Coup tor­du ?

La Montagne (Vichy) - - France & Monde Actualités - BRU­NO MÈGE bru­no.mege@cen­tre­france.com

Mar­tine Au­bry a beau avoir dé­men­ti être pour quelque chose dans la sou­daine as­pi­ra­tion ély­séenne de l’ex­mi­nistre de l’Édu­ca­tion Vincent Peillon, ce der­nier ne peut être per­çu, dans le contexte ac­tuel, que comme un mis­sile poin­té contre Valls… Par qui ? Ré­ponse plau­sible : par des hol­lan­dais (et des au­brystes ?) qui n’ont – no­tam­ment – pas di­gé­ré la fa­çon dont le dé­sor­mais ex­Pre­mier mi­nistre s’est com­por­té avec le pré­sident dans les jours qui ont pré­cé­dé le re­non­ce­ment de ce der­nier.

Mais qui exac­te­ment té­lé­guide le mis­sile, dont la ca­pa­ci­té de des­truc­tion ne doit d’ailleurs pas être sur­éva­luée ? Ce­la n’a, à vrai dire, qu’une im­por­tance re­la­tive, mais l’épi­sode donne une idée de l’am­biance qui règne dans les hautes sphères du PS. La ba­taille pour le contrôle du par­ti dans l’après­mai 2017 a com­men­cé.

Les spé­cia­listes du so­cia­lisme fran­çais se sou­vien­dront que Vincent Peillon avait ten­té, en 2003 (congrès de Di­jon), une al­liance avec… Mon­te­bourg sous la ban­nière du NPS (Nou­veau Par­ti so­cia­liste), sigle qui a vite re­joint les pou­belles de l’his­toire. Au congrès sui­vant (Le Mans, 2005), Peillon aban­don­nait Mon­te­bourg pour s’as­so­cier avec… Ha­mon. Bref, le nou­veau can­di­dat fut – comme tant d’autres – un expert « dans l’art de créer sa part de mar­ché au sein de l’ap­pa­reil du PS, afin de s’im­po­ser un jour dans l’ap­pa­reil mi­nis­té­riel ». Ce diag­nos­tic de connais­seur est d’un an­cien mi­nistre.

Le pas­sage de Peillon au ministère de l’Édu­ca­tion reste as­so­cié à la ré­forme des rythmes sco­laires, fort cri­ti­quée, au moins dans ses mo­da­li­tés d’ap­pli­ca­tion, par les élus lo­caux. L’ex­mi­nistre ne dis­pose donc pas d’une au­ra par­ti­cu­lière dans l’opi­nion pu­blique. N’au­rait­il été pro­mu mis­sile an­ti­Valls que faute de pou­voir comp­ter sur Ch­ris­tiane Tau­bi­ra ou Ma­ri­sol Tou­raine, peu en­clines à se lan­cer dans la ba­taille ? Valls, en tout cas, a mon­tré par sa ré­ac­tion qu’il n’était pas dupe. Quant au po­si­tion­ne­ment choi­si par le dé­pu­té eu­ro­péen, à égale dis­tance d’un Valls qui se­rait trop à droite et d’un Mon­te­bourg qui se­rait trop à gauche, il semble re­po­ser sur l’illu­sion que la so­lu­tion cen­triste – dite « cen­trale » – se­rait tou­jours la meilleure.

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