « Moi, je suis can­di­dat à la pré­si­dence de la Ré­pu­blique, je parle aux Fran­çais », a­t­il mar­te­lé quelques heures avant de te­nir son pre­mier mee­ting de can­di­dat à Au­din­court (Doubs). Là, il a en­

fon­cé le clou : « On ne s’im­pro­vise pas can­di­dat à la pré­si­dence de la Ré­pu­blique […] Je suis au centre, au coeur même de ce qu’est la gauche ».

Sa­luée comme une « bonne nou­velle » par un membre du gou­ver­ne­ment, l’ar­ri­vée de Vincent Peillon dans la course, non en­core confir­mée par l’in­té­res­sé, a été ap­plau­die par le pa­tron des so­cia­listes, Jean­Ch­ris­tophe Cam­ba­dé­lis, pour qui l’an­cien mi­nistre « a des choses à dire, je pense, au pays et pas seule­ment au par­ti ».

La di­ver­gence po­li­tique n’est pas fla­grante, ce qui si­gni­fie que Vincent Peillon peut mordre sur

l’élec­to­rat de Ma­nuel Valls au sein de la fa­mille so­cia­liste. Qua­rante­huit heures à peine après la dé­cla­ra­tion de can­di­da­ture de l’ex­Pre­mier mi­nistre, le spectre d’un mou­ve­ment « tout sauf Valls », comme il a pu exis­ter à droite un « tout sauf Sar­ko­zy », est dé­sor­mais dans tous les es­prits.

Une de ses plus fa­rouches op­po­santes au sein du PS, Ma­rieNoëlle Lie­ne­mann, s’est dite prête à re­non­cer à se pré­sen­ter pour l’em­pê­cher d’em­por­ter la pri­maire. Elle a pré­ve­nu qu’elle vo­te­rait « en tout cas au 2e tour (pour) ce­lui qui se­ra en si­tua­tion de battre Ma­nuel Valls ». ■

VINCENT PEILLON. Le po­si­tion­ne­ment po­li­tique de l‘ex-mi­nistre de l’Edu­ca­tion au sein du PS reste flou. PHO­TO AFP

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